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mardi 5 juillet 2016

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE PSAUME 32 « Un seul baptême; un seul Dieu et Père... »



Mes frères, nous vous exhortons très vivement à la charité : non seulement envers vous-mêmes, mais aussi envers ceux qui sont au dehors ; qu'ils soient encore païens, ne croyant pas encore au Christ, ou bien qu'ils soient séparés de nous, reconnaissant le même chef tout en étant retranchés du corps. Bon gré mal gré, ils sont nos frères. Ils cesseraient d'être nos frères s'ils cessaient de dire : Notre Père.

Le prophète a dit, de certains d'entre eux: À ceux qui vous disent : « Vous n'êtes pas nos frères », répondez : « Vous êtes nos frères ». Cherchez de qui il pouvait dire cela ? Serait-ce des païens ? Non, car nous ne disons pas qu'ils sont nos frères, selon les Écritures et selon le langage de l'Église. Parlait-il des Juifs, qui n'ont pas cru au Christ ? Lisez saint Paul, et vous verrez que le mot « frères », quand l'Apôtre l'emploie tout court, ne peut s'entendre que des chrétiens. ~ Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Et toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Et dans un autre passage : Vous commettez l'injustice et la fraude, et cela contre des frères !

Les donatistes qui disent : « Vous n'êtes pas nos frères » nous traitent donc de païens. C'est pourquoi ils veulent nous rebaptiser, car ils affirment que nous n'avons pas ce qu'ils nous donnent. De là découle leur erreur, de nier que nous soyons leurs frères. Mais pourquoi le Prophète nous a-t-il dit : Vous leur répondrez : « Vous êtes nos frères », sinon parce que nous reconnaissons en eux le baptême que nous ne réitérons pas. Eux donc, en ne reconnaissant pas notre baptême, nient que nous soyons leurs frères ; nous, en ne le réitérant pas sur eux, mais en reconnaissant le nôtre, nous leur disons : « Vous êtes nos frères. »

Ils diront : « Que nous demandez-vous ? Que nous voulez vous ? » Répondons : Vous êtes nos frères. Ils diront « Laissez-nous tranquilles, nous n'avons rien à faire avec vous. » Mais nous, nous avons parfaitement à faire avec vous : nous confessons un seul Christ, nous devons être dans un seul corps, sous un seul chef. ~

Nous vous adjurons donc, mes frères ; par cette tendresse de charité nourrissante comme le lait, fortifiante comme le pain, par le Christ notre Seigneur, par sa douceur, nous vous adjurons ! Il est temps, en effet, que nous leur prodiguions une grande charité, une abondante miséricorde, en implorant Dieu pour eux : qu'il leur donne un jour du sang-froid, pour qu'ils se reprennent et qu'ils voient que leurs attaques contre la vérité sont sans aucun fondement ; il ne leur reste que la maladie de leur animosité, qui est d'autant plus malsaine qu'elle s'imagine avoir plus de forces. Nous vous adjurons, dis-je, pour ces malades, soi-disant sages, mais d'une sagesse naturelle et charnelle ; ils sont pourtant nos frères. Ils célèbrent les mêmes sacrements, et bien qu'ils ne les célèbrent pas avec vous, ce sont bien les mêmes ; ils répondent un même : Amen, et si ce n'est pas avec nous, c'est bien le même. Priez Dieu pour eux, du plus profond de votre charité.