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mercredi 19 avril 2017

Le blog du Père Michel Viot

Le blog du Père Michel Viot

Le blog du Père Michel Viot

Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité

Telle devrait être la devise de la République selon le candidat Hamon. Ancien ministre d'un président qui voulait faire inscrire la loi de 1905 dans la constitution, il manifeste sa fidélité à sa famille politique, et il le dit clairement. Le candidat Macron, ancien collaborateur élyséen du président, ancien ministre, est sur la même longueur d'ondes, mais à sa manière, tout en « nuances ». Il soutient toutes les lois sociétales du gouvernement auquel il a participé, ce qui ne l'a pas empêché de « faire ses Pâques » au Secours Catholique. Lors du débat télévisé, monsieur Hamon s'est déclaré partisan de l'euthanasie et du suicide assisté, approuvé très explicitement par monsieur Mélenchon. Silence de monsieur Macron ! Comme cela avait été souligné lors du débat, lui qui est « toujours d'accord avec tout le monde » devait sans doute ici aussi être d'accord ! Bref, nous nous trouvons devant une pensée de gauche – qui a aussi ses représentants à droite – qui n'en finit pas de développer la culture de mort, dénoncée maintes fois par Saint Jean Paul II. C'est ce qui motive ces réflexions à quelques jours d'un scrutin qui va forcément marquer un tournant pour la France.

S'il ne s'agissait que d'oppositions de programmes économiques, ou de choix d'orientation de politique étrangère, je n'aurais rien écrit sur la campagne si près du vote. Mais la mise en avant de la Laïcité, la volonté affichée de donner des gages supplémentaires à la culture de mort, le danger islamique passé sous silence m'obligent à mettre en garde.

Depuis plusieurs années, la Laïcité est redevenue ce qu'elle était à sa naissance sous ce nom, aux alentours des années 1905 : une idéologie quasi religieuse conçue pour éradiquer le catholicisme de France. Les deux guerres mondiales ont ralenti son effet dévastateur (voir à ce sujet mon dernier livre, Il y a quelque chose de pourri au royaume de France). Dans la troisième guerre mondiale, déjà commencée selon le Pape François, le catholicisme est à nouveau désigné comme l'ennemi. Il promeut des principes moraux et une doctrine sociale incompatibles avec ce que certaines puissances entendent faire subir aux hommes. La France, dans cet ensemble est une cible privilégiée à cause de son influence culturelle et même spirituelle sur la francophonie, sur l'Europe et sur une partie de l'Afrique. Et je ne parle pas ici du reste de son influence. La poursuite de la déchristianisation d'Etat de la France, par la Laïcité, s'inscrit dans la lutte que mènent ces puissances. Que l'Etat et ceux qui le représentent soient « laïcs », au sens de neutres, me conviendrait parfaitement. C'est ce que j'ai connu dans ma jeunesse à l'école de la République et dans les institutions. Mais nos dirigeants politiques actuels, tout comme leurs différents héritiers spirituels qui prétendent les remplacer, ne sont pas neutres : ils sont anti catholiques ! Les lois qu'ils ont promulguées l'attestent, comme la toute dernière, celle de madame le ministre Rossignol sur le délit d'entrave à l'avortement, qui ironie du sort, pourrait même faire condamner ceux qui appliqueraient toutes les dispositions de la loi Veil de 1975, si ce n'est Madame Veil elle-même pour les discours qu'elle tenait en défendant son projet de loi ! En dignes héritiers des Lumières du XVIIIe siècle, les grandes consciences détentrices du « privilège du cœur » et du progrès permanent persévèrent dans la volonté de méconnaître, ou mépriser, la réalité des religions et la prégnance culturelle et historique du christianisme en France.

À l'inverse ceux qui parmi les dirigeants musulmans ont des visées impérialistes voient se produire avec intérêt la « déconstruction » spirituelle de la France. Le rejet officiel du catholicisme, son dénigrement à toute occasion, l'élévation de la Laïcité à la hauteur de 4ème devise de la République manifesteraient que la France est bel et bien devenue un désert religieux. La place est donc à prendre. Et l'on ne s'embarrassera pas de scrupules sur les moyens pour y parvenir, quitte à exploiter, même en la condamnant, la violence des islamistes. Les « blasphèmes » ne se punissent-ils pas ? Aussi, ceux qui prétendent défendre la paix civile en renforçant la Laïcité, ne font qu'augmenter les risques de conflits. Plus ils multiplieront les lois transgressant la Loi naturelle, plus ils affaibliront le pays et l'exposeront à un terrorisme d'autant plus vengeur et cruel qu'il aura le sentiment d'agir au nom de Dieu. Les « enfants terribles » du président actuel, ceux qui se disputent son héritage, n'ont pas plus compris cela que lui.

Aucune voix catholique ne doit leur permettre d'atteindre leur but, parce qu'aucun catholique ne peut accepter le principe d'une société sans Dieu, qui méprise la vie humaine par la promotion de l'avortement, transforme l'enfant en bien de consommation, la maternité en commerce, et légalise en les organisant le suicide et l'euthanasie.