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dimanche 16 décembre 2018

Il est inconcevable que l’Eglise se soit trompée pendant deux millénaires

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Il est inconcevable que l'Eglise se soit trompée pendant deux millénaires
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L'abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a accordé au quotidien autrichien Salzburger Nachrichten un entretien exclusif, diffusé le samedi 15 décembre 2018. Il y explique ce que tout catholique doit attendre du Pape : la transmission fidèle du dépôt de la foi, qui est l'adhésion de l'intelligence à la révélation divine et non pas une expérience subjective individuelle. Malheureusement de récents documents romains, telle l'Exhortation Amoris lætitia, favorisent un subjectivisme qui ne reconnaît plus une vérité universellement valable, ce qui cause une grande confusion, et brise l'élan missionnaire de l'Eglise envers les autres religions.

Le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Marcel Lefebvre, a été ex­communié en 1988 parce qu'il avait ordonné quatre évêques sans permis­sion. En 2009, le Pape Benoît XVI a levé ces excommunications. Qu'est-ce que cela signifiait pour vous ?

Pour nous, cela n'a rien changé, car nous n'avons jamais considéré ces ex­communications comme fondées. Cependant, des personnes ont été encouragées à nous rejoindre, qui jusque-là ne l'osaient pas. Cela a également facilité nos relations avec certains évêques et une par­tie du clergé, surtout de jeunes prêtres.

François a aussi fait des concessions. Qu'attendez-vous de plus ?

Nous attendons ce que chaque catholique demande à l'Eglise lors de son baptême : la foi. La révélation divine est close, et c'est le devoir du Pape de transmettre fidèlement ce dépôt de la foi. Le Pape doit donc mettre fin à la terrible crise qui secoue l'Eglise depuis 50 ans. Cette cri­se a été déclenchée par une nouvelle conception de la foi centrée sur l'expé­rience subjective de chacun : on pense que l'individu est seul respon­sable de sa foi et peut librement opter pour n'importe quelle religion, sans distinction entre l'erreur et la vérité. Mais cela contredit la loi divine objective.

La Fraternité Saint-Pie X peut-elle se montrer à son tour con­ciliante vis-à-vis du Pape ?

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est profondément attachée au Succes­seur de Pierre, même lorsqu'elle s'oppose aux erreurs du concile Vatican II. Cependant, nous sommes profondément consternés par une carac­téristique fondamentale du pontificat actuel : l'application complètement nou­velle du concept de miséricorde. Celle-ci est réduite à une panacée pour tous les péchés, sans pousser à une conversion véritable, à la transformation de l'âme par la grâce, la mortification et la prière. Dans son Exhortation apo­stolique postsynodale Amoris lætitia, le Pape donne la possibilité aux chrétiens de décider au cas par cas, selon leur conscience personnelle, des questions de moralité dans le mariage. Cela contredit très nettement l'orienta­tion nécessaire et claire donnée par la loi de Dieu. 

Nous y voyons un écho de la spiritualité de Luther : un christianisme sans exigence de renouveau moral, un subjectivisme qui ne reconnaît plus au­cune vérité universellement valable. Cela a causé une profonde confusion parmi les fidèles et le clergé. Tout homme est à la recherche de la vérité. Mais pour cela, il a besoin de la direction du prêtre, tout comme l'élève a besoin de la direction du maître.

Qu'a produit l'année Luther 2017 à cet égard ?

Depuis le XVIe siècle, l'Eglise catholique s'est adressée aux protestants pour les convertir et les ramener dans la véritable Eglise. L'année Luther n'a pas servi cet objectif premier du retour des protestants. Au contraire, ils ont été confirmés dans leurs erreurs. La raison en est que, depuis le concile Vatican II, l'Eglise pense que tout homme peut trouver Dieu dans sa religion. C'est une prémisse qui réduit la foi à une expérience personnelle et intérieu­re, dès lors qu'elle n'est plus l'adhésion de l'intelligence à la révélation divine.

Il existe aussi dans d'autres religions beaucoup de gens qui vivent morale­ment bien, en leur âme et conscience. Dieu reconnaîtra-t-il leurs mérites ?

L'Eglise est essentiellement missionnaire. Le Christ dit : « Je suis la voie, la vérité et la vie ». Ce n'est que par lui que les hommes seront sauvés. Il a fon­dé une seule Eglise qui est l'Eglise romaine. Cette vérité théologique doit être proclamée, de même que la rectitude de la morale et la splendeur de la messe traditionnelle dans le rite tridentin. 

La recherche sincère de la vérité dans les autres religions ne suffit pas à pro­duire la vérité. On doit donc aider ces âmes à se sauver. Si une âme peut être sauvée en dehors de l'Eglise catholique, c'est malgré l'erreur dans la­quelle elle se trouve, et non pas grâce à elle, et dans tous les cas par Jésus-Christ seul.

Votre prédécesseur Bernard Fellay a qualifié les juifs, les francs-maçons et les modernistes d'ennemis de l'Eglise. Les juifs doivent-ils aussi se convertir à l'Eglise catholique, comme vous le dites pour les protestants ?

Le modernisme est l'une des erreurs les plus dangereuses. Ainsi, jusqu'au concile Vatican II, l'Eglise demandait à tous les prêtres de prêter le serment antimoderniste, que moi aussi j'ai prêté. 

Quant au judaïsme, ce serait un péché impardonnable que d'exclure le peu­ple juif des biens et des trésors de l'Eglise catholique. La mission salvifique de l'Eglise est universelle, et elle ne peut laisser de côté aucun peuple.

Vous rejetez les documents essentiels du concile Vatican II, tels que ceux sur la liberté religieuse et l'œcuménisme. S'agit-il seulement d'une autre interprétation, ou rejetez-vous complètement ces textes du Concile ?

Vatican II s'était déclaré lui-même comme un Concile purement pastoral. Ce­pendant, des décisions dogmatiques majeures comme celles que vous avez mentionnées ont été prises. Cela a conduit à une transformation complète de la foi. 

Le Pape Benoît XVI a estimé que les divergences entre Rome et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X étaient un problème d'interprétation des textes du Concile. Il suffisait de se pencher sur ces textes pour qu'un ac­cord soit possible. Mais ce n'est pas notre position. La Fraternité Saint-Pie X rejette du concile Vatican II tout ce qui n'est pas en accord avec la Tradition catholique. 

Le Pape devrait déclarer le décret sur la liberté religieuse erroné et le corri­ger en conséquence. Nous sommes convaincus qu'un jour un Pape le fera et reviendra à la pure doctrine qui était la référence avant ce Concile. Les questions de la liberté religieuse, de l'œcu­ménisme et de la constitution divine de l'Eglise ont été traitées par les Papes avant Vatican II. Il suffit de reprendre leurs enseignements.

Il est inconcevable que l'Eglise se soit trompée pendant deux millénaires et qu'elle n'ait trouvé la vérité sur ces questions qu'au cours des années du Concile, entre 1962 et 1965.

Est-ce un poids pour votre conscience que, du point de vue romain, vous soyez en état de schisme avec l'Eglise ?

De fait Rome ne nous considère pas comme schismatiques, mais plutôt com­me « irréguliers ». En tout cas, si je n'avais pas la certitude de travailler dans l'Eglise catholique romaine et pour elle, je quitterais la Fraternité immédiatement.


Fondé en 1945, le Salzburger Nachrichten est diffusé à 80.000 exemplaires (chiffres de 2016). Propos recueillis par Josef Bruckmoser. Titre, présentation et traduction de FSSPX.Actualités.

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samedi 15 décembre 2018

Info : La messe de Vatican II

La Messe issue du Concile Vatican II : quelle limite aux "abus" ?

https://www.lesalonbeige.fr/la-messe-issue-du-concile-vatican-ii-quelle-limite-aux-abus/

La Messe issue du Concile Vatican II : quelle limite aux "abus" ?

L'abbé Claude Barthe est l'auteur de nombreux ouvrages de réflexion sur la crise actuelle de l'Église et de chroniques religieuses dans diverses revues. Il s'est spécialement consacré à la défense et à l'illustration du « génie » de la liturgie romaine traditionnelle. Il vient de publier La Messe de Vatican II. Dossier historique. La réforme de la liturgie qui a suivi Vatican Il n'a pas de véritables précédents historiques : réforme d'aggiornamento, de mise à jour, elle ne se comprend que dans le cadre d'une volonté d'adaptation du catholicisme à la modernité. En prétendant restaurer la liturgie en son état supposé d'avant le Moyen Âge, elle a surtout opéré une restructuration conforme à la sensibilité contemporaine.

Commencée officiellement en 1964, elle avait été précédée d'une longue préparation par les clercs et les historiens très engagés du Mouvement liturgique des années 1950, organisés en groupe de pression efficace, et qui firent reprendre leurs thèmes de prédilection par les diverses Commissions de réforme qu'ils dominaient.

La radicalité du processus, l'infléchissement doctrinal qu'il comportait et les débordements tolérés puis approuvés ont provoqué à la fois une réaction réformiste, dont le chef de file a été le cardinal Joseph Ratzinger, et une opposition de non-réception dominée par Mgr Marcel Lefebvre. Par étapes (1984, 1988, 2007), les célébrations « sauvages » du culte traditionnel sont finalement devenues de plein droit, de sorte que le rite nouveau coexiste aujourd'hui avec son état antérieur, autre aspect totalement inédit de cette réforme.

Les éléments apportés par ce dossier historique très complet permettent de dépasser les débats souvent trop passionnés. Ils en font un instrument utile pour tous, en particulier pour la génération de ceux qui n'ont pas connu l'après-Concile, quel que soit le point de vue de chacun.

Retraçant la réforme du rituel, l'auteur montre que les fameux abus liturgiques, qui en ont scandalisé plus d'un, sont inscrits dans les textes, qui refusent de figer les gestes et laissent place à une très grande liberté de choix et même de créativité, avec l'emploi de terme comme "on peut", "habituellement", "par exemple"… Les prêtres, imprégnés par les thèmes du Mouvement liturgique et, compte tenu des libertés que laissaient les nouveaux livres, sont devenus eux-mêmes d'autres réformateurs, d'autant que la célébration en langue populaire, avec une infinité de choix possibles, favorise grandement le jeu personnel des acteurs liturgiques. De Paul VI au dernier vicaire de paroisse, tout le monde réformait à plein régime. D'ailleurs, à la limite, on pourrait dire que, dans la nouvelle liturgie, l'acte de réformer est aussi important que le contenu de la réforme. Ainsi, si le latin est la langue de l'Eglise et la chant grégorien le chant propre de la liturgie, ils ont totalement été abandonnés de façon tout à fait "légale", de même que la communion dans la main, exception devenue norme (comme les ministres extraordinaires de la communion, etc.). Ainsi, même aujourd'hui, avec l'ordination de nombreux prêtres classiques, on retrouve cette idée de réforme individuelle, mais cette fois dans l'autre sens, avec plus de sacralité dans les célébrations. Et les textes, eux, laissent une grande liberté aux célébrants :

La prière universelle comporte dix introductions possibles, qui n'excluent pas l'usage d'autres formules, et de neuf prières de conclusion, mais on peut aussi s'inspirer de la prière universelle du Vendredi Saint ou d'autres prières. […]

Les préfaces sont difficiles à dénombrer : 46 pour le temporal, 10 pour le sanatorial, 13 pour les communs des saints, 16 pour les défunts, messes rituelles (mariages, profession religieuse), messes votives […] Et surtout, la prière eucharistique qu'elles introduisaient était (et avait sans doute toujours été) unique. Or, les prières eucharistiques au choix sont désormais officiellement au nombre de 11 (ou de 14, si on considère les prières pour les circonstances particulières comme quatre prières distinctes, comme le fait le missel de 2002) :

  • quatre principales
  • deux pour la réconciliation
  • trois pour les messes d'enfants
  • une pour les rassemblements
  • et une pour des circonstances particulières, en fonction desquelles peuvent être choisies quatre préfaces :
    • L'Eglise en marche vers l'unite
    • Dieu guide son Eglise sur la voie du salut
    • Jésus chemin vers le Père
    • Jésus modèle de charité

auxquelles correspondent quatre prières d'intercession (l'équivalent du Te igitur du canon romain) placées dans la seconde partie de la prière eucharistique, après la consécration, comme dans les prières eucharistiques II, III, IV.

Mais il en existe encore, car certaines conférences épiscopales, notamment à l'occasion d'évènements particuliers, ont demandé l'approbation de prières eucharistiques spécifiques. Ainsi la Conférence des évêques du Brésil a obtenu l'approbation d'une l'anaphore à l'occasion du Congrès eucharistique national, à Manaus, dite prière eucharistique de Manaus et devenue, pour le Brésil, la Ve prière, qui a l'étrange particularité, au moins parmi les anaphores autorisées, d'être dialoguée.

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Est-ce interdit de montrer une crèche de Noël sur BFMTV ?