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mardi 5 juin 2018

Obéissance dans l’Église. Aveugle ou clairvoyante ?


Peut-on opposer les désobéissances Dom Gérard, fondateur de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, à l'obéissance de Padre Pio soumis pourtant à des persécutions et des décisions injustes de l'Église ?
 
Renaissance Catholique
 
 
 
 

Plu­sieurs faits récents viennent de remettre aux devants de l'actualité, si tant est qu'elle les ait jamais quit­tés, la ques­tion cru­ciale de l'obéissance dans l'Église. Cer­tains, à l'occasion de la sor­tie conco­mi­tante de la bio­gra­phie de Dom Gérard par Yves Chi­ron et du cin­quan­te­naire du décès du Padre Pio, ont oppo­sé les déso­béis­sances qui ont mar­qué la vie du fon­da­teur de l'abbaye Sainte-Made­leine du Bar­roux depuis la qua­si fon­da­tion de Bédoin, en 1972, jusqu'à la recon­nais­sance cano­nique de 1988, à l'obéissance constante de Padre Pio sou­mis pour­tant à des per­sé­cu­tions et des déci­sions injustes. De plus, à la publi­ca­tion du livre de Mgr de Sine­ty, Il faut que des voix s'élèvent prô­nant une immi­gra­tion sans limites, et dont l'indigence intel­lec­tuelle n'est sur­pas­sée que par la suf­fi­sance clé­ri­cale, il est sou­vent répon­du : « Mais c'est la volon­té du pape ! » En 1977, un pro­tes­tant conver­ti dis­ciple du car­di­nal Jour­net, Lucien Méroz publiait un ouvrage du plus haut inté­rêt, L'obéissance dans l'Église. Aveugle ou clair­voyante, qui peut nous aider à résoudre ce dilemme.

Les mérites de l'obéissance

Rap­pe­lons tout d'abord qu'aucun chré­tien ne peut igno­rer la gran­deur de la ver­tu d'obéissance. Sur le plan de la foi, elle est l'imitation de la sou­mis­sion de Jésus-Christ qui nous sauve par son obéis­sance à la volon­té de son Père, rache­tant ain­si la déso­béis­sance d'Adam. C'est en rai­son de cette obéis­sance que le Christ est consti­tué prêtre de la Nou­velle alliance, tout lui étant sou­mis au ciel, sur terre et dans les enfers (Phil II, 8). Le grand sens de l'obéissance, c'est donc d'obéir au Christ comme le Christ a obéi à son Père céleste en fai­sant la volon­té du Père et non la sienne jusqu'à accep­ter la mort et la mort de la Croix. « L'obéissance est la ver­tu suprême » résume Simone Weil dans L'Enracinement. L'obéissance chré­tienne est ain­si une abso­lue sou­mis­sion de l'intelligence et de la volon­té à Dieu, révé­lé par Jésus-Christ et par son Église, qui est selon l'admirable expres­sion de Bos­suet « Jésus-Christ répan­du et com­mu­ni­qué ». Elle est ain­si consti­tuée dépo­si­taire des pou­voirs d'enseignement et de sanc­ti­fi­ca­tion que le Christ lui a confiés pour mener les hommes au Salut.

Distinguer parmi les actes du magistère

Or comme l'explique le car­di­nal Jour­net dans L'Église du Verbe incar­né, le magis­tère doc­tri­nal de l'Église se situe à deux niveaux. Il y a tout d'abord un niveau suprême, celui de la révé­la­tion divine, de la véri­té sur­na­tu­relle que le Christ a confiée à son Église. Ce dépôt, confié aux Apôtres avec une sûre­té infaillible, a été conser­vé et déve­lop­pé de manière homo­gène tout au long de l'histoire de l'Église. Sans alté­ra­tion ni erreur, grâce à l'assistance divine pro­mise aux Apôtres : « Je serai avec vous jusqu'à la consom­ma­tion des siècles » (Mat XXVIII, 20). Ce pou­voir magis­té­riel décla­ra­tif est com­plé­té par un pou­voir magis­té­riel cano­nique dont la fonc­tion est de pro­té­ger le dépôt de la Révé­la­tion divine, de pré­pa­rer les fidèles à l'accueillir, d'organiser la vie chré­tienne par des direc­tives soit spé­cu­la­tives soit décla­ra­tives. Alors que le pou­voir magis­té­riel décla­ra­tif est assis­té d'une manière abso­lue, irré­for­mable et infaillible – c'est la voix de l'époux –, le pou­voir magis­té­riel cano­nique est assis­té d'une manière sim­ple­ment rela­tive, pru­den­tielle – c'est la voix de l'épouse.

De mauvaises décisions

Les exemples abondent ain­si dans l'Histoire de l'Église de ces mesures légis­la­tives, ver­dicts judi­ciaires, sen­tences pénales, etc. qui, loin de pro­té­ger le dépôt de la foi, le mirent en péril de manière plus ou moins ouverte. Sur ordre de Clé­ment VII, en 1535, le car­di­nal Qui­no­nez réfor­ma le bré­viaire romain. A contra­rio en 1568, le pape Pie V fit for­mel­le­ment inter­dire ce bré­viaire. En 1633, Gali­lée fut condam­né, non pas au bûcher mais plus sim­ple­ment à l'assignation à rési­dence dans une vil­la de Sienne par le Saint-Office et le pape Urbain VIII en rai­son de ses théo­ries hélio­cen­tristes. Le 31 octobre 1992, le pape Jean-Paul II, dans un dis­cours devant l'Académie Pon­ti­fi­cale des Sciences, réha­bi­li­ta la mémoire de celui qui était deve­nu, à son corps défen­dant, le sym­bole de l'obscurantisme de l'Église face aux pro­grès de la science. Le 3 avril 1969, le pape Paul VI publiait la Consti­tu­tion apos­to­lique Mis­sale Roma­num pro­mul­guant le nou­veau mis­sel romain. L'article 7 énon­çait « La Cène du Sei­gneur ou messe est la synaxe sacrée ou le ras­sem­ble­ment du peuple de dieu sous la pré­si­dence du prêtre pour célé­brer la mémoire du Sei­gneur. C'est pour­quoi, vaut émi­nem­ment pour l'assemblée locale de la sainte Église la pro­messe du Christ : "Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je serai au milieu d'eux" ». Devant le tol­lé déclen­ché par cette défi­ni­tion pro­tes­tante de la messe, n'évoquant en aucune manière son carac­tère sacri­fi­ciel, le Sou­ve­rain pon­tife fit modi­fier cet article 7 pour­tant régu­liè­re­ment pro­mul­gué. Les faits sont là. Plus l'Église s'éloigne de l'enseignement direct de la foi, plus elle peut souf­frir de défaillances humaines ! D'ailleurs, même dans le domaine de la foi, une défaillance qua­si géné­ra­li­sée de l'épiscopat n'est pas impos­sible, ce dont témoigne la crise arienne – Arius niant la divi­ni­té du Christ – alors que quelques évêques seule­ment (Atha­nase d'Alexandrie, Hilaire de Poi­tiers, Basile de Césa­rée) main­te­naient l'orthodoxie. Ce qui per­mit, à saint Jérôme, ce tra­gique constat : « Le monde entier, stu­pé­fait, gémit d'être arien ».

De légitimes résistances à l'autorité défaillante

La résis­tance aux direc­tives des auto­ri­tés légi­times, qui ne servent pas la trans­mis­sion ou la sau­ve­garde du dépôt de la foi, n'est jamais une révolte ins­pi­rée du libre exa­men pro­tes­tant. Elle est une sou­mis­sion réflé­chie, intel­li­gente et ferme au don­né révé­lé dont l'autorité légi­time est la gar­dienne et la ser­vante, non la maî­tresse. Le Christ lui-même le pro­clame : « La parole que vous enten­dez n'est pas de moi mais du Père qui m'a envoyé » (Jn XIV, 24).

Dans les années 1970, c'est à une véri­table révo­lu­tion doc­tri­nale, litur­gique et dis­ci­pli­naire qu'assistèrent, incré­dules, les laïcs du bout du banc, avant de mas­si­ve­ment le déser­ter. Par voie d'autorité, les caté­chismes tra­di­tion­nels furent inter­dits au pro­fit de par­cours caté­ché­tiques sou­vent hété­ro­doxes, tou­jours indi­gents. En 1983, le car­di­nal Rat­zin­ger, alors pré­fet de la Congré­ga­tion pour la doc­trine de la foi, dans deux confé­rences pro­non­cées l'une à Lyon, l'autre à Paris, dénon­ça « la ten­dance actuelle de subor­don­ner la véri­té à la praxis » qui abou­tit à « un anthro­po­cen­trisme radi­cal ». Il rap­pe­la « les quatre com­po­santes clas­siques » de tout caté­chisme : « Ce que le chré­tien doit croire (Sym­bole), espé­rer (Notre Père), faire (Déca­logue) et dans quel espace vital il doit l'accomplir (Sacre­ments et Église) ». Cela, alors que se mul­ti­pliaient les par­cours caté­ché­tiques niant la Résur­rec­tion du Christ, son Ascen­sion cor­po­relle dans les cieux, la vir­gi­ni­té per­pé­tuelle de Marie, la réa­li­té sacri­fi­cielle de la messe, etc. Ain­si, pen­dant des années, il fut ensei­gné comme défi­ni­tion de la messe dans le Nou­veau mis­sel des dimanches (béné­fi­ciant du Nihil obs­tat et de l'Impri­ma­tur épis­co­pal) : « Il s'agit sim­ple­ment de faire mémoire de l'unique sacri­fice déjà accom­pli ». Il ne s'agit plus là de la défi­ni­tion d'une messe catho­lique mais de celle d'une cène pro­tes­tante. Il est un fait que la réforme litur­gique a été impo­sée de manière par­ti­cu­liè­re­ment bru­tale. En quelques mois, l'usage du Nou­vel Ordo devient obli­ga­toire, prêtres et laïcs durent renon­cer à ce qui était la trame de leur vie depuis des décen­nies. Des prêtres en mou­rurent de cha­grin, déchi­rés entre les exi­gences de la foi et celles de l'obéissance. Les plus chan­ceux obtinrent de leur curé ou de leur supé­rieur l'autorisation de célé­brer la messe de leur ordi­na­tion, sine popu­lo, à 5 h du matin dans des cryptes gla­ciales. L'usage du latin fut sup­pri­mé, les autels retour­nés, la com­mu­nion dis­tri­buée dans la main, la pré­sence réelle relé­guée, au mieux, dans une cha­pelle laté­rale, les abso­lu­tions col­lec­tives rem­pla­cèrent la confes­sion auri­cu­laire, etc. Les chan­ge­ments litur­giques appa­rurent à beau­coup comme la mani­fes­ta­tion la plus visible d'un chan­ge­ment de reli­gion. Les témoi­gnages, sur ce sujet, des conver­tis du pro­tes­tan­tisme sont impla­cables : « Je suis bien pla­cé pour flai­rer la chose, le tour de passe-passe qui s'opère pour faire glis­ser la messe romaine sur le plan luthé­rien de manière que le fidèle peu éclai­ré et peu aver­ti ne s'aperçoive pas de la sub­ti­li­té. Mais vous savez que la caque sent tou­jours le hareng et, quand je vois à la télé­vi­sion une église où se dit ce genre de messe, le hareng recon­naît la caque ». (Julien Green, Lettre au Père Dodin, 31 mars 1974).

Les résul­tats sont là, obser­vables par tous après un demi siècle d'obéissance aux direc­tives épis­co­pales : un effon­dre­ment bru­tal de la pra­tique reli­gieuse, une igno­rance abys­sale géné­rale des véri­tés de la foi, une bana­li­sa­tion des rela­tions sexuelles hors mariage même par­mi les élèves des « meilleurs » lycées dits catho­liques. Là contre, quelques familles, quelques prêtres ont posé un acte héroïque de résis­tance appa­rente qui était en réa­li­té un acte d'obéissance à l'enseignement de l'Église, à sa doc­trine et à sa litur­gie. Ils ont conser­vé l'usage du caté­chisme tra­di­tion­nel et de la messe codi­fiée par saint Pie V. Mgr Lefebvre a été le point de cris­tal­li­sa­tion de ce malaise. Qui nie­ra cepen­dant la fécon­di­té de cette résis­tance aux­quelles les com­mu­nau­tés Eccle­sia Dei doivent leur recon­nais­sance cano­nique, l'Église la libé­ra­tion de la célé­bra­tion de la messe selon la forme extra­or­di­naire du rite romain, sans oublier le labeur apos­to­lique, mené depuis cin­quante années, par les prêtres de la Fra­ter­ni­té Saint-Pie X, plus de 600 à ce jour. Notons enfin, que les réformes conci­liaires se heur­tèrent au « sen­sus fidei » du peuple chré­tien dont un docu­ment de la Com­mis­sion théo­lo­gique inter­na­tio­nale de juin 2014 vient de rap­pe­ler qu'il est l'instinct sur­na­tu­rel que les fidèles ont pour la véri­té de l'Évangile. Guillaume Cuchet, dans son ouvrage Com­ment notre monde a ces­sé d'être chré­tien, observe que « les milieux pro­gres­sistes au sein du catho­li­cisme ont sou­vent eu des taux de trans­mis­sion de la foi plus faibles que leurs homo­logues conser­va­teurs ». Ces familles consti­tuent le cœur de ce qu'un récent numé­ro de Famille Chré­tienne appe­lait « la famille tri­den­tine », obser­vant à la fois leur vita­li­té mis­sion­naire, dont témoigne le pèle­ri­nage de Pen­te­côte, et leur fécon­di­té en terme de voca­tions sacer­do­tales et reli­gieuses.

De troublantes ruptures

Qui nie­ra que toute conscience catho­lique un peu éclai­rée ne soit trou­blée par les évo­lu­tions ou les rup­tures, récentes, dis­ci­pli­naires ou doc­tri­nales, que cha­cun peut obser­ver dans l'Église. Nous voi­ci, en qua­rante années, à la troi­sième tra­duc­tion de la demande du Notre Père (où « Ne nous laisse pas suc­com­ber à la ten­ta­tion » est deve­nu « Ne nous sou­mets pas à la ten­ta­tion » puis « Ne nous laisse pas entrer en ten­ta­tion »). La tra­duc­tion du Cre­do en fran­çais est pour le moins dou­teuse en un point : « consub­stan­tiel » et « de même nature » n'ont pas la même signi­fi­ca­tion. Comme le notèrent Étienne Gil­son et le car­di­nal Jour­net, deux poi­reaux sont de même nature, ils ne sont pas de même sub­stance. Le Caté­chisme de saint Pie X pré­voyait expli­ci­te­ment que « l'âge où il est bon de rece­voir le sacre­ment de confir­ma­tion est celui de sept ans envi­ron ». Mal­gré cela, les direc­tives épis­co­pales demandent qu'en France ces confir­ma­tions n'aient pas lieu avant l'âge de 12/​13 ans. Les exemples sont innom­brables. On ne peut s'empêcher éga­le­ment de noter que les déci­sions mul­tiples et par­fois contra­dic­toires nuisent à la cré­di­bi­li­té de l'Institution. Quelle est la valeur de déci­sions pré­sen­tées comme devant être abso­lu­ment sui­vies, remises en cause quelques années plus tard ? Comme le disait un prêtre, refu­sant la réforme litur­gique : « Je n'ai pas été ordon­né au cirque Amar pour chan­ger de pro­gramme tous les six mois ! »

Conclusion

La ques­tion fon­da­men­tale est en fait celle du Salut. Il s'agit de savoir quel degré d'autorité est accor­dé à la parole du Christ : « Celui qui croi­ra et sera bap­ti­sé sera sau­vé. Celui qui ne croi­ra pas sera condam­né » (Mc XVI, 16) ? Décla­ra­tion com­plé­tée par une autre affir­ma­tion : « Ne croyez pas que je sois venu abo­lir la loi et les pro­phètes : je ne suis pas venu abro­ger mais par­faire » (Matt v, 17). Tout, dans l'Église, est au ser­vice de cette mis­sion ultime : le Salut des âmes. « Supre­ma lex, salus ani­ma­run » affirme le Code de droit canon. Quand, par voie d'autorité « la litur­gie et la caté­chèse sont les deux mâchoires de la tenaille avec laquelle on arrache la foi » (car­di­nal Jour­net), résis­ter aux auto­ri­tés ecclé­sias­tiques défaillantes n'est pas un droit mais le plus sacré des devoirs.

Au regard de ces consi­dé­ra­tions géné­rales, qu'en est-il de notre pro­blé­ma­tique ori­gi­nelle : la « déso­béis­sance » de Dom Gérard contre « l'obéissance » de Padre Pio ?

Les deux situa­tions sont, en réa­li­té, bien dif­fé­rentes. Le cas de Dom Gérard est celui d'une réponse pra­tique à une crise géné­rale qui ne tou­chait pas sa seule per­sonne et son rap­port à l'autorité légi­time mais le dépôt de la foi, la conser­va­tion de la litur­gie et des obser­vances tra­di­tion­nelles, de la doc­trine remise en cause par l'autorité. Ceci vaut éga­le­ment pour Mgr Lefebvre, sans que cette rai­son consti­tue d'ailleurs un blanc-seing accor­dé à toutes les déci­sions de l'un ou de l'autre. Ces ques­tions ne furent jamais en cause dans le cas du Padre Pio. L'origine des sanc­tions prises contre lui repo­sait d'une part sur la mise en doute de la réa­li­té de ses stig­mates et d'autre part sur un conflit avec l'ordre capu­cin à pro­pos de l'attribution des fonds des­ti­nés à la construc­tion de la Mai­son du sou­la­ge­ment de la souf­france créée par le saint.

Saint Tho­mas traite de l'obéissance comme d'une ver­tu de bien com­mun, qui trouve son fon­de­ment dans l'autorité. Le Père Labour­dette (o.p.) – 1935–1990 –, dans son com­men­taire sur l'obéissance, montre bien que le bien com­mun est déter­mi­nant dans la per­cep­tion de ce qu'est vrai­ment l'obéissance, au risque de tom­ber sinon dans une concep­tion volon­ta­riste de cette ver­tu. Il écrit ain­si : « Toute auto­ri­té vient de Dieu, est par­ti­ci­pée de l'autorité divine. Mais (…) toute auto­ri­té humaine porte direc­te­ment sur un groupe, vise essen­tiel­le­ment un bien com­mun. C'est pré­ci­sé­ment ce bien com­mun qui en fixe­ra natu­rel­le­ment l'extension et par le fait même les limites. L'autorité appel­le­ra dès lors tou­jours l'exercice, non de la seule volon­té et du bon plai­sir, mais d'une pru­dence, de ce que saint Tho­mas appelle, du nom d'une réa­li­sa­tion typique, la pru­dence royale, pru­dence de gou­ver­ne­ment d'un ensemble. » Pour saint Tho­mas, si l'obéissance a son fon­de­ment dans l'autorité (légi­time), il res­sort que le refus d'obéissance tient à l'abus de pou­voir de la part de l'autorité. Le Père Labour­dette com­mente : « Devant un abus de pou­voir, il ne sau­rait évi­dem­ment y avoir aucun devoir d'obéissance. L'ordre reçu n'a que l'apparence du pré­cepte. À consi­dé­rer les choses en soi, il n'appelle pas la sou­mis­sion, mais la résis­tance. Celle-ci ne sera cepen­dant pas tou­jours ver­tueuse. Elle s'impose sans aucun doute, si l'acte com­man­dé implique un péché ou doit léser gra­ve­ment le bien com­mun. Elle ne s'impose nul­le­ment si l'acte com­man­dé, sans être un péché, n'a d'inconvénients que pour moi-même. »

« Le concile qui vient de s'ouvrir est comme une aurore res­plen­dis­sante qui se lève sur l'Église et, déjà, les pre­miers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de dou­ceur » affir­mait Jean XXIII, le 11 octobre 1962. Nous n'aurons pas la cruau­té de com­men­ter ! Le fait est que, les années qui ont sui­vi le Concile ont don­né lieu à une suc­ces­sion d'ukases pon­ti­fi­caux et épis­co­paux comme aucune période, dans l'Histoire de l'Église, n'en avait connue. Entraî­nant confu­sion et divi­sions. L'Église, qui était celle du Christ, est en fait, deve­nue sous cer­tains aspects, ce que le car­di­nal Benel­li a appe­lé « l'Église conci­liaire », à qui une obéis­sance aveugle était due. « Il est inad­mis­sible que cha­cun soit invi­té à subor­don­ner à son propre juge­ment les direc­tives venant du pape pour s'y sou­mettre ou s'y déro­ber » écri­vait, en 1975, une com­mis­sion de car­di­naux (Wright, Gar­rone et Tabe­ra) à Mgr Lefebvre. Là contre, l'obéissance dans l'Église n'est jamais aveugle ou incon­di­tion­nelle. Elle est au ser­vice de la foi trans­mise par l'Église, inal­té­rée depuis 2000 ans, confor­mé­ment au com­mo­ni­to­rium de Lérins en 428, qui enjoint de croire « ce qui tou­jours, par­tout et par tout le monde a été cru ». Ce n'est jamais le fidèle qui juge les Actes du magis­tère, c'est la Tra­di­tion de l'Église.

Jean-Pierre Mau­gendre

 
 
 
1968 – 2018 La révolution silencieuse
 
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