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dimanche 5 juin 2016

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX ROMAINS « Pour moi, vivre, c'est le Christ »


Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), à l'Église, qui a obtenu miséricorde par la magnificence du Père très-haut et de Jésus Christ, son Fils unique ; à l'Église bien-aimée, éclairée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l'amour envers Jésus Christ, notre Dieu ; à l'Église qui préside dans la région de Rome ; l'Église digne de Dieu, digne d'être honorée, digne d'être appelée bienheureuse, digne de réussir selon ses vœux, digne par sa pureté dans la foi ; Église qui préside à la charité, qui possède la loi du Christ, qui porte le nom du Père. Je la salue au nom de Jésus Christ, le Fils du Père. Et aux frères unis par la chair et l'esprit à tous ses commandements, comblés irrévocablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute erreur étrangère, je souhaite en Jésus Christ notre Dieu une joie surabondante et pure.

Par mes prières, j'ai obtenu du Seigneur la faveur de voir vos visages dignes de Dieu, ce que j'avais demandé avec insistance. Enchaîné dans le Christ Jésus, j'espère vous saluer, si du moins c'est la volonté de Dieu, que je mérite d'aller jusqu'au bout. L'affaire est bien engagée pourvu que j'obtienne la grâce d'atteindre mon destin sans rencontrer d'obstacle. Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car il vous est facile de faire ce que vous voulez ; quant à moi, il m'est difficile d'atteindre Dieu, si vous ne me laissez pas faire.

Je ne veux pas que vous cherchiez à plaire aux hommes, mais à Dieu, comme vous le faites déjà. Pour moi, jamais je n'aurai une telle occasion d'atteindre Dieu et vous, si vous gardez le silence, vous ne pourrez contribuer à une œuvre meilleure. Si vous gardez le silence à mon égard, je serai à Dieu ; mais si vous aimez ma vie corporelle, je devrai recommencer à courir mon épreuve. Vous ne pouvez rien me procurer de plus beau que d'être offert à Dieu en sacrifice, tandis que l'autel est encore prêt ; ainsi, vous chanterez avec l'unisson de la charité, en l'honneur du Père, dans le Christ Jésus, parce que Dieu a bien voulu accueillir en lui l'évêque de Syrie que je suis, après l'avoir amené du levant au couchant. Il est bon pour moi d'aller vers mon déclin, en quittant ce monde pour rejoindre Dieu, afin de me lever en lui.