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mercredi 9 mars 2016

LETTRE DE SAINT MAXIME LE CONFESSEUR « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs »



Les prédicateurs de la vérité, ceux qui sont les officiants de la grâce divine, nous ont appris depuis le commencement et chacun à son époque jusqu'à la nôtre, que Dieu veut notre salut. Et ils nous disent que Dieu n'aime, ne désire rien davantage que de voir les hommes se tourner vers lui par une véritable conversion.

Et le Verbe divin de Dieu le Père a voulu montrer qu'un tel désir était beaucoup plus divin que tout autre. Bien plus, il est lui-même le premier et incomparable témoignage de la bonté infinie. Par un abaissement en notre faveur qui défie toute expression, il a daigné partager notre vie par l'Incarnation. Par ses actes. ses souffrances, ses paroles, adaptés à notre condition, il nous a réconciliés avec Dieu le Père, alors que nous étions des ennemis en guerre avec lui ; et alors que nous étions exilés de la vie bienheureuse, il nous y a ramenés.

En effet, il ne s'est pas contenté de guérir nos maladies par ses miracles, en prenant sur lui nos souffrances et nos faiblesses ; non seulement, en acceptant la mort comme s'il y était astreint, lui qui est sans péché, il a payé notre dette et nous a libérés de nos fautes nombreuses et redoutables. En outre, il nous a instruits de mille manières pour que nous ayons une bonté pareille à la sienne et il nous a invités à un parfait amour mutuel.

C'est pourquoi il s'écriait : Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. Et aussi : Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Il a dit aussi qu'il était venu chercher et sauver ce qui était perdu. Et aussi qu'il avait été envoyé aux brebis perdues de la maison d'Israël. Il a encore suggéré par la parabole de la drachme perdue qu'il était venu récupérer l'effigie royale souillée par l'ordure des vices. Et il a dit encore : Vraiment, je vous le dis, on se réjouira dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit.

C'est pourquoi l'homme qui était tombé sur des bandits, qui avait été dépouillé de tous ses vêtements, et qui avait été abandonné à demi-mort, du fait de ses blessures, il l'a réconforté avec du vin, de l'huile, et lui a fait des pansements ; après l'avoir mis sur sa monture, il l'a confié à une auberge et, après avoir pourvu à ses besoins, il lui promit de régler à son retour les dépenses supplémentaires.

C'est pour cela encore qu'il nous montre le Père très bon se penchant vers son fils prodigue de retour, l'embrassant alors qu'il revient vers lui par la conversion, pour lui rendre toutes les parures de la gloire paternelle, sans lui faire aucun reproche pour le passé.

C'est pour cela qu'il a ramené au bercail la brebis qui avait abandonné le troupeau divin, après l'avoir trouvée errante par les montagnes et les collines ; sans la chasser devant lui, sans l'épuiser de fatigue, mais en la mettant sur ses épaules, il la réintroduit miséricordieusement parmi ses pareilles.

C'est pourquoi il a crié : Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, dont le cœur est accablé, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug. Ce qu'il appelle joug, ce sont les commandements, c'est une vie conforme à l'Évangile ; il appelle fardeau ce qui semble pesant dans la pénitence : Oui, dit-il, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger.

En outre, en montrant la justice et la bonté divines, Il prescrit : Soyez saints, soyez parfaits, soyez miséricordieux comme votre Père des cieux. Et aussi : Pardonnez, et vous serez pardonnés. Et enfin : Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.