Follow by Email

mardi 6 octobre 2015

LETTRE DE SAINT IGNACE DANTIOCHE AUX TRALLIENS Fuir l'orgueil et se détourner de l'hérésie


Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu) à l'Église qui est aimée de Dieu, le Père de Jésus Christ, l'Église sainte qui est à Tralles en Asie mineure, Église élue et digne de Dieu, vivant en paix selon la chair et selon l'esprit grâce à la passion de Jésus Christ qui nous fait espérer de ressusciter en lui ; je la salue, cette Église, en lui souhaitant la plénitude à la manière des Apôtres, et je prie pour qu'elle ait abondance de joie.

Je sais que vous avez des sentiments irréprochables et inébranlables à force de patience, non par simple coutume, mais par nature profonde, comme je l'ai appris de votre évêque Polybios, qui est venu à Smyrne par la volonté de Dieu et de Jésus Christ. Ainsi, il s'est réjoui avec moi, qui suis enchaîné en Jésus Christ, en sorte que je puis contempler en lui toute votre communauté. Ayant donc reçu par lui une preuve de votre bienveillance selon Dieu, j'ai glorifié Dieu puisque j'avais trouvé en vous, je le savais, des imitateurs de Dieu.

Car, lorsque vous êtes soumis à l'évêque comme à Jésus Christ, je vois que vous ne vivez pas selon les hommes, mais selon Jésus Christ qui est mort pour vous afin que, croyant en sa mort, vous échappiez à la mort. Il est donc nécessaire, comme vous le faites, de ne jamais agir sans l'évêque mais d'être soumis aussi au presbytérium comme aux Apôtres de Jésus Christ, notre espérance. C'est en lui que nous serons, si nous vivons ainsi.

Il faut aussi que les diacres, qui sont les serviteurs des mystères de Jésus Christ, soient agréés de tous en toute chose. Car ce n'est pas de nourriture et de boisson qu'ils sont les diacres : ils sont les serviteurs de l'Église de Dieu. Il faut donc qu'ils évitent comme le feu tout motif de reproche.

Pareillement, que tous respectent les diacres comme Jésus Christ, et aussi l'évêque, qui est l'image du Père, et les presbytres comme le sénat de Dieu et l'assemblée des Apôtres: sans eux, on ne peut parler d'Église. Je suis persuadé que vous êtes ainsi disposés envers eux. J'ai reçu et je possède avec moi, en la personne de votre évêque, le modèle de votre charité ; sa conduite elle-même est un grand enseignement, et sa douceur est une force. ~

J'ai de grandes pensées en Dieu, mais je me modère moi-même pour ne pas me perdre par une vantardise. Car maintenant surtout il me faut vivre dans la crainte et ne pas écouter ceux qui chercheraient à me rendre orgueilleux. Car ceux qui me parlent ainsi me mettent au supplice. Certes, je désire souffrir, mais je ne sais pas si j'en suis digne. Car mon impatience de souffrir ne paraît pas à la foule, et elle me fait une guerre d'autant plus violence. Aussi ai-je besoin de la douceur qui désarme le prince de ce monde. ~

Je vous exhorte donc, non pas moi, mais la charité de Jésus Christ : ne prenez que la nourriture chrétienne, et abstenez-vous de toute la mauvaise herbe, c'est-à-dire de l'hérésie. ~

Vous agirez ainsi en n'étant pas orgueilleux et en ne vous laissant pas séparer de Jésus Christ Dieu, de l'évêque, et des préceptes des Apôtres. Celui qui demeure à l'intérieur du sanctuaire est pur, mais celui qui est à l'extérieur du sanctuaire n'est pas pur ; c'est-à-dire que celui qui agit en dehors de l'évêque, du presbytérium et des diacres, celui-là n'a pas la conscience pure.

Ce n'est pas que j'aie appris rien de pareil à votre sujet, mais je vous mets en garde comme mes enfants bien-aimés.