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mardi 28 février 2017

Peut-on être chrétien et franc-maçon ? - Ichtus

Peut-on être chrétien et franc-maçon ? - Ichtus

Peut-on être chrétien et franc-maçon ?

Nov 30, 2012 | Non classé

Reçu, le 22 mars 1994, avec le Père Bernard Marliangeas (O.P.), par le Grand Maître Jean-Louis Mandinaud, au temple Franklin Roosevelt de la Grande Loge de France, pour une conférence de presse commune à propos du lancement du film « Jardin caché », co-produit par la Grande Loge de France, Chrétiens-Médias-Yvelines et le Centre Français de Radio-Télévision [[Le C.F.R.T., producteur de l'émission « Le jour du Seigneur » que dirige le père Marliangeas.]], Mgr Thomas a une fois encore admis la possibilité d'une « double appartenance » de certains catholiques à la franc-maçonnerie. C'est, en substance, la thèse qu'ont également défendue, le 28 mai dernier, au centre culturel des Fontaines à Chantilly, trois Jésuites : le père Gonzague Callies, le père Edmond Vandermersch et surtout le père Jean-Marie Glé, du « Service Incroyance-Foi », à l'occasion d'une journée d'étude à laquelle participaient Michel Barat, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, ainsi que Jeannine Augé de la Grande Loge Féminine de France.

Faut-il en conclure que la position de l'Eglise à l'égard de la franc-maçonnerie est en train de changer ou qu'elle est susceptible d'évoluer ?

En d'autres termes : est-il possible d'être à la fois chrétien et franc-maçon ?

La présente étude a pour objet de rappeler qu'il n'en est rien parce que la philosophie maçonnique est fondamentalement inconciliable avec la doctrine catholique

Un peu d'histoire

La franc-maçonnerie moderne, née de la constitution, par quatre loges londoniennes, le 24 juin 1717, de la Grande Loge de Londres, est-elle, comme elle le prétend, l'héritière des antiques confréries de « bâtisseurs de cathédrales » ?

La franc-maçonnerie a sans doute, historiquement, de lointaines origines chrétiennes. Toutefois :

– la maçonnerie traditionnelle des constructeurs et tailleurs de pierre qui périclitait depuis plusieurs siècles, mais survivait encore en Angleterre, fut amenée au cours du XVIIè siècle à s'ouvrir à des hommes tout à fait étrangers au métier. Or, ceux-ci ne tardèrent pas à devenir majoritaires au sein des loges. Aussi la franc-maçonnerie dite « spéculative » (principalement constituée d'intellectuels) s'est-elle finalement substituée à l'ancienne maçonnerie dite « opérative » (celle des gens de métier).

– Jusqu'en 1717, la maçonnerie britannique demeura néanmoins fidèle à la religion chrétienne, voire même à l'Eglise catholique romaine. En témoignent les statuts des loges et les obligations qu'ils contenaient (« old charges ») : ceux qui sont parvenus jusqu'à nous invoquent Dieu, la Sainte Trinité, la Sainte Eglise ou la Vierge Marie.

En 1720 ou en 1722, la majeure partie des archives des loges opératives d'antan fut volontairement détruite, à Londres, au cours d'un vaste autodafé, comme si l'on avait voulu qu'aucun maçon ne puisse plus, désormais, s'y reporter.

En outre, la nouvelle charte de la franc-maçonnerie moderne que sont les « Constitutions d'Anderson » de 1723 (qui furent rédigées par deux pasteurs protestants, James Anderson et Jean-Théophile Désaguliers) ne comporte plus la moindre référence à Dieu ni à la religion chrétienne. L'article 1er « concernant Dieu et la religion » se contente en effet d'affirmer qu' »un maçon est obligé, par son titre, d'obéir à la loi morale, et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. Bien que dans les temps anciens les maçons aient été tenus dans chaque pays de pratiquer la religion, quelle qu'elle fût, de ce pays, il est maintenant considéré plus à propos de seulement les astreindre à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses propres opinions, c'est-à-dire d'être hommes de bien et loyaux, ou hommes d'honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou confessions qui aident à les distinguer; de la sorte, la maçonnerie devient le centre d'union et le moyen de nouer une amitié sincère entre des hommes qui n'auraient pu que rester perpétuellement étrangers« .

Par rapport aux Anciens Devoirs de la franc-maçonnerie opérative, la rupture saute aux yeux : autrefois chrétienne, la franc-maçonnerie n'est plus, en 1723, que vaguement déiste. Il n'existe plus, désormais, pour Anderson et pour ses frères, écrit un ancien grand maître du Grand Orient de France, « qu'une seule obligation religieuse affirmée, c'est l'astreinte « à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord… être hommes de bien et loyaux, hommes d'honneur et de probité ». Anderson n'évoque ni Dieu, ni péché originel, ni rédemption, ni enfer, ni paradis, mais une large morale humaine (…).

Ainsi, dès 1723, les Francs-Maçons (…) posent les principes d'une nouvelles morale.

De telles idées devaient mener loin et, valables sous toutes les latitudes, elles constituaient vraiment une « religion universelle », au sens étymologique du mot puisqu'elles reliaient les hommes entre eux » [[Jacques Mitterrand, « La politique des francs-maçons », Roblot (1984), pp. 42-43.]].

Héritière de la Grande Loge de Londres de 1717, la Grande Loge Unie d'Angleterre est incontestablement « the mother lodge in the world » : la Grande Loge Mère d'où l'ensemble de la franc-maçonnerie moderne est issu.

La franc-maçonnerie a cependant perdu son unité d'origine depuis qu'au XIXè siècle, plusieurs obédiences se sont affranchies de la tutelle de la Grande Loge d'Angleterre.

« Il est à noter que, par la grâce de Dieu, toutes les branches de l'arbre maçonnique se détestent fraternellement les unes les autres. Leurs divisions font notre salut. Il en est de la franc-maçonnerie comme du protestantisme : il y a unité de nom et de haine, mais division à l'infini entre toutes les sectes de la Secte. La division est le caractère des oeuvres de Satan parce que l'unité ne subsiste que dans la vérité et dans la charité« , écrivait en 1884 Mgr de Ségur dans son étude sur « Les francs-maçons ».

Les trois principaux courants qui, de nos jours, divisent la franc-maçonnerie sont très schématiquement les suivants :

1 – La franc-maçonnerie dite « régulière », c'est-à-dire celle que reconnaît comme telle la Grande Loge Unie d'Angleterre qui, après avoir plusieurs fois remanié le texte des Constitutions d'Anderson en 1738, en 1784, en 1813 puis en 1929, impose par ses « landmarks » (principes fondamentaux) la croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers. En France, la seule obédience « régulière » aux yeux de la Grande Loge Unie d'Angleterre est la Grande Loge Nationale Française (GLNF).

2 – La franc-maçonnerie « athée », ou plus précisément agnostique dont l'archétype est le Grand Orient de France. Cette obédience n'est plus reconnue comme « régulière » par la Grande Loge d'Angleterre depuis l'abandon, au nom de la liberté de conscience, de toute référence au Grand Architecte de l'Univers dans ses statuts en 1877. En fait, le Grand Orient de France (et la famille de pensée qu'il représente) est plus fidèle au texte initial des Constitutions d'Anderson de 1723, que la Grande Loge d'Angleterre qui en a modifié l'esprit. Il ne fait que « tirer les ultimes conséquences des principes maçonniques alors qu'elles restent plus ou moins latentes dans la maçonnerie anglo-saxonne et spécialement dans la branche anglaise » [[L. de Poncins, in « La Franc-maçonnerie d'après ses documents secrets », Diffusion de la Pensée Française (DPF), 1972.]].

3 – Enfin, la franc-maçonnerie de rite écossais dont certaines obédiences, comme la Grande Loge de France, bien qu'elles travaillent à la gloire du « Grand Architecte de l'Univers », ne sont pas reconnues par la Grande Loge Unie d'Angleterre parce que pour elles, le Grand Architecte de l'Univers n'est qu'un symbole :
« La franc-maçonnerie se garde bien de définir le Grand Architecte de l'Univers et laisse à chacun de ses adeptes pleine latitude pour s'en faire une idée conforme à sa foi et à sa philosophie
 » [[Oswald Wirth, in « L'idéal initiatique », cité par A. de Lassus in « Connaissance élémentaire de la franc-maçonnerie », AFS .]].

En tout état de cause, « aucune interprétation particulière ne saurait être imposée à tout franc-maçon, aussi bien en ce qui concerne le Grand Architecte de l'Univers et le Volume de la loi Sacrée, ni aucune lecture privilégiée » [[« Jardin caché », livret du Conseil Fédéral de la Grande Loge de France (mars 1994).]].

La franc-maçonnerie « régulière »

Existe-t-il une différence essentielle entre la franc-maçonnerie « régulière » et les obédiences « irrégulières » ? Un catholique peut-il appartenir à la franc-maçonnerie régulière au motif qu'elle reconnaît l'existence de Dieu et qu'elle ne serait pas hostile à l'Eglise ? C'est en tout cas ce qu'ont soutenu l'écrivain catholique (et franc-maçon) Alec Mellor ou le R.P. Riquet.

Or, il y aurait beaucoup à dire sur la prétendue neutralité ou la soi-disant bienveillance de la franc-maçonnerie régulière à l'égard de l'Eglise catholique.

Contrairement aux idées les plus communément répandues, l'anti-cléricalisme actif et militant n'est pas le propre des obédiences « irrégulières ». Autrement dit, la régularité maçonnique « n'est pas synonyme de respect inconditionnel du catholicisme ou d'absence d'anti-cléricalisme, note Luc Nefontaine. On connaît par exemple le rôle joué par le Grand Orient d'Italie dans la laïcisation de l'Etat et dans la revendication de l'abolition des Accords du Latran. La maçonnerie américaine elle-même, si tolérante et si ouverte sur le monde, n'a pas été exempte de manifestations anti-catholiques ou anti-papistes » [[Luc Nefontaine, « Eglise et franc-maçonnerie », éditions du Chalet (1990), p. 64.]].

Selon d'éminents historiens de la franc-maçonnerie comme le frère Albert Lantoine, l'évolution de la franc-maçonnerie et ses rapports conflictuels avec l'Eglise catholique s'expliquent par les origines protestantes de la Grande Loge de Londres :

« Le mobile des fondateurs de la Franc-maçonnerie, écrit-il, ne fut pas de grouper des penseurs libres mais des croyants de diverses religions. Nous leur prêtons encore, en disant cela, une intelligence beaucoup trop généreuse. Il est beaucoup plus exact de dire qu'on entendait créer un trait d'union entre les deux branches de la religion protestante (avec, en Angleterre, l'hypocrite arrière-pensée d'évincer doucement les catholiques). La preuve en est dans le tripatouillage des anciens textes, des old charges aux formules trop catholiques auquel se livra le pasteur Anderson… Donc, dès la genèse de l'institution, nous voyons que la lettre n'enferme pas du tout l'esprit, qu'elle est une fallacieuse enseigne pour faire entrer dans cette succursale de la boutique huguenote les hommes réfléchis… » [[Albert Lantoine in « La franc-maçonnerie chez elle », cité par J. Marquès-Rivière dans « La trahison spirituelle de la franc-maçonnerie », Jean-Renard, 1941, p. 41.]].

Sans doute est-ce la raison pour laquelle, de nos jours encore, « la Grande Loge Unie de Grande Bretagne (…) ainsi que les nombreuses obédiences de l'Amérique du Nord, ne comportent absolument pas de catholiques (…). Ajoutons qu'il en est certainement de même dans tous les pays plus ou moins régis par les normes maçonniques anglo-saxonnes : l'Australie, la Nouvelle-Zélande, auxquelles on pourrait ajouter l'Afrique du Sud (…). Les franc-maçonneries scandinaves sont strictement régulières, mais d'inspiration nettement luthérienne. Par conséquent, quand on examine cette carte du monde, on est bien obligé de constater que sur le plan chrétien, ce sont les différentes « dénominations » protestantes qui sont susceptibles d'inspirer spirituellement les Grandes Loges maçonniques« , constate pour sa part Yves Marsaudon, Grand Commandeur Honoraire du Suprême Conseil de France [[Yves Marsaudon, « Souvenirs et réflexions », Editions Vitiano, p. 361.]].

En Angleterre, des liens particulièrement étroits ont toujours existé entre l'Eglise anglicane et la Grande Loge d'Angleterre, qui compte d'ailleurs dans ses rangs de nombreux ecclésiastiques, l'une et l'autre ayant un seul et même chef « protocolaire » en la personne du souverain lui-même [[Les femmes sont traditionnellement écartées de la franc-maçonnerie régulière; c'est le Duc de Kent qui exerce actuellement les fonctions de Grand Maître de la Grande Loge Unie d'Angleterre par procuration de la Reine Elisabeth.]].

Faut-il en conclure que la Grande Loge Unie d'Angleterre, à défaut d'être favorable au catholicisme, est au moins d'inspiration chrétienne ?

C'est précisément ce que contestent tant le livre du Révérend méthodiste C. Penney Hunt : « The menace of Freemasonry to the christian faith » (1930), que l'étude intitulée « Darkness visible » que le Révérend Walton Hannah publia en 1952 (« Je suis fermement convaincu que pour un chrétien, s'engager dans une organisation religieuse, ou quasi religieuse, dont les prières et la croyance en Dieu excluent délibérément le nom de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est une apostasie », écrivait-il en guise d'introduction), et surtout le livre remarquablement documenté que Stephen Knight fit paraître en 1983 : « The brotherhood ».

Ce dernier ouvrage eut un tel retentissement en Angleterre qu'en juin 1986, une commission de l'Eglise anglicane élabora un premier rapport intitulé : « Freemasonry and Christianity are they incompatible ? » à la suite duquel le Synode général de l'Eglise anglicane dût lui-même reconnaître, par 394 voix contre 52, d'une part que certains rites maçonniques sont « hérétiques » et « blasphématoires », et d'autre part que l'appartenance à la franc-maçonnerie régulière est incompatible avec la foi chrétienne (déclaration du 13 juillet 1987).

En France, la Grande Loge Nationale Française n'en continue pas moins à séduire de nombreux catholiques, faussement convaincus que la franc-maçonnerie régulière n'a rien d'incompatible avec la foi chrétienne.

Or, l'Eglise catholique condamne depuis plus de 250 ans (1738) la franc-maçonnerie dans son ensemble et non point seulement lorsqu'elle est « athée » (les papes n'ont d'ailleurs pas attendu l'abandon du Grand Architecte de l'Univers dans les statuts du Grand Orient de France en 1877 pour se prononcer), parce que ses principes sont, dans tous les cas, inconciliables avec la doctrine catholique.

Pourquoi l'Eglise condamne-t-elle la franc-maçonnerie ?

Selon certains historiens et quelques théologiens, seules d'inavouables raisons politiques et purement contingentes (la lutte en Angleterre entre la dynastie des Stuart et celle des Hanovre protestants pour lesquels la franc-maçonnerie anglaise prit parti) seraient à l'origine de l'excommunication des francs-maçons par Clément XII en 1738, et depuis lors, la condamnation de la franc-maçonnerie par l'Eglise serait dépourvue de tout fondement doctrinal sérieux.

Telle est très brièvement résumée la thèse qu'Alec Mellor développait au début des années 60 [[Alec Mellor, « Nos frères séparés, les francs-maçons », Mame, 1961.]] et que le père Ferrer-Benimeli (s.j.), professeur à l'Université de Saragosse, reprend aujourd'hui à son compte [[J.A. Ferrer-Benimeli : « Les archives secrètes du Vatican et de la Franc-Maçonnerie » Dervy-Livres, 1989.]].

C'est faire bien peu de cas des condamnations répétées de l'Eglise à l'encontre de la franc-maçonnerie (ou de la « secte impie »), non seulement par la bulle « In Eminenti » du 28 avril 1738, par laquelle Clément XII interdit aux catholiques, sous peine d'excommunication, « d'entrer dans lesdites sociétés de francs-maçons », ou la bulle « Providas » du 16 mars 1751 par laquelle Benoit XIV confirme la sentence dictée par son prédécesseur, mais aussi par les mises en garde de :
– Clément XIII en 1758 (« A quo die »), 1759 (« Ut Primum ») et 1766 (« Christianae republicae salus »).
– Pie VI en 1775 (« Inscrutabile »).
– Pie VII en 1820 (« Ecclesiam a Jesu Christo »).
– Léon XII en 1825 (Constitution apostolique « Quo graviora »).
– Pie VIII en 1829 (« Traditi Humilitati »).
– Grégoire XVI en 1832 (« Mirari Vos »).
– Pie IX en 1846 (« Qui pluribus »), en 1849 (« Quibus quantique ») et en 1865 (« Multiplices Inter »).
– et surtout Léon XIII en 1884 (« Humanum Genus »), en 1892 (Lettre à l'épiscopat d'Italie et Lettre au peuple italien, toutes deux datées du 8 décembre).
Selon l'ancien Code de Droit canonique de 1917, les catholiques affiliés à la franc-maçonnerie ou d'autres associations du même genre intrigant contre l'Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encouraient « ipso facto » l'excommunication réservée au siège apostolique (canon 2335).

Le nouveau code promulgué le 27 novembre 1983 ne mentionne plus expressément la franc-maçonnerie et se contente d'énoncer que quiconque adhère à une association qui agit contre l'Eglise doit être puni d'une juste peine et que quiconque soutient ou dirige une telle association doit être frappé d'interdit (canon 1374). Aussi les catholiques qui adhèrent à la franc-maçonnerie ne sont-ils plus automatiquement excommuniés comme autrefois.

En revanche, et pour couper court à toute interprétation fallacieuse selon laquelle la « double appartenance » à l'Eglise et à la franc-maçonnerie serait désormais tolérée, la Sainte Congrégation pour la Doctrine de la foi publia le 26 novembre 1983 une « déclaration sur la franc-maçonnerie », signée du Cardinal Ratzinger, précisant clairement que le jugement négatif de l'Eglise sur la franc-maçonnerie demeure inchangé, parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l'Eglise; c'est pourquoi il reste interdit par l'Eglise de s'y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s'approcher de la Sainte Communion [[Cf le texte complet de cette déclaration et le commentaire de l' »Osservatore romano » du 23 février 1985 en pages 14 et 15 de ce numéro.]].

Il ressort donc, non seulement de la déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 26 novembre 1983, mais des principaux documents pontificaux relatifs à la franc-maçonnerie que nous avons mentionnés, en particulier l'encyclique « Humanum Genus » de Léon XIII (20 avril 1884) entièrement consacrée à « la secte des francs-maçons », que la franc-maçonnerie est condamnée dans son ensemble (sans distinction de rites ou d'obédiences), parce que ses principes fondamentaux sont absolument incompatibles avec la doctrine de l'Eglise, qu'elle soit « déiste » ou « athée », « régulière » ou « irrégulière ».
Concrètement, les motifs essentiels pour lesquels l'Eglise condamne la franc-maçonnerie sont au nombre de trois :

1-Le naturalisme et le laïcisme

Le naturalisme ne consiste pas tant à nier l'existence de Dieu, qu'à refuser d'en tirer les conséquences dans l'ordre humain. Aussi la société doit-elle être organisée comme si Dieu n'existait pas.

« Il s'agit pour les francs-maçons, proclame Léon XIII dans « Humanum Genus », et tous leurs efforts tendent à ce but, il s'agit de détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est née des institutions chrétiennes, et de lui en substituer une nouvelle façonnée à leurs idées, et dont les principes fondamentaux sont empruntés au naturalisme (…).

Or, le premier principe des naturalistes, c'est qu'en toutes choses la nature ou la raison humaine doit être maîtresse et souveraine. Cela posé, s'il s'agit des devoirs envers Dieu, ou bien ils en font peu de cas, ou ils en altèrent l'essence par des opinions vagues et des sentiments erronés. Ils nient que Dieu soit l'auteur d'aucune révélation. Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n'y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d'enseignement, on doive avoir foi. Or, comme la mission tout à fait propre et spéciale de l'Eglise catholique consiste à recevoir dans leur plénitude et à garder dans une pureté incorruptible les doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l'autorité établie pour les enseigner avec les autres secours donnés du ciel en vue de sauver les hommes, c'est contre elle que les adversaires déploient le plus d'acharnement et dirigent leurs plus violentes attaques (…).

Ainsi, dût-il lui en coûter un long et opiniâtre labeur, elle se propose de réduire à rien, au sein de la société civile, le magistère et l'autorité de l'Eglise; d'où cette conséquence que les francs-maçons s'appliquent à vulgariser, et pour laquelle ils ne cessent pas de combattre, à savoir qu'il faut absolument séparer l'Eglise et l'Etat. Par suite, ils excluent des lois aussi bien que de l'administration de la chose publique la très salutaire influence de la religion catholique, et ils aboutissent logiquement à la prétention de constituer l'Etat tout entier en dehors des institutions et des préceptes de l'Eglise« .

En France, cette « prétention de constituer l'Etat tout entier en dehors des institutions et des préceptes de l'Eglise » déboucha, sous la IIIè République, sur tout un arsenal de lois et de règlements tels que :
– l'expulsion forcée de 265 congrégations religieuses non autorisées en 1880 (Jésuites, Dominicains, Bénédictins, Franciscains, Carmes…),
– l'interdiction de tout enseignement religieux dans les écoles publiques par la loi du 28 mars 1882,
– la suppression des aumôneries militaires en 1883,
– la suppression en août 1884 des prières publiques prévues au Parlement dans la Constitution de 1875,
– la fermeture de la quasi totalité des écoles catholiques du pays (16.000 établissements congréganistes) et l'adoption d'une loi interdisant à toute congrégation d'enseigner en 1904,
– la rupture en 1904 également des relations diplomatiques entre la France et le Vatican,
– enfin, le vote de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en décembre 1905, loi selon laquelle la République ne reconnaît plus aucun culte…
Mise en oeuvre par des francs-maçons notoires comme Jules Ferry (ministre de l'Instruction publique de 1879 à 1883) ou Emile Combes (président du Conseil entre 1902 et 1905), et destinée à priver l'Eglise et la foi catholique de toute assise et de toute influence sociales, cette politique (en particulier les lois scolaires relatives à la laïcisation de l'enseignement) sont largement à l'origine de la déchristianisation actuelle du pays.

2-Le relatisvisme doctrinal

Un « relativisme érigé en dogme » : c'est ainsi qu'Henri Tincq, chroniqueur religieux du « Monde », résume en quelques mots le tour d'esprit maçonnique [[« Le Monde » du 16 novembre 1985.15 – « Jardin caché…. », livret du Conseil fédéral de la GLF.]].

La franc-maçonnerie proclame la relativité de toute vérité. Elle se donne pour objet « la recherche de la Vérité dans la Liberté » [[Note n°15 non trouvée en bas de page]]… à condition que nul n'ait jamais la prétention de l'atteindre ou de la connaître avec certitude : « N'est libre que celui qui cherche et qui réfléchit… L'homme qui croit n'est plus libre », s'exclamait le frère Jammy Schmidt, orateur du Convent du Grand Orient de France en 1925 [[Convent du GODF de 1925, compte-rendu (p. 431), cité par J. Marquès-Rivière, opus cit., p. 190.]].

« La méthode maçonnique, soutenait Richard Dupuy, grand maître de la Grande Loge de France, le 20 juillet 1968, à l'occasion du Convent de son obédience, c'est la remise en cause perpétuelle de ce qui est acquis (…), c'est la certitude que nous avons, au plus profond de nous-mêmes, de par notre initiation traditionnelle, que nous sommes incapables d'énoncer, une fois pour toutes, une vérité éternelle, une vérité absolue, mais que nous sommes capables de découvrir la vérité à condition que nous ayons la volonté de la rechercher perpétuellement et de remettre en question les certitudes dans lesquelles nous étions assis la veille » [[Cité par Jean Ousset dans « Marxisme et Révolution », C.L.C., p. 182.]].

« Nous nous garderons d'oublier que la franc-maçonnerie est dès l'origine l'ennemie de tout absolu, qu'elle proclame que la vérité n'est jamais acquise (…). Tout est relatif, toute fin est transitoire, tout pouvoir est contestable », rappelait quant à lui l'ancien grand maître du Grand Orient de France, Michel Baroin, sur les ondes de « Radio-France », le 4 février 1979.

« La vérité n'est ni splendide ni affreuse, elle est inqualifiable », précise pour sa part Gilbert Abergel en tant que grand maître du Grand Orient de France, à propos de la récente encyclique « Veritatis Splendor » de Jean-Paul II. « Elle est inqualifiable. Elle est cet objet quêté : dès lors qu'elle est prétendue atteinte, elle confine au dogme » [[« Humanisme » n° 213, décembre 1993.]].

« Nul ne doit affirmer : « la vérité vous rendra libres »; c'est au contraire la liberté qui peut conduire à la vérité », soutient l'ancien grand maître de la Grande Loge de Farnce, Henri Tort-Nouguès, [[Au cours de la discussion qui suivit la projection du film « Jardin caché », rue de Puteaux, au siège de la Grande Loge de France, en présence de Mgr Thomas, le 22 mars 1994.]].
La franc-maçonnerie ne conteste pas forcément l'existence de la vérité, mais elle nie la possibilité d'une connaissance objective de la vérité.

La liberté de pensée n'est d'ailleurs à ses yeux qu' »une absence complète de lien à l'égard d'une vérité immuable, d'un ordre transcendant; ce qui conduit au refus de se soumettre à l'ordre naturel et à l'ordre surnaturel » [[Arnaud de Lassus, « Connaissance élémentaire de la Franc-Maçonnerie », AFS, p. 73.]], conception purement subjective et dérivée de la doctrine protestante du « libre examen » qui fait de la conscience individuelle le juge suprême du bien et du mal, du vrai et du faux.

Enfin, la tolérance dont elle se réclame n'est, en fait, qu'un autre aspect du relativisme qui la caractérise. « La tolérance, explique Alain Gérard dans la revue des francs-maçons du Grand Orient de France, ce n'est pas camper sur ses propres positions en attendant que l'autre cède : c'est au contraire accepter à chaque instant de tout remettre en jeu » [[« Humanisme » n° 181-182, septembre 1988.]].

Cette attitude est, une fois de plus, en totale opposition avec la conception chrétienne de la tolérance qui ne consiste pas à confondre ou à nier le bien et le mal, à pactiser avec l'erreur ou transiger avec elle, mais à faire preuve de patience et de miséricorde envers tout homme.

« La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n'est pas dans la tolérance de convictions erronées, quelques sincères qu'elles soient, ni dans l'indifférence théorique ou pratique pour l'erreur où nous voyons plongés nos frères… Si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n'a pas respecté leurs convictions erronées… : il les a tous aimés pour les instruire, les convertir, les sauver », proclamait Saint Pie X dans « Notre charge apostolique« .

Ce relativisme doctrinal n'est pas sans graves implications sur le plan religieux comme sur le plan moral :

– Sur le plan religieux : ce relativisme a nécessairement pour conséquence le refus de tout dogme et de toute révélation.

Au futur apprenti qui sollicite son initiation au grade d'apprenti, c'est-à-dire son admission dans la franc-maçonnerie, il n'est rien demandé d'autre que d'admettre qu'aucune « vérité » n'est indiscutable et qu'aucune croyance n'est à l'abri du doute, ce qui pour un catholique est naturellement incompatible avec sa profession de foi.

Car, n'en déplaise au Grand Orient de France, la foi n'est pas « une expérience, une façon de vivre, une façon d'être : un sentiment éprouvé bien davantage qu'une connaissance ou qu'une adhésion » qui « n'hésite pas à se remettre en question » [[Alain Gérard, « Franc-maçonnerie et catholicisme » in « Humanisme » n° 181-182, septembre 1988.]]. Elle est au contraire, rappelle le « Catéchisme de l'Eglise Catholique« , « l'assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélée » parce qu' »il est juste et bon de se confier totalement en Dieu et de croire absolument ce qu'Il dit » [[Cf. « Catéchisme de l'Eglise Catholique », n° 150.]], et « le Magistère de l'Eglise engage pleinement l'autorité reçue du Christ quand il définit des dogmes, c'est-à-dire quand il propose, sous une forme obligeant le peuple chrétien à une adhésion irrévocable de foi, des vérités contenues dans la Révélation divine ou des vérités ayant avec celles-là un lien nécessaire » [[« Catéchisme de l'Eglise Catholique », n° 88.]].

D'ailleurs, la franc-maçonnerie n'admet la présence de catholiques dans ses rangs qu'« à condition qu'ils acceptent les principes maçonniques de tolérance, d'esprit d'ouverture et de laïcité » [[André Combes, « Eglise de France et franc-maçonnerie », in « Humanisme » n° 208-209, mars 1993.]]. « Il faut absolument, écrivait en 1776, le frère Jacques Mauvillon, qu'en adorant l'architecte suprême avec sincérité, et à leur manière, ils ne condamnent absolument point, et en aucune façon, ceux qui l'adorent de telle autre manière que ce soit » [[Cité dans « Humanisme » n° 193, octobre 1990, p. 30.]].

– Sur le plan moral : relativiste par essence, la franc-maçonnerie ne saurait admettre qu'une morale objective, universelle et considérée comme intangible puisse s'imposer à l'ensemble de la société. Aussi combat-elle ce qu'elle appelle la « morale traditionnelle » avec la prétention chimérique d'élaborer dans ses loges une éthique indépendante de l'Eglise et libérée de tous les « préjugés » du passé : « Il n'y a pas de morale universelle à soubassement divin; la morale étant essentiellement contingente, elle évolue, elle n'est pas transcendentale. Ce qui est vrai aujourd'hui, se révèlera faux demain« , soutient Henri Caillavet [[Cité dans « Permanences » n° 271, avril 1990, pp. 42-43.]], l'ancien président de la Fraternelle parlementaire [[Une « Fraternelle » réunit des francs-maçons de toutes obédiences par affinités professionnelles, géographiques, politiques, etc… La « Fraternelle des parlementaires », qui regroupe les députés et sénateurs francs-maçons de « droite » comme de « gauche », toutes obédiences confondues (GODF, GLF, GLNF, etc), joua dans les années 60 et 70 un rôle tout à fait déterminant dans l'adoption des lois sur la contraception et surtout, l'avortement. « C'est un fait, écrit « Le Point » du 11 septembre 1978, que les travaux maçonniques sont souvent à l'avant-garde du mouvement des idées. Le Planning Familial, la contraception, l'avortement, c'est eux ».]].

« C'est en protestant contre la loi et la morale chrétienne que nous distinguerons et arriverons à créer une place nécessaire à une morale nouvelle dont nous appelons une codification à grands cris. Je n'ai jamais été autant scandalisé que le jour où j'ai entendu dire, à la tribune de la Chambre, par un ministre des Affaires étrangères, que la plus haute autorité morale du monde était à Rome« , clamait en 1929, le Frère Zaborowski lors du Convent annuel de son obédience [[Compte-rendu du Convent de 1929, p. 260.]].

« A une morale immuable figée en termes absolus et rigides, la conscience de nos contemporains refuse d'adhérer, au grand scandale des moralistes professionnels qui prêchant la rigueur pour les autres et pratiquant la licence pour eux-mêmes, ne secrètent que l'hypocrisie pour tous. Notre siècle appelle la naissance d'une morale rationnelle et scientifique qui lui permettra d'assurer, à cause ou en dépit de l'amélioration de nos conditions matérielles de vie, le plein développement de nos potentialités psychologiques et spirituelles. C'est dans nos loges que s'élabore la morale universelle de demain« , assurait dans les années 70, Richard Dupuy, ancien grand maître de la Grande Loge de France [[Richard Dupuy, « La foi d'un franc-maçon », Plon, 1975, p. 114.]].

Quant au docteur Pierre Simon, co-fondateur et vice-président du Mouvement français pour le Planning Familial, ancien président de la « Fraternelle du Planning Familial » (cf. fac-simile p. 18), collaborateur direct de Robert Boulin puis de Simone Veil au Ministère de la Santé, et plusieurs fois grand maître de la Grande Loge de France, il fut à l'avant-garde du combat pour la légalisation de l'avortement et mérite donc d'être pris au sérieux quand il écrit :

« La polémique autour de la Loi Veil, c'est le choc de deux mondes (…). Les solutions que nous fournit la morale traditionnelle ne peuvent plus nous contenter. Elles reposent sur une sacralisation du principe de vie dont l'essence est superstitieuse et la démarche fétichiste (…). La contraception libératoire a fait tomber le mur des fatalités traditionnelles. Sa disparition ouvre le champ libre où il va falloir installer la nouvelle morale (…). Nous découvrons ainsi que la nature, la vie, sont plus que jamais une production humaine (…). La vie perd le caractère d'absolu qu'elle avait dans la Genèse. Le bonheur sera sans Marx et sans Jésus; le mariage deviendra une communauté sociale. Son problème : ne pas empiéter sur la vie sexuelle. Au géniteur succédera l'amant (…). La sexualité sera dissociée de la procréation, et la procréation de la paternité. C'est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici » [[Pierre Simon, « De la vie avant toutes choses », Ed. Mazarine 1979. Voir la brochure AFS : « Les étapes maçonniques d'une politique de la mort ».]].

Comment l'Eglise catholique, « gardienne de la foi et des moeurs » dont dépend le salut des âmes, pourrait-elle trouver le moindre terrain d'entente avec une institution dont l'effort principal tend, sur le plan social et politique, à déchristianiser la société, sa culture et ses lois, et subvertir la morale et les moeurs ?

3-Le secret maçonnique

Le fameux « secret maçonnique » excite amplement l'imagination et fait couler beaucoup d'encre.

Il consiste d'abord en ceci qu'un maçon est censé ne jamais dévoiler à de simples « profanes » l'identité de ses frères. Tout au plus pourra-t-il, s'il le juge utile et nécessaire, révéler sa propre appartenance à la franc-maçonnerie.

Il ne devra pas davantage divulguer à qui que ce soit (y compris en confession…), le contenu des travaux auxquels il a pris part au sein de son atelier, ni divulguer aux frères de grades inférieurs les signes, mots de passe ou symboles propres à chaque grade.

Par-dessus tout, il existe, dit-on, un secret d'une autre nature et parfaitement incommunicable, qui n'est autre que la révélation intérieure illuminant chacun des initiés au fur et à mesure qu'il progresse dans la voie de la Connaissance…

En vérité, le secret qui se justifiait sans doute, pour la franc-maçonnerie dite « opérative », par la nécessité de protéger l'art ou les secrets de fabrication propres à chaque corporation, perd toute légitimité dans le cas de la franc-maçonnerie dite « spéculative » qui ne travaille plus sur des matériaux mais sur des idées, « en vue de la reconstruction toujours inachevée du temple de Salomon » (c'est-à-dire du temple de l'Humanité).

Dès 1738 (date de la première condamnation de la franc-maçonnerie par la bulle « In Eminenti » du Pape Clément XII), le secret fut l'un des principaux griefs invoqués par l'Eglise à l'encontre des francs-maçons. Notre Seigneur Jésus-Christ n'a-t-il pas proclamé : « Quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées; mais celui qui agit dans la vérité vient à la lumière, pour qu'il apparaisse au grand jour que ses oeuvres sont faites en Dieu » (Jn, III, 20-21) ?

Or, ainsi que l'écrivait un ancien grand maître de la Grande Loge France, « la franc-maçonnerie est et ne peut être qu'une société secrète » [[Richard Dupuy, opus cit, p. 109.]].

Certes, elle s'efforce, de nos jours, d'apparaître sous un jour tranquille et débonnaire :

« Les obédiences ont pignon sur rue ! Elles s'expriment à la radio, à la télévision ou dans la presse, les grands maîtres sont connus, les temples ont des adresses… » [[Patrice Burnat et Christian de Villeneuve, « Les francs-maçons des années Mitterrand », Grasset, 1994, p. 20.]]. Elle donne également l'apparence d'une institution irréprochablement démocratique : chaque loge élit un Vénérable (son président) et quatre officiers (premier et second surveillant, orateur et secrétaire) pour la diriger; le « Grand Maître » (ou président) de l'obédience et son « conseil exécutif » (le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France, le Conseil Fédéral de la Grande Loge de France, etc.) sont eux-mêmes élus par une assemblée générale (ou « convent ») comprenant un « délégué » (représentant élu) par atelier…

Or, qu'on le veuille ou non, la franc-maçonnerie est en fait « une superposition de sociétés secrètes dont la base ignore ce qui se passe et ce que l'on décide au sommet. Les apprentis (1er grade), les compagnons (2ème grade) et les maîtres (3ème grade) ne sont pas admis dans les ateliers supérieurs, dans les loges des hauts grades que l'on appelle chapitres ou aéropages, mais seulement dans les ateliers inférieurs dits « loges bleues ». Par contre, les affiliés des hauts grades, formant les chapitres (18ème grade) et les aéropages (30ème grade), ces chevaliers Rose-Croix et ces chevaliers Kadosch, participent obligatoirement aux travaux des loges bleues, et se mêlent ainsi à leurs frères des premiers grades, dont ils inspirent, guident ou surveillent les activités » [[« Lectures françaises » n° 288, avril 1981.]].

En d'autres termes, « la société secrète inférieure – inférieure par son rang et sa qualité – est conduite, à son insu, par une autre société secrète supérieure, qui est elle-même dirigée de la même manière (…). Tandis que « la doctrine de l'Eglise est claire sous tous ses aspects » (Pie XII), qu'elle peut être connue de n'importe qui, la maçonnerie dérobe aux regards la source de son génie, ses chefs, ses plans. Elle n'éclaire ses membres que graduellement à mesure qu'elle les gagne et compromet; rien ne se fait que dans le secret » [[Daniel Jacob, « Derrière les francs-maçonneries de papa », « Permanences » n° 32, août-septembre 1966.]].

Ainsi donc « les maçons d'un grade supérieur observent leurs frères d'un grade inférieur et n'admettent parmi eux que ceux qu'ils choisissent » [[Arnaud de Lassus, opus cit. p. 58.]].

« Une fois que le dignus intrare a été prononcé, la loge devient pour l'apprenti ou le compagnon un cours du soir. Il y entend des leçons et des conférences sur des sujets de religion, de morale, de philosophie, de sociologie, de politique, on lui remet des jeux de fiches contenant une documentation abondante, et d'ailleurs bien faite, apparemment objective, mais habilement tendancieuse et sectaire, sur toutes les questions proposées à son étude, on lui fournit des thèmes à développer. En récompense de son zèle, il est admis à un degré supérieur, chargé de fonctions honorifiques et peut espérer gravir un à un tous les échelons qui le séparent de la révélation suprême du grand secret.

La majorité des maçons demeurent toutefois confinés aux degrés inférieurs. il est indispensable qu'il en soit ainsi. La force de la franc-maçonnerie est faite de l'existence de ce prolétariat à la docilité aveugle et ignorante des véritables desseins de ses chefs » [[Robert de Beauplan, in « L'illustration » du 12 octobre 1940.]].

« Les grades, écrit Benjamin Fabre, ne sont rien en eux-mêmes. Ils sont plus ou moins pompeux, selon les temps, les lieux, les circonstances. Ils sont conférés à des intervalles plus ou moins éloignés, pour permettre aux supérieurs d'opérer une intelligente sélection; de faire de leurs disciples des hommes nouveaux; de les débarasser des préjugés philosophiques, religieux, politiques; de les rendre dociles à toutes les impulsions venues d'en haut; de les conduire, comme par la main, jusqu'au sanctuaire où le vrai but, enfin, se révèle, sans que l'initié s'en étonne, ou que sa conscience, depuis longtemps cautérisée, en soit alarmée » [[Cité par Daniel Jacob in « Permanences » n° 32, août-septembre 1966, p. 34.]].

Comment ne pas en conclure, comme l' »Osservatore romano » du 23 février 1985, que dans ces conditions, « le climat de secret comporte pour les inscrits le risque de devenir les instruments de stratégies qu'ils ignorent » ?

« Déiste dans son principe, note Jean-Claude Lozac 'hmeur, la franc-maçonnerie présente sa théorie par degrés et commence par adopter des formes compatibles avec le christianisme » [[J.C. Lozac 'hmeur et B. de Karer, « De la Révolution – Essai sur la politique maçonnique », Editions Sainte Jeanne d'Arc,1992, p. 24.]].

Par contre, les rituels propres aux grades les plus élevés font clairement apparaître que la haine du catholicisme et la lutte contre l'Eglise sont les traits caractéristiques majeurs de l'institution [[A noter que les hauts grades ne dépendent nullement du Grand Maître ou du président élu des différentes obédiences, mais sont administrés par un Conseil dont les dirigeants se recrutent par cooptation. Il s'agit :- du Grand Collège des Rites pour les frères du Grand Orient de France qui pratiquent le » rite français ».- du Suprême Conseil de France pour les maçons de la Grande Loge de France qui pratiquent le « rite écossais ancien et accepté ».- du Suprême Conseil pour la France, en ce qui concerne les frères de la GLNF (seule obédience régulière).- enfin, du Suprême Conseil Mixte de France pour les frères et soeurs de Droit Humain et du Suprême Conseil Féminin pour les soeurs de la Grande Loge Féminine de France.]].

« Le grade le plus intéressant, le plus significatif des hauts-grades est celui de Rose-Croix, numéroté 18ème degré, expose Jean Marquès-Rivière dans « La trahison spirituelle de la franc-maçonnerie ». Dans ce grade, on voit une parfaite caricature du catholicisme (…). Le signe de ce grade (…) est celui du « Bon Pasteur ». Il consiste à tenir les bras croisés sur la poitrine, les mains écartées; le mot de passe est « Emmanuel », la réponse étant « paix profonde »; le mot sacré est I.N.R.I. [[Dont la signification maçonnique n'est pas « Jésus de Nazareth, roi des Juifs », mais « Igne Natura Renovatur Integra » (« Par le feu – ou l'esprit – la nature est rénovée tout entière »). NDLR]] et l'âge, 33 ans (…). Les trois vertus qui sont enseignées dans ce grade sont la Foi, l'Espérance et la Charité; nous avons vu précédemment comment il fallait « comprendre » ces trois vertus dans le langage maçonnique. La tunique dont on revêt le récipiendaire se nomme une chasuble (…). Je mentionnerai également dans ce grade la fameuse cérémonie de la cène, qui se fait le Jeudi Saint. Pour achever de parodier l'Eglise, la table s'appelle l'autel, les verre sont les calices » [[J. Marquès-Rivière, opus cit. , pp. 231-232.]].

Quant au grade de Chevalier Kadosch (30ème degré), il est très explicitement un grade de vengeance : celle du meurtre d'Hiram, l'architecte du temple de Salomon qui, selon la légende maçonnique, aurait été assassiné puis enseveli par trois mauvais compagnons (mais ressuscita grâce aux Maîtres envoyés à sa recherche par le roi Salomon)… mais aussi celle de Jacques de Molay, Grand Maître de l'Ordre du Temple, condamné au bûcher en 1314 sous le roi de France Philippe le Bel avec la « complicité » du pape Clément V.

Aux yeux des francs-maçons (qui revendiquent « l'héritage spirituel » des Templiers), Clément XV symbolise plus particulièrement l'ignorance, le fanatisme et l'ambition de la papauté [[Cf. Mgr de Ségur, « Les francs-maçons », in « L'anti-maçonnisme catholique », Emile Poulat et J.P Laurant, Berg International, 1994, pp. 50-55.]].

La franc-maçonnerie est-elle une religion ?

Lors d'un colloque entre chrétiens et francs-maçons organisé en novembre 1992 au centre Sèvres, à Paris, en présence du grand maître de la Grande Loge de France de l'époque, Michel Barat, Mgr Thomas soutenait qu' »un catholique peut parfaitement appartenir à une loge maçonnique sans pour autant perdre sa propre foi, puisque la maçonnerie n'est pas une religion » [[« Le Monde » des 14-15 novembre 1992.]].

Certes, la franc-maçonnerie se défend ouvertement de constituer une religion nouvelle et concurrente des autres religions, puisqu'elle ne propose « aucune théologie de la pensée, aucune doctrine, aucun credo » [[« Humanisme » n° 208-209, mars 1993.]].

« La franc-maçonnerie, précise pour sa part le Conseil Fédéral de la Grande Loge de France, n'est pas une religion au sens où celle-ci veut apporter aux hommes le salut et la vie éternelle à partir d'une révélation historique donnée » [[« Jardin caché , livret du Conseil fédéral de la GLF ( mars 1994).]].

Mais dans le même temps, la franc-maçonnerie se propose de « réunir ce qui est épars » et selon le texte initial des Constitutions d'Anderson de 1723, d'établir ici-bas « cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord » et qui ferait d'elle le véritable « centre d'union » de l'Humanité toute entière…

Elle incarne en fait l' »universalisme d'une religion (au sens étymologique) qui tend à unir tous les Frères de bonne volonté », comme l'écrivait le Frère Jean Corneloup, « Grand Commandeur d'Honneur du Grand Collège des Rites » dans son livre : « Universalisme de la Franc-Maçonnerie » [[Editions Vitiano (1963).]].

En vérité, la franc-maçonnerie, dont c'est pour ainsi dire la raison d'être, a pour suprême ambition l'instauration, au-dessus du catholicisme et de toutes les religions particulières, de LA religion universelle. Qu'on en juge : « Si la Franc-Maçonnerie n'est pas aujourd'hui une religion, au sens courant du mot, elle provient cependant d'une antique religion ayant son dieu, son culte, ses dogmes, ses cérémonies et, rivale non seulement du Christianisme mais aussi du judaïsme et peut-être du paganisme officiel de la Grèce et de Rome« , expose la « Revue Maçonnique » de novembre-décembre 1897 [[Cité par J.C Lozac 'hmeur et B. de Karer in « De la Révolution – essai sur la politique maçonnique », éd Sainte Jeanne d'Arc, 1992.]].

« Il appartient (aux francs-maçons) d'assurer la direction spirituelle de la société moderne (…). Il s'agit (…) non plus de réfuter bruyamment des systèmes religieux, à juste titre discrédités, mais de mettre soi-même debout une religion viable adaptée aux progrès des lumières et susceptible de satisfaire les intelligences les plus émancipées (…). Nous n'avons sapé, renversé, abattu, démoli avec une fureur qui semblait parfois aveugle que pour rebâtir dans de meilleures conditions de goût et de solidité« , écrivait en 1916 un certain Frère Hiram dans la revue du Grand Orient de France, « L'acacia » [[Cité par Daniel Jacob dans « Permanences » n° 33, octobre 1966 (« Les courants maçonniques actuels »).]].

« Un jour viendra où la Maçonnerie sera fatalement la direction spirituelle de tous, et ce jour-là sera l'aube de cette paix universelle qui jusqu'à présent était une utopie, mais qui sera bientôt une réalité », s'exclamait en 1924 le Frère Barcia, ancien grand maître du Grand Orient espagnol [[Cité par J. Marquès-Rivière, opus cit. pp. 126-127.]].

Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, le Frère Charles Riandey prophétisait en 1946 qu'un jour, « le monde futur créera du neuf après avoir assimilé le christianisme et d'autres formes actuelles de spiritualité et donnera peut-être naissance, par analogie avec le phénomène physique de collectivisation totale, à une sorte de panthéisme dans lequel se trouveront fondues, amalgamées toutes les pensées actuelles, redynamisées toutes ensemble vers des objectifs encore inconcevables » [[« Le Temple », septembre-octobre 1946.]], tandis qu'un membre du Suprême Conseil de France, le baron Yves Marsaudon, s'écriait au début des années 60 : « Catholiques, Orthodoxes, Protestants, Musulmans, Hindouistes, Bouddhistes, Penseurs-Libres, Penseurs-Croyants, ne sont chez nous que des prénoms : c'est Francs-Maçons le nom de famille ! » [[« L'oecuménisme vu par un Franc-Maçon de Tradition », éditions Vitiano, p. 126.]].

De fait, consciente de l'impossibilité de détruire l'Eglise catholique, son principal adversaire dans l'exercice du pouvoir spirituel auquel elle prétend sous couvert d'oecuménisme, la franc-maçonnerie ne désespère pas d'assimiler ou de dissoudre le christianisme au sein d'une Super-religion tolérante et syncrétiste. Mère et Maîtresse de vérité, l'Eglise catholique ne serait plus alors qu'une autorité morale et spirituelle parmi d'autres.

Au demeurant, n'est-ce pas l'impression qu'elle a donné lorsqu'en novembre 1985, le Conseil permanent de l'épiscopat français joignit sa signature à celles de la Licra, du Mrap, du Conseil supérieur rabbinique et du Recteur de la Mosquée de Paris, au bas d'un « Appel commun contre le racisme », le tout sous l'égide… de la Grande Loge de France ?

N'est-ce pas également le piège dans lequel elle risque de tomber chaque fois qu'au sein du Comité national consultatif d'éthique, un représentant de l'Eglise catholique désigné par l'épiscopat rejoint d'autres personnalités « appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles » du pays et donne l'impression d'approuver tous les avis dudit comité ou de se rallier à un pseudo-consensus ?…

Qui ne voit que dans le cas de la franc-maçonnerie – fût-elle spiritualiste -, toute tentative de « rapprochement » ou de « dialogue » avec l'Eglise est non seulement une chimère, mais un redoutable piège ?

La correspondance échangée en 1905 et 1906 entre les deux grands maîtres du Grand Orient et de la Grande Loge de France, ne laisse d'ailleurs planer aucun doute sur le fait que, depuis le début du siècle, le « spiritualisme » est l'alibi grâce auquel une partie de la franc-maçonnerie s'efforce, sinon de séduire, du moins d'endormir la méfiance des catholiques à son égard.

C'est dans cet esprit qu'en 1908 fut organisé un convent des « maçonneries spiritualistes » à propos duquel « frère Hiram » écrivait dans « L'acacia » (revue du Grand Orient de France) : « C'est à cette nouvelle forme de lutte contre l'Eglise que nous conduira la réaction ritualiste, symboliste, et pourquoi ne pas le dire, religieuse, au sens social du mot qui commence dans la maçonnerie française » [[« L'Acacia », mars 1908.]].

La vérité, c'est qu'il n'y a pas d'entente possible entre l'esprit de la franc-maçonnerie : le culte de l'Homme affranchi du dogme et de la morale, seule interprète du bien et du mal, du vrai et du faux « sans intervention divine superflue » [[« Humanisme », juillet 1975.]], il n'y a pas le moindre compromis possible entre cette déification de l'Homme sans Dieu, et la religion du Dieu fait homme.

« Non nobis Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam » [[« Pas à nous, Seigneur, la gloire, mais à Toi seul » ( Vg, 113 B, verset 1).]]

Gleeden : les AFC font appel en justice









Affaire Gleeden, agissons ensemble








Chers amis,





Le 9 février dernier, le Tribunal de Grande Instance de Paris a débouté les AFC dans leur procès face à Gleeden, site spécialisé dans les rencontres extra-conjugales.


Les AFC ont décidé, avec détermination, de faire appel de cette décision qui encourage la promotion de la duplicité et du mensonge.





Selon le tribunal, l'infidélité ne constitue pas nécessairement une faute car les époux peuvent s'en délier d'un commun accord et le comportement de l'un peut excuser l'infidélité de l'autre. Il serait donc permis d'en faire la promotion. Quelle incohérence !





Encore une fois, les déviances de quelques-uns, alliées à l'appât du gain, l'emportent sur la protection des couples et des familles. Votre soutien est indispensable pour que nous puissions poursuivre notre action en justice.





Les AFC dénoncent le jugement du Tribunal :







  • Une infime minorité des adultères est consentie : l'exception peut-elle faire la règle ? 




  • Peut-on nier le droit des conjoints à réclamer le respect d'un engagement ? 




  • L'infidélité se paye au prix fort ! Elle fait souffrir le conjoint et met en danger les enfants. Encourager l'infidélité par des messages de "bien-être" est malhonnête et profondément néfaste.





Les AFC ont décidé de poursuivre leur action en appel. Cette action judiciaire a un coût. Pour agir, nous avons besoin plus que jamais que vous soyez à nos côtés pour nous soutenir financièrement.





Continuons ensemble à nous mobiliser grâce à votre aide.

Je compte sur vous,




















Jean-Marie Andrès
Président de la CNAFC



















Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques 28, place Saint-Georges 75009 PARIS






Tél. : 01 48 78 81 61 - Fax : 01 48 78 07 35 - http://www.afc-france.org











LUTERANIZACIÓN | CATAPULTA

http://catapulta.com.ar/?p=2711

Petr Jašek a été libéré. Merci à vous !



J'ai une très bonne nouvelle à partager avec vous ce matin.



Petr Jašek, ce missionnaire chrétien tchèque qui avait été emprisonné au Soudan et condamné sans raison à 20 ans de prison, vient d'être libéré !



Il y a plusieurs semaines, je vous avais adressé un courrier électronique en demandant votre signature pour une pétition qui s'appelait : « Libérez Petr Jašek ! » et dont vous trouverez le lien ici :



http://www.citizengo.org/fr/pr/38989-missionary-wrongly-imprisoned-sudan-sign-here



Cette pétition avait mobilisé plus de 400.000 membres de CitizenGO dans le monde entier.



Miriam, ma camarade tchèque qui a mené ce combat, a reçu dimanche matin un appel téléphonique Wanda, la fille de Petr.

Et hier (27 février 2017), Petr Jašek lui-même a fait une déclaration à la télévision pour remercier particulièrement CitizenGO, c'est-à-dire vous et tous nos abonnés.

Dans sa déclaration, il a déclaré ceci : « Je tiens à remercier les hommes politiques, les diplomates, les militants et toutes les personnes qui m'ont soutenu et ont prié pour moi et pour les autres chrétiens persécutés.

J'apprécie également la pétition de CitizenGO signée par 400 000 personnes.
Ce soutien était très important. »



Petr Jasek.jpg



Ci-dessus, une photo de Petr avec le ministre des Affaires étrangères tchèque dans l'avion du retour



De même que Petr vous a remercié, je souhaite vous remercier à mon tour.

Sans vous, le travail de CitizenGO ne serait pas possible.

C'est parce que nous travaillons collectivement que nous sommes forts et parfois entendus.



Merci encore,



Stéphane Duté et toute l'équipe CitizenGO



PS : Malheureusement, un chrétien persécuté n'intéresse pas beaucoup la presse francophone.

Et pas davantage quand cette personne est libérée… C'est pourquoi, je n'ai que des journaux anglo-saxons pour partager ma joie avec vous ! Vous trouverez un article ci-dessous.

http://www.christiantoday.com/article/czech.christian.jailed.in.sudan.has.been.freed/105059.htm


















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vendredi 24 février 2017

The Wanderer: Que así sea

The Wanderer: Que así sea

Que así sea

Traduzco el artículo aparecido hoy en Il Foglio:





LOS LEFEBRISTAS VUELVEN A CASA

Mateo Matuzzi

ROMA. La fractura entre la Fraternidad Sacerdotal San Pío X (los lefebristas) y la Santa Sede está por ser recompuesta. El acuerdo para la institución de la prelatura personal -garantía de amplia autonomía en la gestión y en la pastoral- está próximo. Confirma que el lento y complejo proceso negociado se ha ya solucionado de un modo positivo la intención por parte de Ecône de comprar el complejo de Santa María Inmaculada en el Esquilino, a poca distancia del Laterano. La iglesia neogótica contruida entre fines del ochocientos y principios del novecientos por los Hermanos de la Caridad se encuentra adosada a un edificio destinado en los últimos años a una escuela primaria y secundaria. Es aquí donde, según sabe Il Foglio, surgirá un Centro de estudios y, en un segundo momento, con toda probabilidad se instalará la sede de la casa generalicia de los lefebristas. 

Quien ha acelerado todo este proceso ha sido directamente el Papa, a través de Mons. Guido Pozzo, secretario de la Pontificia Comisión Ecclesia Dei. Del 17 al 20 de enero pasado, se habría alojado en Santa Marta Mons. Fellay (el superior de la FSSPX), mons. Alfonso de Galarreta y el asistente general don Alain Nély. Estas negociaciones han sido presenciadas también la superiora de las religiosas de la Fraternidad. Don Nély es la persona encargada de completar la compra del complejo. 

Que Francisco tenga un rol de primer plano en las tratativas no debe sorprender. Recordaba el mismo Fellay que la relación entre Bergoglio y la Fraternidad tiene raíces profundas. "Nos conocemos desde Argentina. Estábamos en contacto con él porque allí un concordato permite a los sacerdotes extranjeros obtener un permiso de residencia con la condición de que el obispo esté de acuerdo.Cuando tuvimos problemas con algún obispo local, que no quería nuestra presencia, nos reunimos con el cardenal Bergoglio para exponerle el tema. Su respuesta -agregó el Superior General de la FSSPX hace un año- fue clara: 'Obviamente tú eres católico y no eres cismático. Yo te ayudo'. Y lo hizo. Se contactó con Roma y escribió una carta al gobierno sobre nuestra situación".

Luego, siendo ya Papa, con ocasión del Jubileo extraordinario de la misericordia, concedió a los fieles que "por diversos motivos" frecuentan las iglesias en las que celebran los sacerdotes de la Fraternidad, el recibir válida y lícitamente la absolución sacramental de sus pecados, facultad que se extendió más allá del periodo jubilar, "confiando en la buena voluntad de sus sacerdotes a fin de que se pueda recuperar la plena comunión en la iglesia católica". 

Los problemas, sin embargo, permanecen, sobre todo al interior de la variada realidad lefebrista. La situación en pocas palabras es la que se planteó en 2012 cuando, Mons. Fellay, sorpresivamente, decidió rechazar la mano extendida de Benedicto XVI, no aceptando las condiciones teológicas puestas por Ratzinger para una conclusión positiva del negociado. Fue decisiva la fractura existente entre el ala alemana y el ala francesa de la Fraternidad. Si hubiese sido por la primera, la FSSPX habría vuelto a la comunión con Roma hace cinco años. Los alemanes consideraban que las cuestiones que se discutían podían resolverse y que, por tanto, no debía cerrarse la negociación. Pero la frustraron los franceses, mucho menos dispuestos al trato.

Fellay parece dispuesto a superar el impasse, aún a costa de dolorosas pérdidas entre sus fieles y sus sacerdotes. 

FSSPX: El acuerdo con Roma. ¿Suicidio o esperanza?

FSSPX: El acuerdo con Roma. ¿Suicidio o esperanza?

FSSPX: El acuerdo con Roma. ¿Suicidio o esperanza?

En los últimos días ha surgido el rumor, que hasta donde podemos saber  tiene un alto grado de verosimilitud, de que la Fraternidad San Pío X habría adquirido ya en Roma, o estaría a punto de hacerlo, la sede de la futura prelatura personal que se ve en la fotografía, para lo cual habría mediado el propio vaticano a través de la Pontificia Comisión Ecclesia Dei.

Se confirme finalmente o no esta adquisición, lo que parece indudable es que hay una gran expectación ante lo que parece un cercano acuerdo que supondría una noticia de gran alcance en todo el mundo eclesial.

Personalmente, tengo una gran esperanza e ilusión porque así se produzca. Tuve el honor y el privilegio de poder conocer en persona a Mons. Lefebvre en el año 1989 en Econe, y me dejó una imborrable impresión. Creo que con la concesión de la prelatura personal se haría un acto de justicia hacia su persona y su obra, como recientemente señaló también Mons. Schneider, el cual dijo estar convencido de que la obra que fundó Monseñor Lefebvre ha formado parte del Plan de la Providencia para salvaguardar la Fe.

Por supuesto no es dogma de fe ni necesario el tener que estar totalmente de acuerdo con todo lo que él hizo o dijo, y como en toda obra también humana habrá habido sus aciertos y desaciertos (más de lo primero que de lo segundo en mi opinión), pero creo que la gran mayoría de los que nos movemos en ambientes "tradicionales" coincidimos en tener un profundo respeto por su figura y pues un ansia de que sea rehabilitada de forma oficial con este reconocimiento de justicia y derecho.

Se suceden continuamente cada vez con más fulgor análisis a favor y en contra de este posible acuerdo, contemplando múltiples puntos de vistas: canónicos, de prudencia, estratégicos, pero con frecuencia se olvida el que para mí es el más importante, el argumento de la salvación de las almas, el de los fieles.

No tiene sentido alguno reabrir ahora debates caducos, pero sí hemos de conceder que los fieles, los simples fieles de a pie que nunca antes han tenido contacto con el tradicionalismo, serían los grandes beneficiados de esta operación. Ellos no tienen que ser especialistas en derecho canónico ni tener conocimiento como para determinar lo que es el estado de necesidad, si las suspensiones a divinis son válidas o no y toda esa cuestión canónica que acompaña a la FSSPX, en cuyo debate no pretendo entrar aquí y que pienso es absurdo siquiera replantear en este momento histórico.

Creo que no merece la pena argumentar que la FSSPX tendría una INMEDIATA entrada de muchísimos fieles y sacerdotes que les da un cierto resquemor su situación canónica "irregular", y ello conllevaría como efecto inmediato el que MUCHAS más personas tendrán la posibilidad de acceder a los sacramentos tradicionales  y la sana doctrina, pudiendo así salvar más almas que si se siguiera reducido al grupo de fieles habituales. Pienso en cuántos pobres sacerdotes diocesanos hay que viven martirizados por sus obispos y que podrían integrarse en la prelatura.

Si lo vemos desde un punto de vista puramente humano es indiscutible que podría parecer un suicidio, pero si lo vemos desde un plano sobrenatural habría que tener ese valor que tiene el guerrero que se lanza al campo de batalla sin saber sin morirá o no, pero confiando en su comandante que los guiará a la victoria. La Fraternidad San Pedro, a la que se le vaticinaba sería destruida al poco, lleva ya 25 años en liza, y sin obispos, lo cual es un detalle a tener en cuenta.

Se está argumentando mucho que hay miedo a que este acuerdo silencie a la FSSPX, como de hecho ocurre de facto con otros grupos regularizados. Yo, a decir verdad, no tengo miedo de eso porque la repercusión sería poca. Hace 25 años, cuando no había internet, la FSSPX representaba casi la única organización que tenía poder estructural y económico para difundir ideas mediante libros, audios, conferencias. Hoy todo esto se ha relativizado por completo gracias a internet, y pienso que hace ya años que el verdadero peso crítico no lo lleva ni la FSSPX  ni absolutamente nadie similar o de la órbita, sino las páginas webs de laicos muchas de ellas con ayuda de sacerdotes a título individual.

Es momento de unidad, momento de ilusión y sobre todo momento de orar al Espíritu Santo para que nos ilumine a todos en este combate.

Francisco ha traído una gran desolación, pero –y he aquí los caminos insondables del Señor- está consiguiendo unir a muchas personas que están abriendo los ojos y que, olvidando viejas rencillas, empiezan a ver a quienes consideraban enemigos hasta hace poco, como hermanos de batalla.

Recemos por ello.

Miguel Ángel Yáñez

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Des Franciscains de l’Immaculée à l’Ordre de Malte - Dossiers thématiques - Convaincre - Liberté Politique

Des Franciscains de l'Immaculée à l'Ordre de Malte - Dossiers thématiques - Convaincre - Liberté Politique

Des Franciscains de l'Immaculée à l'Ordre de Malte

Des Franciscains de l'Immaculée à l'Ordre de Malte

[Source : Info Catho]

L'affaire est déjà ancienne, mais elle resurgit périodiquement, comme un fil de nylon qui va et vient sur la couture usée du droit de l'Eglise.

Alors que la crise de l'Ordre Souverain de Malte s'est étouffée par un coup d'Etat faisant fi du droit (quelles qu'en soient les raisons bonnes ou mauvaises), une autre affaire rampe et vient ternir (ou volontairement salir ?) l'image bon enfant du pape François. Y aurait-il encore un abus de pouvoir au mépris du droit dans la gestion de la crise des Franciscains de l'Immaculée ? Un ordre bi-ritualiste, mais attaché à la tradition. L'un des ordres les plus florissants en terme de vocation.

La situation est d'autant plus complexe qu'elle semble vouloir masquer des enjeux ecclésiaux qui dépassent les FFI eux-mêmes.

Pour comprendre la spiritualité de renoncement de cet ordre fondé par un fils spirituel de Padre Pio, voici tout d'abord quelques lignes d'un témoignage, précédant de peu la mise sous tutelle de l'ordre en 2013.

« Chiara, si nous voulons que notre mission fleurisse toujours plus », a dit une sœur à ma fille peu avant son départ, « il faut qu'une parmi nous meure et offre sa vie car il n'y a rien de plus fécond que le sang offert pour Jésus. Les frères sont déjà morts, maintenant c'est à notre tour ». Ce ne sont que de pauvres, petits fruits perdus dans l'Afrique profonde qui montrent de quelle nature sont les racines de l'arbre planté par le père Manelli en 1970 dans le solide terrain de la foi catholique.

L'empreinte de ces sœurs et frères qui acceptent le martyre pour que la vie fleurisse, c'est la sienne. Depuis des années, cet homme vit dans la souffrance comme son père spirituel le Saint (Padre) Pio da Pietrelcina. Il y a quelque temps, lorsque les médecins ne savaient pas quoi faire pour le guérir du mal qui le tourmentait, un prêtre qui le connaît bien m'a dit : « Les docteurs sont en train de tout essayer, mais ils n'y parviennent pas parce que ils ne peuvent pas comprendre que cet homme offre ses propres souffrances pour le bien de l'Église. Il a choisi de porter sur son corps les plaies du Corps Mystique ». Il ne sert à rien de trop théologiser. Il suffit de rester cinq minutes avec le père Stefano pour comprendre combien la souffrance lui est intime, combien il la désire tout en la craignant, et combien il en offre les bénéfices et les bénédictions qui en découlent.

Et à propos du Père Manelli, mis en cause.

La renonciation à tout, mais vraiment tout ce que le monde peut offrir d'à peine confortable, vous prend à la gorge : il vous étouffe ou bien il vous sanctifie. « Si j'avais voulu me soigner les ongles et avoir l'eau chaude tous les jours » a expliqué une sœur de 22 ans à ma femme « je serais restée chez moi ». Ma fille Chiara, dans un mois de mission ne s'est jamais regardée dans la glace, elle en avait une toute petite juste pour vérifier de ne pas avoir attrapé les poux. La seule glace consentie aux sœurs franciscaines est l'image de la Sainte Vierge. Celui qui recherche l'oléographie et le pittoresque et pense aux couvents du tourisme spirituel qui sont à la mode aujourd'hui, qu'il évite soigneusement les maisons et les couvents de l'Immaculée. Il prendrait pour de l'incurie et de l'abandon la sainte indifférence que ces frères et sœurs éprouvent pour les choses du monde.

On ne comprendrait pas pourquoi des hommes et des femmes du 21ème siècle peuvent vivre dans une condition que tout chrétien respectable nommerait misère. Car c'est bien la marque des endroits dans lesquels les franciscains de l'Immaculée vivent, prient et se sanctifient. Après avoir vu la lumière qui brille dans les yeux d'un de ces frères ou sœurs, regardez leurs pieds et remarquez leur état. Si les yeux sont de ceux qui voient le Paradis, les pieds sont de ceux qui vivent plantés dans la misère du monde et l'embrassent. C'est ce qui m'est arrivé il y a quelque temps avec le père Apollonio, le bras droit du père Stefano. Après une heure passée à nous promener sur l'asphalte discutant des choses les plus élevées, le regard m'est tombé sur les ongles de ses pieds, pleines d'hématomes provoqués par le gel pâti pendant l'hiver. J'ai alors regardé mes chaussures, et j'en ai eu de la honte. Mais j'ai surtout eu de la peine pour mon regard, qui n'a certainement pas la joie de celui du père Alessandro.

Alors qu'en est-il ? Quel est le problème ? Une synthèse de l'interview du cardinal Braz de Aviz préfet de la congrégation des Religieux, accordée à l'agence de presse SIR surnommée l'« agence de presse officieuse de la Conférence épiscopale italienne », permet de saisir en quelques mots la situation.

La question donne le la : le journaliste parle d'un pacte de sang et de marques au fer rouge… Il faut savoir que depuis le mois de novembre dernier s'est déclenchée à l'initiative du Corriere della Sera une violente campagne de presse contre le père Stefano Manelli. Ce dernier est accusé d'avoir contraint des sœurs à signer un vœu de fidélité envers lui avec leur propre sang, d'avoir approuvé la pratique de marquer le sigle IHS au fer rouge et d'autres accusations plus "mineures", sans oublier les habituels accusations relatives à l'argent et à de supposées attitudes déplacées. Le hic est que l'ensemble des accusations proviennent d'anciennes sœurs – au nombre exorbitant de… 3 –, que les accusations sont matériellement inexactes (le vœu « sanglant » de fidélité à la personne du fondateur n'apparaît sur aucun des documents fournis), qu'elles remontent à plus de vingt ans et que les sœurs actuelles les démentent – elles sont 300. Le sur hic est que le même cardinal-préfet a signé un décret qui libère les FFI et les Sœurs Franciscaines de l'Immaculée d'un tel vœu privé de fidélité au père Manelli, décret dans le corps duquel apparaît l'inévitable référence au pape François actuellement régnant. Or, aucune enquête canonique n'a été menée sur ce point, le père Manelli n'a jamais été interrogé sur le sujet et aucune autre congrégation éventuellement compétente (Doctrine de la Foi ?) n'a prononcé un quelconque jugement. Enfin des religieuses actuelles ont catégoriquement démenti, même à la télévision, de telles allégations. Nous avons là l'exemple d'une condamnation sans enquête préalable, ce qui est toutefois en cohérence avec toute cette affaire depuis le début. En effet la campagne de presse a fini par arriver sur le petit écran qui fit évidemment ses choux gras d'une telle affaire. En d'autres termes le cardinal-préfet se range au jugement… d'émissions de télévision people et de magazines du style Le Nouveau Détective. La décadence de la Curie romaine n'est pas qu'un mythe ! La prudence – et le bon sens – en la matière, commanderait d'attendre la conclusion de l'autorité judiciaire.

Le volet judiciaire de l'affaire des FFI concerne aussi les SFI puisque les associations propriétaires des biens qui servaient pour l'apostolat aidaient indifféremment les branches masculines et féminines. Il est bon de spécifier que ces associations ont été voulues par le père Stefano pour vivre la pauvreté radicale – pas de propriété pour les frères et les sœurs, ni personnellement ni communautairement sur l'exemple de saint Maximilien Kolbe. Les procédures contre ces associations ont été déclenchées à l'initiative de certains FFI : ni le Saint-Siège ni le Ministère public ne les ont engagées. Sans entrer dans les détails, des procédures sont effectivement en cours, mais le cardinal-préfet se garde bien de préciser que certaines sont déjà achevées et que les sentences finales sont en faveur de ces dites associations. Par ailleurs, le père Stefano a systématiquement porté plainte pour diffamation contre les anciennes sœurs qui se répandaient à la télévision. La justice italienne pourrait bien finalement donner tort à tous les accusateurs du père Stefano… dont fait maintenant partie le cardinal Braz de Aviz. Et n'oublions que feu le père Volpi a échappé à une condamnation civile "grâce" à sa mort subite. Par ailleurs, le fondateur ne se laisse pas faire et a déposé le 2 mars dernier une plainte contre certains responsables actuels des FFI – pas les commissaires – pour « association de malfaiteurs, calomnie et diffamation »… Dans la plainte une sombre histoire de fausse mort – rien de nouveau depuis saint Athanase – et des démentis formels à certaines allégations diffusées d'abord sur certains blogues et ensuite sur le petit écran.

L'enjeu semble bien plus terrible, si l'avis des observateurs est fondé, puisqu'il s'agirait rien moins que de porter atteinte à la vie religieuse dans son ensemble.

La Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée (également connue comme Congrégations pour les religieux), par un décret du 11 juillet 2013, signé par son Préfet, S.Em. le cardinal João Braz de Aviz et par l'archevêque secrétaire, S.E. Mgr José Rodriguez Carballo, ofm, ont relevé de leurs fonctions les supérieurs des Franciscains de l'Immaculée, confiant le gouvernement de l'Institut à un « Commissaire apostolique », le Père Fidenzio Volpi, ofm cap. Afin de durcir la forme du décret, le cardinal João Braz de Aviz s'est muni d'une approbation ex auditu du Pape François, ce qui retire aux Franciscains de l'Immaculée toute possibilité de recours devant le Tribunal de la Signature apostolique. Les raisons de cette condamnation, qui a pour origine un exposé fait à la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée par un groupe de religieux dissidents, demeurent mystérieuses. Du décret de la Congrégation et de la lettre envoyée aux Franciscains le 22 juillet par le nouveau commissaire apostolique, les seuls chefs d'inculpation semblent être ceux de faible « sentire cum Ecclesia » et d'attachement excessif au rite romain ancien.

En réalité, nous nous trouvons face à une injustice flagrante vis-à-vis des Franciscains de l'Immaculée. Cet institut religieux, fondé par les Pères Stefano Maria Manelli et Gabriele Maria Pellettieri, est l'un des plus florissants de l'Église par le nombre de vocations, l'authenticité de la vie spirituelle, la fidélité à l'orthodoxie et aux autorités romaines. Dans la situation d'anarchie liturgique, théologique et morale dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, les Franciscains de l'Immaculée devraient être pris comme exemple de vie religieuse. Le Pape rappelle souvent la nécessité d'une vie religieuse plus simple et plus sobre. Les Franciscains de l'Immaculée se distinguent justement par l'austérité et par la pauvreté évangélique avec lesquelles, depuis leur fondation, ils vivent leur charisme franciscain. Aujourd'hui, cependant, au nom du Pape, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée relève de ses fonctions le gouvernement de l'institut, pour le transférer à une minorité de religieux rebelles, d'orientation progressiste, sur laquelle le nouveau commissaire apostolique s'appuiera pour le normaliser, c'est-à-dire pour le conduire au désastre auquel il avait jusqu'ici échappé grâce à sa fidélité aux lois ecclésiastiques et au Magistère.

Mais aujourd'hui, le mal est récompensé et le bien puni. Il n'est pas surprenant que cette dure sanction à l'égard des Franciscains de l'Immaculée provienne du même cardinal qui souhaite compréhension et dialogue avec les religieuses hérétiques et schismatiques américaines de la Leadership Conference of Women Religious (LCWR). Ces religieuses prêchent et pratiquent la théorie du genre et il faut donc dialoguer avec elles. Les Franciscains de l'Immaculée prêchent et pratiquent la chasteté et la pénitence et il n'existe donc pas de possibilité de compréhension pour eux. Ceci est la triste conclusion à laquelle parvient inévitablement un observateur impartial.

L'un des chefs d'inculpation est d'être trop attachés à la Messe traditionnelle. Mais cette accusation n'est qu'un prétexte dans la mesure où les Franciscains de l'Immaculée sont bi-ritualistes, c'est-à-dire qu'ils célèbrent la Messe tout à la fois selon la forme ordinaire (« nouvelle Messe » du Missel de Paul VI) et selon la forme extraordinaire du Rite romain (Messe dite tridentine selon le Missel de 1962), comme cela leur est permis par les lois ecclésiastiques en vigueur. Face à un ordre injuste, on peut imaginer que certains d'entre eux ne renonceront pas à célébrer la Messe « traditionnelle » et ils feront bien de résister sur ce point dans la mesure où il ne s'agira pas d'un geste de rébellion mais d'obéissance. En effet, les indults et privilèges accordés à la Messe « traditionnelle » n'ont pas été abrogés et ils ont une force juridique supérieure au décret d'une Congrégation et même aux intentions d'un Pape si ces dernières ne sont pas exprimées dans le cadre d'un acte juridique clair. Le cardinal Braz de Aviz semble ignorer l'existence du motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, de son décret d'application, l'Instruction Universae Ecclesiae du 30 avril 2011, et de la Commission Ecclesia Dei, annexée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dont la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée usurpe aujourd'hui les compétences.

(…)

Le décret constitue un abus de pouvoir qui concerne non seulement les Franciscains de l'Immaculée et ceux qui sont qualifiés improprement de traditionalistes, mais tous les catholiques. Il représente en effet un symptôme alarmant de cette perte de la certitude du droit qui contamine aujourd'hui l'intérieur même de l'Église. L'Église en effet est une société visible, au sein de laquelle est en vigueur le « pouvoir du droit et de la loi » (Pie XII, Discours Dans notre souhait du 15 juillet 1950). Le droit est ce qui définit le juste et l'injuste et, ainsi que l'expliquent les canonistes, « La potestas au sein de l'Église doit être juste et ceci est requis par la nature même de l' Église, qui détermine les buts et les limites de l'activité de la Hiérarchie. Tout acte des Sacrés Pasteurs n'est pas juste du simple fait qu'il provienne d'eux » (Carlos J. Errazuriz, Il diritto e la giustizia nella Chiesa, Giuffré, Milano, 2008, p. 157). Lorsque la certitude du droit vient à manquer, l'arbitraire et la volonté du plus fort prévalent. Cela arrive souvent dans la société et peut arriver au sein de l'Église lorsqu'en elle la dimension humaine prévaut sur la dimension surnaturelle. Mais si la certitude du droit n'existe pas, il n'existe pas de règle de comportement sûre. Tout est laissé à l'arbitraire de l'individu ou des groupes de pouvoir et à la force sur laquelle peuvent compter ces groupes de pression afin d'imposer leur volonté propre. La force, séparée du droit, devient injustice et arrogance.

L'Église, Corps mystique du Christ, est une institution hiérarchique, basée sur une loi divine dont les hommes d'Église sont les dépositaires mais en aucun cas ni les créateurs ni les patrons. L'Église n'est pas un soviet mais un édifice fondé par Jésus Christ, au sein duquel le pouvoir du Pape et des évêques doit être exercé en suivant les lois et formes traditionnelles, toutes enracinées dans la Révélation divine. Aujourd'hui, on évoque une Église plus démocratique et égalitaire mais le pouvoir est souvent exercé de manière personnaliste, au mépris des lois et coutumes millénaires. Lorsqu'il existe des Lois universelles de l'Église, comme la Bulle de Saint Pie V Quo primum (1570) et le motu proprio de Benoît XVI Summorum Pontificum, il est nécessaire pour les modifier d'adopter un acte juridique équivalent. Il n'est pas possible de considérer comme révoquée une loi précédente si elle ne l'est pas par le biais d'un acte explicitement abrogatif de même rang.

(Institut du Bon pasteur 28 janvier 2014)

L'affaire s'enlise, alors que Rome veut en finir. Selon le journaliste italien Marco Tosatti, spécialiste du Vatican, le Saint-Siège doit faire face aux résistances de la congrégation qui considère comme une violence injustifiée la mise sous tutelle.

« La Congrégation pour les Religieux, explique—t-il, présidée par le cardinal brésilien Braz De Aviz et le secrétaire français Carballo voudrait clore le chapitre de la mise sous tutelle cette année, en convoquant un chapitre tout de suite après l'été. Mais il y a des difficultés.

Il y a une forte résistance de la part de beaucoup de religieux et de religieuses envers une mise sous tutelle qui a été vécue comme une forme de violence. A cette date, la Congrégation n'a toujours pas fait connaître les motifs à cause desquels l'ordre a été décapité et son fondateur de 83 ans, le Père Stefano Manelli, obligé de vivre dans une sorte de clôture imposée.

Aussi (…) en prévision d'un possible chapitre, les partisans de la nouvelle règle craignent que les fidèles du Père Manelli puisent élire un gouvernement sur leur ligne.

C'est pourquoi ces jours derniers, raconte Marco Tosatti, le Père Manelli a reçu un document, élaboré en audience par les responsables de la Congrégation pour les Religieux avec le pontife, et qui a son assentiment, dans lequel il est spécifié :

«  Le Père Manelli est prié de relâcher un communiqué dans lequel il déclare accepter et observer toutes les dispositions du Saint-Siège et exhorter les Frères Franciscains de l'Immaculée et les Sœurs Franciscaines de l'Immaculée à adopter la même attitude.

Le Père Manelli ne pourra faire aucune autre déclaration dans les médias ni paraître en public.

Il ne pourra participer à aucune initiative ou rencontre ni en personne ni via les réseaux sociaux.

Le Père Manelli est prié de remettre, pour la pleine disponibilité des instituts, dans les 15 jours à compter de la réception du présent décret, le patrimoine économique géré par les associations civiles et toute autre somme à sa disposition.

Il est interdit au Père Manelli et au Père G. Pellettieri d'avoir la moindre relation avec les Frères de l'Immaculée à l'exception de ceux des communautés où ils résideront avec la permission de ce Dicastère. Ils éviteront tout contact avec les Sœurs Franciscaines de l'Immaculée ».

 (Source)

Si tel est le cas, rapprocher l'affaire des FFI de l'Ordre de Malte devient d'autant plus troublant que maints échos de l'autoritarisme du pape traversent les murs jusqu'ici épais du Vatican. Ragots malveillants ou méthode choc pour parvenir à mener à bien la réforme de l'Eglise ? Padre Pio n'a-t-il pas lui-même été douloureusement éprouvé par l'Eglise avant d'être reconnu comme un des saints les plus exceptionnels de cette même Eglise ?