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samedi 28 mai 2016

HOMÉLIE DE SAINT ZÉNON DE VÉRONE SUR JOB Job et le Christ.



Autant qu'il nous est donné de le comprendre, frères très chers, Job offrait une préfiguration du Christ. Comparons-les pour saisir cette vérité. Job est appelé par Dieu un homme juste. Le Christ est la justice, et tous les bienheureux se désaltèrent à sa source ; car c'est de lui qu'il est dit : Pour vous se lèvera le soleil de justice. Job est appelé un homme vrai. Mais la vraie vérité, c'est le Seigneur, qui dit dans l'Évangile : Moi, je suis le Chemin et la Vérité.

Job fut riche. Et y a-t-il plus riche que le Seigneur, lui dont tous les riches sont les serviteurs, lui qui possède le monde entier et toute la nature, comme dit saint David : Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants. Le diable tenta Job par trois fois. De même, d'après l'Évangile, il a essayé par trois fois de tenter le Seigneur. Job a perdu toutes les richesses qu'il avait. Et le Seigneur a délaissé par amour pour nous tous les biens au ciel ; il s'est fait pauvre pour nous rendre riches. Le diable, dans sa fureur, a fait mourir les fils de Job. Et le peuple pharisien, dans sa folie, a tué les fils du Seigneur, les prophètes. Job fut couvert d'ulcères. Et le Seigneur, en s'incarnant, a été souillé par les péchés de tout le genre humain. 

La femme de Job l'exhorte à pécher. Et la Synagogue pousse le Seigneur à imiter la conduite corrompue des anciens. On nous rapporte que les amis de Job l'insultèrent. Et le Seigneur a été insulté par ses prêtres, par ses adorateurs. Job est assis sur un fumier plein de vermine. Le Seigneur lui aussi gisait sur un véritable fumier, c'est-à-dire sur la boue de ce monde, parmi des hommes qui sont une véritable vermine, tout bouillants de crimes et de convoitises diverses.

Job a retrouvé la santé et la richesse. Le Seigneur, en ressuscitant, a donné à ceux qui croient en lui non pas seulement la santé, mais l'immortalité, et il a retrouvé sa domination sur toute la nature, comme il l'a lui-même affirmé : Tout m'a été confié par mon Père. Job a engendré des fils pour le remplacer. Le Seigneur aussi, après les prophètes, a engendré ses fils, les saints Apôtres. Job, ayant retrouvé le bonheur, s'est endormi dans la paix. Et le Seigneur demeure béni éternellement, avant les siècles, et à partir des siècles, et pour tous les siècles des siècles.