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mercredi 9 mai 2018

Mgr de Sinety accroît la confusion.


Pour Mgr Sinety, les catholiques français « petit club d'enfants gâtés…et cyniques » ont l'impérieuse obligation morale d'accueillir tous les immigrés qui se présentent à eux...
 
Renaissance Catholique
 
 
 
 

Vicaire géné­ral de Paris, ancien curé de Saint-Ger­main-des-Prés, Mgr Benoist de Sine­ty est un homme impor­tant. Pré­sen­té par La Croix comme le bras droit du nou­vel arche­vêque de Paris Mgr Aupe­tit, il s'est fait connaître du grand public à l'occasion de l'homélie qu'il a pro­non­cée lors des funé­railles de John­ny Hal­ly­day. Nous avons été heu­reux d'y apprendre que mal­gré sa vie, disons un peu chao­tique, nous n'avions pas de sou­ci à nous faire sur le sort post­hume du défunt, non plus que sur le nôtre d'ailleurs, ce qui est tou­jours une bonne nou­velle.

Nous sommes des enfants gâtés

Mgr de Sinety appelle à l'accueil des migrantsModes­te­ment inti­tu­lée Il faut que des voix s'élèvent, et sous-titrée Accueil des migrants, un appel au cou­rage, la copieuse épître – en fait un petit livre de 130 pages – de Mgr de Sine­ty a le mérite de la sim­pli­ci­té. Les catho­liques fran­çais « petit club d'enfants gâtés…et cyniques » ont l'impérieuse obli­ga­tion morale d'accueillir tous les immi­grés qui se pré­sentent à eux. Com­bien ? 1, 10, 100 mil­lions ? Nul ne sait. Quand on aime, on ne compte pas ! Ceci parce que « chez l'individu, c'est l'éthique de convic­tion qui doit pré­va­loir » et parce que c'est le seul moyen de res­ter fidèle à « nos valeurs – liber­té, éga­li­té, fra­ter­ni­té » et à notre voca­tion de « patrie des droits de l'homme ». Voi­ci une bien curieuse syn­thèse de l'Évangile. Cette obli­ga­tion caté­go­rique ne sup­porte ni limites ni réserves ! Mélange d'impératif moral kan­tien, par nature indis­cu­table, et de pos­ture gaul­lienne : « L'intendance sui­vra » !

Cette sta­tue du com­man­deur est cepen­dant mise à mal par de fâcheuses omis­sions et d'étranges affir­ma­tions.

De fâcheuses omissions

Ain­si, les mots islam ou musul­man ne sont pas employés une seule fois. N'est-ce pas, mal­gré tout, une par­tie de la dif­fi­cul­té ? De même, la réa­li­té que consti­tue l'utilisation de ces flux de migrants par des ter­ro­ristes isla­mistes n'est à aucun moment évo­quée.

Mgr de Sine­ty ne tarit pas d'éloges sur la géné­ro­si­té de la chan­ce­lière Ange­la Mer­kel, accueillant en 2015, en quelques mois, un mil­lion de migrants. Il n'est fait aucune men­tion des 1500 agres­sions sexuelles com­mises par des clan­des­tins la nuit du Nou­vel An 2016, prin­ci­pa­le­ment à Cologne, ni de celles per­pé­trées par des réfu­giés lors de fes­ti­vals Pop en Suède en 2017. Depuis, madame Mer­kel a sen­si­ble­ment révi­sé sa posi­tion.

Des pré­lats, et non des moindres comme le car­di­nal gui­néen Robert Sarah, dénoncent cette immi­gra­tion mas­sive : « Vous êtes enva­his par d'autres cultures, d'autres peuples, qui vont pro­gres­si­ve­ment vous domi­ner en nombre et chan­ger tota­le­ment votre culture, vos convic­tions, vos valeurs ». Les lec­teurs de Mgr de Sine­ty n'en sau­ront rien.

D'étranges affirmations

Benoî­te­ment, le vicaire géné­ral de Paris affirme sans rire : « Nous n'avons rien fait pour accueillir les migrants » et « Les migrants en situa­tion irré­gu­lière n'ont aucun droit, aucun salaire mini­mum, aucune cou­ver­ture sociale ». Quelques faits réfutent ces juge­ments à l'emporte pièce : l'AME (Aide Médi­cale d'Etat) réser­vée aux clan­des­tins coû­te­ra un mil­liard d'euros en 2018. Tout deman­deur d'asile béné­fi­cie de la CMU (Cou­ver­ture Mala­die Uni­ver­selle). Un réfu­gié en attente d'une place dans un centre d'hébergement béné­fi­cie d'une ATA (Allo­ca­tion Tem­po­raire d'Attente) de 340 € par mois. Une AMS (Allo­ca­tion Men­suelle de Sub­sis­tance) variant entre 91 et 718 € par mois peut com­plé­ter le pécule, etc. La situa­tion est à ce point dra­ma­tique pour les migrants qui sou­haitent nous rejoindre, que leur flot ne tarit pas et qu'ainsi, par exemple en 2017, 262 000 titres de séjour ont été accor­dés.

Mgr de Sine­ty ne répugne pas à l'énoncé des lieux com­muns les plus écu­lés. Ain­si : « Cette terre (la France) a tou­jours été celle des migra­tions ». Nous savons depuis les tra­vaux de Jacques Dupâ­quier (His­toire de la popu­la­tion fran­çaise) que l'apport des étran­gers dans la com­po­si­tion de la popu­la­tion fran­çaise a été mar­gi­nal, par rap­port aux popu­la­tions autoch­tones, jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Le prin­cipe de non contra­dic­tion n'était sans doute pas au pro­gramme des études de mon­sei­gneur le vicaire géné­ral qui affirme : « Le devoir des immi­grés de s'intégrer dans le pays d'accueil ne consiste pas à leur deman­der de deve­nir des " gens comme nous " ». Et « en même temps » : « Cha­cun de ces déra­ci­nés sou­haite par­ta­ger notre vie, espère que nous lui ferons un peu de place après un si long voyage pour qu'à son tour, lui aus­si puisse vivre comme nous ». Com­prenne qui pour­ra. Quant au sou­hait una­nime des migrants de deve­nir « comme nous » sans doute serait-il bon que les sources de cette pré­cieuse infor­ma­tion soient mieux pré­ci­sées ! On peut en effet s'interroger sur le fait de savoir si, vivre « comme nous », signi­fie adop­ter nos us et cou­tumes ou béné­fi­cier de notre niveau de vie.

Un plaidoyer compassionnel

Accueil des migrants, un appel au courageEn fait, ce texte, plus qu'un rai­son­ne­ment argu­men­té est non pas un appel au cou­rage comme l'indique le titre mais un plai­doyer émo­tion­nel. Rien n'est épar­gné pour faire pleu­rer Mar­got : le cadavre du petit Eylan sur une plage de Tur­quie, les « migrants qui ont tra­ver­sé la mer sur des embar­ca­tions de for­tune, bra­vé des déserts, vécu l'esclavage », etc. Mgr de Sine­ty évoque avec des tré­mo­los dans la voix ses parois­siens retrai­tés qui ont chan­gé leur voi­ture pour acqué­rir un mono­space afin de mieux véhi­cu­ler leurs migrants… Bene. Recte. Optime. Il y a cepen­dant une caté­go­rie de pauvres qui échappe à la com­pas­sion de Mgr de Sine­ty : les « petits blancs » de la France péri­phé­rique décrite par Chris­tophe Guilluy qui sur­vivent à Rou­baix, Trappes, Bol­lène ou Béziers dans un uni­vers cultu­rel qu'ils ne recon­naissent plus. Il ne s'agit pas de nier la pau­vre­té et la misère des migrants, comme si on fai­sait un tri entre les misé­reux, mais de sou­li­gner que les encou­ra­ger à res­ter sur un conti­nent dont les capa­ci­tés d'intégration sont satu­rées c'est, aus­si, les condam­ner à figu­rer en tête des sta­tis­tiques de chô­mage, cri­mi­na­li­té, illet­trisme, etc.

Por­tant son cœur en écharpe, Mgr de Sine­ty élude les ques­tions qui sont pour­tant au cœur de la crise migra­toire que nous vivons :

  • Existe-t-il un droit du peuple fran­çais à la conti­nui­té his­to­rique ?
  • La notion de civi­li­sa­tion est-elle per­ti­nente où les hommes ne sont-ils tous que des consom­ma­teurs ou des pro­duc­teurs inter­chan­geables ?
  • Pour­quoi existe-t-il des civi­li­sa­tions qui créent de la richesse et d'autres qui ne pro­duisent que de la misère ?
  • Existe-t-il un pro­jet d'islamisation de l'Europe par cer­tains musul­mans sus­cep­tibles d'utiliser, au ser­vice de cet objec­tif, les flux migra­toires ?
  • Un tali­ban afghan est-il aus­si « inté­grable » qu'un napo­li­tain catho­lique ?
  • Est-ce que le désir crée le droit ?

Si Mgr de Sine­ty cite abon­dam­ment le pape Fran­çois, à aucun moment il ne cite le § 2241 du Caté­chisme de l'Église Catho­lique qui est pour­tant clair sur le sujet : « Les nations mieux pour­vues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut l'étranger en quête de la sécu­ri­té et des res­sources vitales qu'il ne peut trou­ver dans son pays d'origine. Les pou­voirs publics veille­ront au res­pect du droit natu­rel qui place l'hôte sous la pro­tec­tion de ceux qui le reçoivent.

Les auto­ri­tés poli­tiques peuvent en vue du bien com­mun dont ils ont la charge subor­don­ner l'exercice du droit d'immigration à diverses condi­tions juri­diques, notam­ment au res­pect des devoirs des migrants à l'égard du pays d'adoption. L'immigré est tenu de res­pec­ter avec recon­nais­sance le patri­moine maté­riel et spi­ri­tuel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contri­buer à ses charges ».

Il est bien ques­tion de néces­si­té vitale et non pas de droit abso­lu de cha­cun à s'installer où il le sou­haite.

Un travail en apesanteur intellectuelle

Tout cela laisse la désa­gréable impres­sion d'un tra­vail mené à la va-vite (« Les révo­lu­tions indus­trielles bat­taient leur plein » (sic)) dans lequel le sen­ti­ment, a prio­ri géné­reux, tient lieu de réflexion. Sur un tel sujet, on aurait aimé que soient abor­dées les solu­tions poli­tiques à mettre en œuvre au regard des ver­tus morales de force, pru­dence, jus­tice et tem­pé­rance. Et cela en par­tant de l'observation de la réa­li­té, de toute la réa­li­té. En lieu et place, Mgr de Sine­ty nous accable d'un dis­cours pour dames patron­nesses dénuées d'un mini­mum de bon sens mais au « cœur gros comme ça ». Il nous fait honte pour les curés de Paris et porte atteinte à la cré­di­bi­li­té de l'Église. À moins qu'il ne soit en mis­sion pour envoyer à la socié­té civile un mes­sage « de gauche », coup de balan­cier en sens inverse après le mar­quage » à droite » de l'épiscopat fran­çais à l'occasion de la Manif pour tous ? Ce ne serait guère plus glo­rieux et tout aus­si misé­rable. Lais­sons le mot de la fin à Jacques de Guille­bon citant Cicé­ron : « Ceux qui font tort aux uns pour se mon­trer géné­reux envers les autres sont aus­si cou­pables d'injustice que s'ils s'appropriaient le bien d'autrui. Il y a en effet beau­coup de gens qui, avides d'éclat et de glo­riole, prennent aux uns pour faire lar­gesse aux autres ».

Jean-Pierre Mau­gendre

 
 
 
1968 – 2018 La révolution silencieuse
 
Du 21 au 24 juillet 2018 à
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