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vendredi 31 mai 2019

Entretien avec Mgr Fellay : « Plus que tout, le monde actuel a besoin du prêtre »

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Entretien avec Mgr Fellay : « Plus que tout, le monde actuel a besoin du prêtre »
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Mgr Bernard Fellay publie aux éditions Via Romana un livre d'entretiens qu'il a accordés à Robert Landers, un fidèle laïc venu l'interroger à Menzingen en 2016.

Monseigneur, vous faites paraître un livre joliment intitulé « Pour l'amour de l'Eglise ». Pouvez-vous nous en présenter la genèse ?

Mgr Fellay : Ce livre a connu une longue gestation. Mon emploi du temps ne me donnait pas toute la liberté qu'il aurait fallu pour la rédaction d'un tel ouvrage. Il fut conçu il y a environ quatre ans ! Et sa rédaction fut terminée il y a plus d'un an. Ce qui fait que les thèmes visant l'actualité sont en partie dépassés.

« Pour l'amour de l'Eglise » invite à s'interroger sur la place de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans l'Eglise. Cette place ne doit-elle pas être à Rome, car Rome est la tête, mais aussi le cœur de l'Eglise ?

Le cœur de l'Eglise, c'est l'Esprit Saint, c'est l'amour de Jésus, et c'est aussi le sacerdoce, si intimement lié à Notre Seigneur et à son Sacré-Cœur. La tête de l'Eglise, c'est le Christ.

Ici-bas, le chef visible de l'Eglise est le pape, auquel nous sommes bien sûr soumis, que nous respectons et avons toujours respecté, comme d'ailleurs toutes les autorités légitimes de la hiérarchie ecclésiastique.

La place de la Fraternité est au centre, au cœur de l'Eglise. Car le sacerdoce et la sainte messe, intimement liés entre eux, sont le cœur de l'Eglise ; la pompe qui transmet la vie de la grâce dans tout le corps.

En tant que catholiques romains, notre place est aussi à Rome. Mais vous savez que nous traversons une crise terrible, une désorientation vraiment diabolique, qui fait qu'à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité, s'est substituée une Rome nouvelle, née du concile Vatican II, une Rome néo-moderniste et de tendance libérale, à laquelle nous devons résister pour garder la foi.

Cependant, la "question romaine", comme la dénommait déjà Mgr Lefebvre, repose entre les mains du Supérieur général. C'est lui qui possède les grâces d'état pour réaliser concrètement le développement des relations de la Fraternité avec Rome.

Transmettre la foi semble avoir été la préoccupation majeure de Mgr Lefebvre, mais Vatican II ne fait-il pas partie de la foi ?

La transmission de la foi a très certainement été l'une des préoccupations principales de Mgr Lefebvre, car l'évêque est par sa nature de successeur des Apôtres, voué à l'enseignement de la doctrine. Et Vatican II a bel et bien retenu son attention – non pas tant comme matière d'enseignement, car le Concile a voulu être pastoral et non dogmatique –, mais surtout à cause des erreurs, des glissements dangereux, des adaptations qui ont voulu mettre l'Eglise en harmonie avec le monde ; le résultat est devant nous, dramatique et cruel… au lieu de tirer et d'élever le monde vers le ciel, Vatican II a plongé l'Eglise dans les tourbillons du monde temporel…

Saint Pie X disait que l'ignorance religieuse était la caractéristique de son temps, quelle est selon vous celle d'aujourd'hui ? Et comment s'y opposer sur le plan spirituel ?

Cette ignorance religieuse n'a fait que se développer. Aujourd'hui, il faudrait trouver un mot plus grave encore, mais qui va dans le même sens. Nous sommes entrés dans un désert, un vide abyssal d'ignorance… jusqu'à oublier le Créateur, auteur de ce monde, dont toute créature dépend de manière absolue. Tout autant, le Rédempteur a disparu et par conséquent sa Loi, le véritable amour. L'œuvre du Rédempteur est méconnue, tout comme sa loi d'amour. 

Notre Seigneur nous a donné, par saint Paul, la solution à ce mal : prêche à temps et à contretemps une doctrine pleine, intègre, emplie de charité et de l'exemple de miséricorde de Jésus.

Comment être prêtre dans notre société post-moderne ?

Dans une société post-moderne qui a perdu à peu près tous ses repères, le prêtre est plus que jamais nécessaire. Mais il faut se souvenir qu'il possède un caractère profondément intemporel. Le prêtre, c'est un autre Jésus, c'est l'ambassadeur de Dieu, qui donne à ses créatures une loi éternelle, valable pour tous les temps, qui offre et répare les péchés des hommes pour qu'ils puissent être sauvés.

Plus que tout, le monde actuel a besoin du prêtre.

N'y a-t-il pas à la fois disparition et exagération dans le culte marial aujourd'hui ? Comment trouver l'équilibre ?

Là aussi, dans un monde sans repères, les hommes vont en inventer de nouveaux au gré de leurs sentiments.

Ainsi il est vrai que le culte traditionnel à l'égard de Marie a tendance à s'effacer. Il n'y a qu'à voir la valeur donnée au chapelet par les masses… Et la foi pure, exigeante se fait supplanter par une recherche de l'extraordinaire… On pense aux "apparitions" de Medjugorje par exemple, où le message et les voyants présentent des aspects plus que douteux…

L'équilibre se rétablit dès lors que la foi retrouve sa place primordiale. Alors la sainte Vierge Marie reçoit elle aussi les hommages et l'amour filial du chrétien, elle exerce son rôle de Mère et exige de ses enfants qu'ils se montrent tels.

Peut-il y avoir encore un règne social à l'heure de la laïcité acceptée par tous, même par l'Eglise ?

Notre Seigneur étant Dieu, a bien affirmé aux Apôtres : "tout pouvoir m'a été donné au Ciel et sur la terre" (Mt 28, 18). Cette phrase doit être prise dans sa totale simplicité ; elle rappelle les droits de Jésus sur toute créature, mais aussi sur la société humaine, sur les pays, les gouvernants.

Que ces derniers ne veuillent plus le reconnaître n'y change rien. Il est roi dans le sens plénier du terme et ce titre nous est cher. C'est un devoir profond que de travailler à l'établissement de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Mais rappelons-nous que ce n'est pas d'aujourd'hui que l'Eglise connaît l'opposition ou la persécution.

Quels sont les signes d'encouragement qui vous ont frappé durant les 24 années de votre supériorat ?

En considérant les dernières 24 années de la Fraternité Saint-Pie X, on ne peut que constater, avec beaucoup de consolation, les bénédictions du bon Dieu.
Elles viennent de toutes parts et sont très abondantes : une foi vivante, des âmes qui se convertissent et qui se sauvent.

Une forte consolation est la belle liturgie, qui élève les cœurs et donne la force de vivre selon la loi chrétienne et ses exigences dans le monde actuel.

Les écoles et tant d'œuvres qui fleurissent dans le monde entier, les conversions, une profonde dévotion mariale, voilà encore de très réels et nombreux signes d'encouragement, à travers mille péripéties.

Malgré toutes les difficultés, on peut constater la croissance de cette très belle œuvre qu'est la Fraternité et qui, un jour, sera reconnue comme telle.

 

Mgr Bernard Fellay, Pour l'amour de l'Eglise, entretiens avec Robert Landers, Via Romana, 2019, 152 pages. 
Disponible sur le site de Via Romana

Le gouvernement se pourvoit en cassation pour mettre à mort Vincent Lambert

ESI (Educación Sexual Integral): Aportes políticamente incorrectos - Antonio Caponnetto

https://www.ncsanjuanbautista.com.ar/2019/05/esi-educacion-sexual-integral-aportes.html?m=1

Nacionalismo Católico San Juan Bautista: ESI (Educación Sexual Integral): Aportes políticamente incorrectos





En la última concentración de la manada abortera, un artefacto conjeturablemente compatible con lo que antaño se llamaba señorita, entonaba –ubres nudas en ristre- un estribillo que decía: "mujer que se organiza/ no plancha la camisa".

Algo críptico el sonsonete, si no se contextualiza, su doblaje prosaico vendría a significar que sólo organizada y alistada en el movimiento feminista, la costilla hembra del varón se liberará de todos los yugos domésticos; entre ellos, claro, el esclavizante planchado de la camisa.
  Sorprende en parte el lema elegido; por lo pronto si se piensa en que son mayoritariamente hombres los dóciles y atérmicos nipones que –bajados del Kawachi Maru u otros barcos análogos- vienen planchando las camisas de toda la ciudadanía argentina desde antes de 1930, en sus proverbiales tintorerías de barrio. Sin que una gota furtiva de sudor se les haya visto derramar jamás en señal de protesta. Ni siquiera durante el enero de 1957 que se tragó once víctimas fatales del calor.
Afables y monosilábicos estos orientales másculos alechugaron y almidonaron millones de camisas, sin distinción de género, pero sabiendo el arte –hoy perdido- de no tratar igualitariamente los géneros. El grito de la empezonada zorongo verde debió hacer justicia, pues, al hombre amarillo antes que a la mujer pluricromática.
La otra sorpresa que el estribillo contiene es su anacronismo, pues hace un tiempito ya que Siemens ha inventado "the Dressman ironing robot", un práctico muñeco metalizado que plancha lo que usted le pida; y ante el cual, el mismo Marechal, hubiera desgranado alguna de sus estrofas dedicadas a Robot. Algo así como "Dressman es un androide repleto de vapores, hijo de un termostato eunuco y una ficha sin rosas".
Pero el feminismo no está para estas distinciones. Sencillamente odia a la mujer que plancha, porque odia la realidad de la mujer esposa, madre, hermana o hija, que tras su ofrenda simple y doméstica, traduce el sencillo amor por los suyos, señoreando en su hogar, desde la reyecía de su tabla de alisado o su trono de marmitas y peroles.
Odia el símbolo de la abnegación en la casa, que no mueve la esclavitud sino la libertad de servir a quien se está unido sacramentalmente. Odia y desprecia la altísima cátedra de la señora tras su mesa de quitar arrugas a la tela, ese magisterio cuasi infalible de lo cotidiano, que apenas si necesita para expresarse de una chapa humeante y un tabloncito acolchado.
Bien nos lo enseñaba el Padre Alberto Ezcurra: "Siempre recuerdo, hablando de esto [el ejemplo de los padres] lo que contaba una vez un joven: su primera fiesta, sus primeros bailes y él preparándose, acicalándose, y la madre planchándole la camisa; y en un momento: <¿Y vieja, ya está la camisa?>. Y viene la madre con la camisa planchada y le dice: <Tomá hijo; que te diviertas, pero acordate una cosa: tu hermana es mujer, tu madre es mujer y la Santísima Virgen fue mujer>. Y ese muchacho me decía: <Eso siempre me quedó acá y cada vez que estaba en una fiesta, en una diversión, sabía que yo a la mujer, tenía que respetarla>"[Cfr. su Tú Reinarás, San Rafael, Kyrios ediciones, 1994, p. 85-86].
Bendita pedagogía de nuestras madrazas de antaño, mediante la cual, unos puños y un cuello estirados podían ser ocasión para una lección sobre la pureza. O un lampazo sobre el mosaico rústico venía acompañado de unas coplas medievales; o el cambio de las sábanas se hacía al son de jaculatorias, y la ropa se colgaba a solear en la terraza a la par que la colgadora desgranaba su primer Angelus Domini nuntiavit Mariae.
 Didáctica terrena y celeste la de aquellas varonas inmensas que ora planchaban nuestros moños de primera comunión, ora el delantal plisado de la hermana, ora el overol del esposo y padre, que salía al trabajo arduo como un torero engalanado para la faena.
Hasta el marxista Neruda, al recordar a su "Mamadre", Doña Trinidad Marverde, la celebra como ese arquetipo de domus celaria, para quien planchar una camisa nunca fue señal de vasallaje sino de gobierno regio de las nobles cosas menudas
mi boca tiembla para definirte.
de la que cocinó, planchó, lavó,
sembró, calmó la fiebre,
y cuando todo estuvo hecho,
yo sostenerme con los pies seguros,
se fue, cumplida, oscura,
donde por primera vez estuvo ociosa
bajo la dura lluvia de Temuco".
No hay en el recuerdo ninguna alusión dialéctica a las camisas planchadas versus el patriarcado explotador; ninguna ridícula referencia a la necesidad de una organización feminista que pondría fin a la tiranía de quitar arrebujamientos a las modestas vestimentas de los seres queridos. Todo es recuerdo agradecido, cortés, afable y sensible.
Visión similar a la que nos dejó pintada Edgard Degás, en su apacible y serena "La planchadora", que reposa ahora en el Museo D´orsay de Paris. Y que contrasta con la asfixiante visión de las labores domésticas tenidas por otros tantos cautiverios humillantes.
        Es que cuando la casa está edificada sobre piedra; y no la tumban los vientos, ni los ríos salidos de cauce; cuando la unión esponsalicia se funda en la donación recíproca del yo en el misterio del tú; cuando los esposos no son rivales unidos por el espanto, que no por el amor; ni los embarazos son causales de homicidios, ni la prole un estorbo, entonces hasta una simple plancha puede ser y es un medio apto para la diaria santificación. Ya no es el objeto o el instrumento, a secas. Es su transfiguración ética, espiritual y estética. Ya no es tampoco un mecanismo o un dispositivo. Es una significación rica, viviente y palpitante. Así le cantó a la plancha José Pedroni en sus "Poemas del hogar":
"Tenía algo de barco viajero y carbonero,
viajaba de la mano de un ángel timonero.
El mar era una mesa. La mesa era de pino.
Las olas eran blancas o de un azul marino.
Un humo dulce a veces echaba por el cielo.
No parecía humo. Más bien, un pañuelo.
Era cuando esperaba, cuando por mar o río
llevaba el sueño a bordo por el país del frío.
Qué sola aquella plancha, viajera y carbonera,
que calentó los pies del ángel de la espera.
No se cansaba nunca de viajar. Pero un día
perdióse en su neblina. Vimos que no volvía.
Dejó estampada a fuego su sombra protectora.
Está en la mesa grande donde se come y llora".
         Por eso, recomiendo fervientemente a los padres y abuelos que les regalen a las niñas una primera planchita de juguete, donde alisarán con lúdica ternura las camisas de alguna muñeca, el gorro del bebé acunado entre villancicos, o la chaqueta del príncipe que sale a rescatar a la infaltable dama cautiva.
         Propedéutica de futuros desvelos maternos, habrá una plancha primordial, Dios verá que es bueno cuanto sucede; lo aprobará con su voz de mando, y será la tarde y la mañana de otro día creacional incorporado al Génesis.
Nacionalismo Católico San Juan Bautista

¡SALVE, SALVINI! | CATAPULTA

Ver "SAN ANIBAL DI FRANCIA: REFORMADOR DE SEMINARIOS por Agnus Dei Prod"

Ver "To claim hell is empty is to call Jesus a liar"

Face à l’islam, l’aveuglement épiscopal fait mal

https://www.lesalonbeige.fr/face-a-lislam-laveuglement-episcopal-fait-mal/

Face à l'islam, l'aveuglement épiscopal fait mal

Le fil Twitter du Salon beige nous invite à prendre connaissance du message de l'évêque de Nantes, adressé aux musulmans de Loire-Atlantique à l'occasion de la fin du Ramadan et publié par le site Riposte catholique.

C'est l'illustration parfaite de ce que le Salon beige dénonçait dans un article du 4 mai « Rencontres du Pape en pays musulmans : l'effacement de la foi catholique ? »

L'évêque rappelle un extrait du document malheureusement signé par le Pape « sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et le vivre ensemble » : l'islam y est encore décrit comme « enraciné dans les valeurs de la paix, défendant les valeurs de compréhension mutuelle, de fraternité humaine et de coexistence harmonieuse ».

Essayons de mesurer ceci à l'aune de l'avancée du terrorisme musulman au Burkina Faso. Rien que du récent.

  • Le 12 mai 2019, attaque « terroriste » en pleine célébration eucharistique à Dablo. Le prêtre et cinq autres fidèles sont tués.
  • Le 13 mai, quatre catholiques sont tués par des « terroristes » au cours d'une procession religieuse à Zimtenga.
  • Le 14 mai, le prêtre de l'église de Dolbel (à la frontière avec le Mali et le Niger) est blessé par balles.
  • Enfin (jusqu'à présent), à Toulfé, une attaque « terroriste » au cours de la célébration de la messe dominicale fait quatre morts.

Edifiant !

Et l'évêque impavide de conclure par cette salutation typiquement musulmane : « la bénédiction de Dieu, le Tout-Puissant et Miséricordieux ».

On attend honnêtement autre chose de nos évêques que de l'aveuglement.

mercredi 29 mai 2019

Ver "Pope's lack of clarity is a sign of the end times: Chatting with Cardinal Eijk"

Vidéoformation n°87 : comment réciter le chapelet?

EXCLUSIVE: Abp Viganò says Pope is lying in latest denial about McCarrick

https://www.lifesitenews.com/news/exclusive-abp-vigano-says-pope-is-lying-in-latest-denial-about-mccarrick?utm_source=LifeSiteNews.com&utm_campaign=09dafc6598-Catholic_5_23_19_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_12387f0e3e-09dafc6598-402192817

EXCLUSIVE: Abp Viganò says Pope is lying in latest denial about McCarrick  | News
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ROME, May 28, 2019 (LifeSiteNews) — For what appears to be the first time, Pope Francis has openly denied that he knew anything of former Cardinal Theodore McCarrick's immoral activities, directly contradicting Archbishop Carlo Maria Viganò's account of their conversation on the subject. 

"I didn't know anything ... nothing, nothing," Pope Francis said in a new interview on Vatican News.

In response, the former apostolic nuncio to the United States has directly accused Pope Francis of lying.

In comments to LifeSite following the release of the interview, Archbishop Viganò said: "What the Pope said about not knowing anything is a lie. [...] He pretends not to remember what I told him about McCarrick, and he pretends that it wasn't him who asked me about McCarrick in the first place."

Both interviews coincide with the release of a leaked correspondence between Pope Francis, Vatican Secretary of State Cardinal Pietro Parolin, and then-Cardinal Theodore McCarrick, confirming that restrictions were placed on McCarrick by the Vatican in 2008, and that the former cardinal (who has now been laicized over charges of sexual abuse) travelled extensively during the Francis pontificate, playing a key diplomatic role in establishing the controversial Vatican accord with Communist China.   

The new interview

In the May 28 interview with Mexican journalist Valentina Alazraki, Pope Francis sought to explain why he has never openly denied Archbishop Vigano's original testimony, while issuing a denial seemingly for the first time.

Readers will recall that news of the former US nuncio's testimony broke last August 25, while Pope Francis was attending the World Meeting Families in Dublin. One day later, during an inflight press conference on his return to Rome, the Pope sidestepped questions about the explosive allegations that he knew of former Cardinal Theodore McCarrick's abuse.

"Read the [Viganò] statement carefully yourselves and make your own judgment. I am not going to say a word about this," the Pope told journalists aboard the papal plane (see video here).

"You all have sufficient journalistic ability to draw conclusions," he said. 

"It is an act of trust," the Holy Father added. "When a little time goes by, and you have drawn conclusions, perhaps I will speak about it, but I would like your professional maturity to do this work. It will do you all good, really." 

In today's interview with Alazraki, the journalist and long-time friend of John Paul II candidly tells Pope Francis: "That silence has been very burdensome, because for the press and for many people, when one is silent it is like a husband and wife, isn't it? You catch your husband and he doesn't answer you. And you say, 'There's something rotten here.'" 

"So why the silence?" Alazraki pointedly asks Pope Francis. "The time has come to answer that question we asked you on the plane."

"Yes," Pope Francis responds. "Those who studied Roman law say that silence is a way of speaking."

He continues:

The Viganò case: I saw it, I hadn't read the whole letter. I saw a little and I already knew what it was, and I made a choice: I trust the honesty of journalists and I said to them, "Look, here you have everything. Study it and draw your conclusions." And that's what you did, because you did the work, that was great, and I was very careful to say things weren't there but then, three or four months later, a judge in Milan said them when he was convicted.

"You're talking about his family," Alazraki asks.

"Of course," the Pope responds. "I kept quiet, why should I make it worse. Let the journalists find out. And you found it, you found that whole world. It was a silence of trust towards you … And the result was good, it was better than if I had started to explain, to defend myself." 

Pope Francis is suggesting that Archbishop Viganò has been exposed as unreliable because of a legal conflict with his brother that was settled in a Milan court. 

In comments to LifeSite, Archbishop Viganò dismissed the Pope's attempt to cast doubt on his reliability over a dispute with his brother concerning the management of their inheritance — a question he pointed out had "no relevance to the allegations regarding Cardinal McCarrick." 

"What Pope Francis said regarding the Milan ruling and my family has nothing to do with anything, because it has been completely clarified. It was only a division of property between brothers. I accepted it to make peace. Neither me nor my brother appealed the ruling, so the story ended there. And it has nothing to do with McCarrick. It is one of the many stories that they raised to destroy my credibility." 

Archbishop Vigano's account of these proceedings has been extensively verified by LifeSite News.

In Oct. 2018, the Vatican announced that a "thorough study" of all relevant documents housed in Vatican offices would be conducted. It's unclear however why Pope Francis would require an archival investigation to say whether he knew about Cardinal McCarrick's misdeeds.

In his comments to LifeSite, Archbishop Viganò said: "On the return flight from Dublin, the Pope told journalists: 'I trust in your professionalism.' He promised to provide documents and he doesn't provide the documents. Tell me how journalists are supposed to know the truth if you don't provide the documents." 

"How much time has passed since the Vatican promised an investigation? It's all a contradiction. He completely contradicts himself," he said.

"The Pope pretends not to remember what I told him about McCarrick," Archbishop Vigano added. "He pretends that it wasn't him who asked me about McCarrick in the first place. And he pretends not to remember what I told him." 

The Pope even claimed during the interview that there have been allegations that Archbishop Vigano was bribed to make damaging claims about him [it is obscure to whom the Holy Father is referring], insinuating in the context a comparison of the former US nuncio to Judas Iscariot. 

Pressing Pope Francis

In the May 28 interview, Alazraki presses Pope Francis further on whether or not he knew about former cardinal Theodore McCarrick's misdeeds.

"I didn't know anything about McCarrick, obviously, nothing, nothing," he says. "I've said that several times, that I didn't know, I had no idea." 

It's unclear as to what Pope Francis is referring to when he says that he denied knowledge of McCarrick's immoral activities on several occasions as his refusal to comment one way or another has been a particularly notable element of the scandal. 

Pope Francis continues: "When [Archbishop Viganò] says that he spoke to me that day [on June 23, 2013], that he came … I don't remember if he told me about this, whether it's true or not, no idea! But you know that I didn't know anything about McCarrick; otherwise I wouldn't have kept quiet, right?"

Archbishop Viganò observed of this remark: "He tries to be clever, claiming that he doesn't remember what I told him, when he was the one who asked me about McCarrick."

The Pope says in the interview that there was a twofold reason for his silence. "First," he tells Alazraki, "because the evidence was there, you judge. It was really an act of trust." 

"Secondly," he adds, "because of the [example of Jesus], that in moments of viciousness it is better not to speak, because it makes it worse. Everything is going to go against you. The Lord taught use that path and I follow it."

Leaked Correspondence 

News of Pope Francis's comments about Archbishop Viganò coincide coincided with today's release of a correspondence between Theodore McCarrick, Pope Francis and Vatican Secretary of State, Cardinal Pietro Parolin. 

The correspondence, obtained by former aide to Theodore McCarrick, American Monsignor Anthony Figueiredo, confirms that restrictions were placed on Theodore McCarrick by the Vatican in 2008, and that the former cardinal, who was laicized over charges of sexual abuse, travelled extensively the Francis pontificate, playing a key diplomatic role in establishing a Vatican accord with China.   

Asked today about the correspondence, Archbishop Viganò told LifeSite "the letters sing." 

"Msgr. Figueiredo was McCarrick's personal secretary when he came to Rome," the former US nuncio said. "He has released these letters from McCarrick to Parolin and the Pope in which he reports on his trips to China, to Iran and other places. Therefore, they were all well informed about this." 

Archbishop Viganò also noted that the correspondence shows that the Vatican was informed about the fact that McCarrick was sharing a bed with seminarians. "McCarrick admitted it," he said.

"To defend himself with the Pope, McCarrick said he never had sexual relations with anyone, but that he slept in the same bed with seminarians and priests," the former US nuncio said.

Archbishop Vigano explained: 

It's the same thing he said before the ruling from the Congregation for the Doctrine of the Faith. The sentence to reduce him to the lay state him was based on abuse against adults, minors and also abuse in Confession. Either the sentence from the Holy Office [Congregation for the Doctrine of the Faith] is irrelevant, or what McCarrick said, that he never had relations with anyone, is a lie — just like what the Pope said about not knowing anything is a lie, just like what he said about not remembering what I told him is a lie, when he was the one who asked me.

The former nuncio to the United States also noted that the letters confirm Cardinal Parolin's involvement in the McCarrick affair, adding that it's time for him to be investigated. 

"As I wrote in my first testimony, in May 2014 — when the article came out in the Washington Times referring to McCarrick's trip to Central Africa — I wrote to Cardinal Parolin, asking him: Are the restrictions that were placed on McCarrick still valid or not?" 

"Parolin never responded to me," the archbishops said, adding that the Vatican Secretary of State should also be investigated. "He never responded to my letter, because is a total yes-man, as we see with the China deal."

Ver "Alain Escada : « La bataille de Notre-Dame de Paris ne fait que commencer. »"

mardi 28 mai 2019

Ver "Ces musulmans qui ont choisi le Christ, entretien avec Jean-François Chemain"

Pour mieux goûter la profondeur des mystères du rosaire

https://fsspx.news/fr/pour-mieux-gouter-la-profondeur-des-mysteres-du-rosaire-47821

Pour mieux goûter la profondeur des mystères du rosaire
fsspx.news

Dans Le secret admirable du très saint rosaire, saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) nous encourage à la récitation fervente du chapelet : « Pour vous animer encore davantage à cette dévotion des grandes âmes, j'ajoute que le rosaire récité avec la méditation des mystères nous élève insensiblement à la connaissance parfaite de Jésus-Christ ; purifie nos âmes du péché ; nous rend victorieux de tous nos ennemis ; nous rend la pratique des vertus facile ; nous embrase de l'amour de Jésus-Christ ; nous enrichit de grâces et de mérites ; nous fournit de quoi payer toutes nos dettes à Dieu et aux hommes, et enfin, nous fait obtenir de Dieu toutes sortes de grâces. » 

Plus tard, en 1917, à chacune de ses apparitions à Fatima la Sainte Vierge demanda instamment de réciter « le chapelet tous les jours ». Le 13 juillet 1917, Notre Dame ajouta : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : O mon Jésus, pardonnez-nous, sauvez-nous du feu de l'enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ». Et sœur Lucie (1907-2005) précisait au R.P. Fuentes, le 26 décembre 1957 : « En ces derniers temps que nous vivons, la Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. De telle façon qu'il n'y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous ou à la vie familiale, familles du monde ou communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations, il n'y a pas de problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire. Avec le saint rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, consolerons Notre Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d'âmes ».

« Pour mieux voir ce que doit être le rosaire, il faut se rappeler comment saint Dominique (1170-1221) l'a conçu sous l'inspiration de la Sainte Vierge, à un moment où le midi de la France était ravagé par l'hérésie des Albigeois, imbus des erreurs manichéennes, qui niaient la bonté infinie et la toute-puissance de Dieu, par l'affirmation d'un principe du mal souvent victorieux. Ce n'était pas seulement la morale chrétienne qui était attaquée, mais le dogme, les grands mystères de la création, de l'Incarnation rédemptrice, de la descente du Saint-Esprit, de la vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés. C'est alors que la Sainte Vierge fit connaître à saint Dominique un mode de prédication inconnu jusqu'alors, qu'elle lui affirma être pour l'avenir une des armes les plus puissantes contre l'erreur et l'adversité. Arme très humble, qui fait sourire l'incrédule, car il ne comprend pas les mystères de Dieu. Sous l'inspiration qu'il avait reçue, saint Dominique s'en allait par les villages hérétiques, rassemblait le peuple, et il prêchait sur les mystères du salut, sur ceux de l'Incarnation, de la Rédemption, de la vie éternelle. Comme le lui avait inspiré Marie, il distinguait les divers mystères joyeux, douloureux et glorieux. Il prêchait quelques instants sur chacun de ces quinze mystères, et après la prédication de chacun, il faisait réciter une dizaine d'Ave Maria. » (Père R. Garrigou-Lagrange, o.p., La Mère du Sauveur)

En ce mois de mai consacré à Marie, pour nous aider à entrer plus profondément dans chaque mystère, l'abbé Patrick Troadec publie un livret de méditations découvrant la beauté du plan divin et les vertus de Notre Seigneur et de Notre Dame. Les méditations ont été élaborées à partir des données de l'Ecriture sainte, de l'Ancien et du Nouveau Testament ; « tout ce qui a été écrit l'a été pour notre instruction » (Rm 15, 4). Elles renferment des considérations spirituelles, doctrinales et morales, présentées dans un style simple et accessible à tous. On trouvera en appendice les promesses de la très sainte Vierge à saint Dominique et au bienheureux Alain de La Roche, ainsi qu'à sœur Lucie.


Abbé Patrick Troadec, Méditations du rosaire, Via Romana, 194 p., 10€. Format livre de poche. Disponible à la librairie Notre-Dame de France, 33 rue Galande, 75005 Paris ; ou encore en s'adressant au Séminaire Saint-Curé-d'Ars, 21150 Flavigny-sur-Ozerain (11€ le livret, 20€ les deux, port compris, chèque à l'ordre du Séminaire Saint-Curé-d'Ars).

Retractationes

http://caminante-wanderer.blogspot.com/2019/05/retractationes.html?m=1

The Wanderer: Retractationes

El gran San Agustín dio el ejemplo. Llegados a un cierto punto es necesario volver la mirada y considerar si todo lo que escribimos y pensamos sigue estando vigente y aún lo sostenemos, o es necesario revisarlo y ajustarlo. Lo hizo en su libro Retractationes y yo, apenas un blogger de poca mota, quiero señalar un error que sostuve durante varios años y que la realidad me lo ha revelado como tal en los últimos meses.

Durante varios años, y sobre todo al comienzo de este blog, sostuve aquí y allá que la Iglesia, durante los últimos siglos se había focalizado demasiado en los pecados contra el sexto mandamiento en detrimento de otros más graves y sustanciales, de modo tal que la santidad había quedado reducida a la virtud de la castidad, entendida como pureza angelical, conseguida a fuerza de presiones y avemarías, que terminaban por explotar en uno u otro momento. La mía no era una posición original. El progresismo la sostiene desde sus comienzos y también algunos ambientes tradicionalistas que consideran casi como una presea los "pecados de caballero" porque -dicen-, el hombre es por naturaleza polígamo y no se le puede pedir peras al olmo. "¡Y todavía se enorgullecen! Deberían estar de duelo", les diría San Pablo (I Cor. 5,1). Es que nosotros no éramos como esos neocones beatones y mojigatos...
Está a la vista el resultado de este error que también yo asumí. Los pecados contra la castidad pueden ser, como de hecho son, pecados que se ubican en las zonas ligeras de la taxonomía moral, pero son igualmente graves y sus consecuencias devastadoras. Y para demostrarlo, basta ver lo que ha ocurrido en la Iglesia en los últimos tiempos: sacerdotes de todos lo pelajes y posicionamientos dentro del terreno de la ortodoxia que, alegremente en la mayoría de los casos, vivían una vida sexual desordenada cuando no dilectiva.  Y todos nos preguntamos cómo era posible que esos religiosos que pasaban por hombres piadosos y temerosos de Dios, luego de una noche de juerga, celebraran al día siguiente la santa misa con aparente devoción. A ese punto de sacrilegio espantoso los llevaba la ceguera de la fornicación.
Y me pregunto cómo pude yo adoptar una posición displicente hacia esas faltas cuando todos los santos y maestros de la fe alertaban siempre con tanta fuerza contra ellas. Quien lee la Filocalia, por ejemplo, encuentra que a cada paso los Padres del Desierto advierten a sus monjes sobre el peligro de los pecados contra la castidad, pues a través de ellos el demonio toma posesión del alma. Y de ellos en adelante, todos los autores espirituales han seguido por el mismo camino, y no en vano la Iglesia presentó durante siglos como ejemplos a seguir a aquellos santos que se distinguieron por su pureza que, en ocasiones, me parecían ñoñerías. 
La cuestión era cuidarse del jansenismo porque, extrañanamente, en los ambientes tradicionales y conservadores el mote de jansenista o puritano es particularmente temido; se trata de un insulto y un desprecio que todos queremos evitar. Y lo curioso es son pocos -muy pocos- los que saben qué fue real e históricamente el jansenismo, convertido en una etiqueta útil para ser adherida en la frente de cualquier indeseable. Si alguien advertía acerca de la inconveniencia de chistes de doble sentido, o de conversaciones masculinas sobre mujeres, o de palabras subidas de tono, era un jansenista. Los buenos católicos estábamos libres de esas minucias morales; estábamos para cosas mucho más grandes que esas. Y así nos fue.
No voy a repetir aquí lo que todos los que aprendimos un buen catecismo sabemos, y lo que todos los maestros y doctores de nuestra fe nos han recomendado acerca de la belleza y necesidad de la castidad, y de la gravedad de las faltas en su contra: se trata de un pecado donde no existe la parvedad de materia. Quiero proponer, en cambio, lo que enseñaba Aristóteles porque, si no bastan para convencernos los argumentos sobrenaturales y la voluntad de Dios, al menos probemos con los que surgen del orden natural. 
«De modo que también en términos generales es prudente el hombre reflexivo… [y] la prudencia... tiene que ser, por tanto, una disposición racional verdadera y práctica respecto de lo que es bueno y malo para el hombre» (Etica a Nicómaco, VI, 5 (1140 a 24-1140 b 5), es decir, un conocimiento de lo que es el fin del hombre y de los medios por los que debe transcurrir el comportamiento propio para alcanzarlo. El descontrol sexual y la falta de castidad entumece y bloquea justamente este tipo de conocimiento.
Prudencia se dice en griego frónesis, y templanza, sofrosyne, y Aristóteles indica que el término sofrosy-ne significa justamente «salvaguarda de la fróne-sis», o sea, salvaguarda de la prudencia. (Etica a Nicómaco. VI, 5 (1140 b ll): «Y lo que salvaguarda es la clase de juicio a que nos hemos referido; porque el placer y el dolor no destruyen ni perturban toda clase de juicio, por ejemplo, el de si los ángulos del triángulo valen o no dos rectos, sino los prácticos, que se refieren a la actuación. En efecto, los principios de la acción son los fines por los cuales se obra; pero el hombre corrompido por el placer o el dolor pierde la percepción clara del principio, y ya no ve la necesidad de elegirlo todo y hacerlo todo con vistas a tal fin o por tal causa: el vicio destruye el principio» (Etica a Nicómaco, VI, 5 (1140b 13-19).

Hay todavía en Aristóteles un factor de máxima relevancia en orden a evitar el descontrol sexual, que se relaciona también con el enfoque mismo del tema: la vergüenza y el pudor. La vergüenza es de suyo un sentimiento de rechazo de lo que es vil, debilitante o degradante (Etica a Nicómaco, X, 9 (1179 b 12), y siendo el descontrol sexual lo más degradante por ser lo que más anula el pensamiento y, por tanto, lo que más impide al hombre ser él mismo, es por esta razón lo que mayor vergüenza provoca. Vergüenza se dice en griego aischyne, de cuya raíz aisch- se forma el sustantivo aischrós, que significa obsceno, y el verbo aischyno, que significa deshonrar. El descontrol sexual produce vergüenza porque deshonra.
Por otra parte, pudor se dice en griego aidós, de cuya raíz aid- se forma el sustantivo aidesis, que significa veneración, compasión, respeto, y el verbo sidéomai, que significa tener pudor, respetar, venerar, tener compasión y honrar. En el pasaje mencionado Aristóteles habla de la vergüenza y el pudor como motivos para robustecer la virtud de la templanza —para evitar el descontrol sexual—, es decir, apela al honor y respeto que merece el sexo (pudor) y a la precaución por la deshonra que su descontrol ocasiona (vergüenza).
Pareciera entonces, que las faltas contra el sexto mandamiento, poco a poco, van minando la prudencia; el hombre des-templado o intemperante, termina siendo en poco tiempo un hombre im-prudente, que deja de pensar y de poner los principios que lo conducirán a sus fines. Y sabemos que la prudencia es la reina de las virtudes. Ofuscada ella, el resto comienzan también a palidecer. 
Peor aún, los fines del hombres incontinente terminan siendo la obtención inacabable de placer sexual, una suerte de deseo dionisíaco que nunca logra satisfacerse y, por eso, es capaz de lo impensable, desde celebrar sacrílegamente la Santa Misa hasta aprovecharse de los que conoce en fuero interno de sus dirigidos o penitentes para satisfacer sus deseos.
Sin-vergüenza les diría Aristóteles, ya que a tal punto llegó el descontrol de su sexualidad, que el temor a la vergüenza que le podrían provocar sus actos si se hicieran públicos, desaparece o se atenúa.  

Abyssus abyssum invocat, decía el rey David (Ps. 42,8). "Abismo que llama a otro abismo". Como el inglés que se internó en el pantano según la fábula de Castellani, quien se hunde en el barro de la impureza, difícilmente pueda volver atrás. Sólo podrá hacerlo por milagro de Dios. Y Dios no está obligado a hacer milagros.

Obispo alemán amenaza con "una ruptura mayor que la Reforma"

https://infovaticana.com/2019/05/27/obispo-aleman-amenaza-con-una-ruptura-mayor-que-la-reforma/

Obispo alemán amenaza con "una ruptura mayor que la Reforma"
por Carlos Esteban | 27 mayo, 2019

El muy progresista y renovador obispo de Essen, Franz-Josef Overbeck, advierte de una "ruptura más profunda" que la Reforma Protestante si Roma no se adapta al "tsunami espiritual e histórico" que se avecina.

"Estamos en crisis y frente a una ruptura que quizás es incluso más profunda que la Reforma, y en el comienzo de un tsunami espiritual e histórico", ha afirmado en el curso de una convención en la Facultad de Teología de Münster el obispo de Essen y adalid de la Iglesia 'renovada' alemana, Franz-Joseph Overbeck. La amenaza es bastante evidente.

El 'tsunami' lo espera Overbeck, sobre todo, del "proceso sinodal" que, según anunció en marzo su presidente, el cardenal Reinhard Marx, iniciará la Conferencia Episcopal Alemana para revisar "con carácter vinculante" un amplio abanico de cuestiones relativas, sobre todo, a la moral sexual de la Iglesia, desde la licitud de las relaciones homosexuales y la cohabitación no matrimonial a la ordenación de las mujeres. Overbeck dice confiar en que de esta revisión salgan resultados "concretos", so pena de que la Iglesia caiga en una "completa irrelevancia".

Overbeck quiere que se "desarrolle" la doctrina de la Iglesia que, dice, necesita admitir sistemáticamente los nuevos descubrimientos "sociales y humano-científicos". Todos sabemos exactamente lo que quiere decir toda esta jerga, ¿verdad? Una revisión, sí, a la baja. También pide

Overbeck que se deje de centrar tantos esfuerzos en asegurar la "identidad interna de la Iglesia", lo que parece casar maravillosamente con ese Cristo que, según dijo el Papa ante la asamblea de Caritas, prefiere que avancemos sin tener las cosas del todo claras.

Overbeck también pone sus esperanzas reformadoras en el Sínodo de la Amazonía que se celebrará en Roma el próximo octubre, del que dijo al órgano de la CEA en Internet, Katholische.de, a principios de este mes que revisará desde la estructura jerárquica de la Iglesia a su doctrina moral con respecto a la sexualidad, pasando por la naturaleza misma del sacerdocio y el papel de la mujer dentro de la Iglesia. "Nada volverá a ser igual" en la Iglesia después de este sínodo, dijo, que habrá de representar una "ruptura".

Lo sorprendente de estos progresistas que parecen ser el elemento dominante de la Iglesia alemana es que no miren, teniéndolos tan cerca, a sus 'hermanos' luteranos. Porque las reformas que buscan aplicar en la Iglesia las aplicaron hace ya tiempo los protestantes, desencadenando una crisis aún peor, y es decir mucho, que la que sufre allí la Iglesia católica. Si hay un modo seguro de asegurar para la Iglesia la "completa irrelevancia" es convirtiéndola en una absurda copia desleída y ritual de las modas ideológicas del momento. La gente suele preferir el original a la copia, y cualquiera que haya asistido regularmente a una misa 'modernista' al uso habrá comprobado que la única razón para soportar esa tortura hecha de banalidades es confiar en que sigue siendo válida la Sagrada Eucaristía que garantiza una Iglesia que no cambia con los vientos de la modernidad.

Ver "P. Alberto Ezcurra - El que Ama a Cristo tiene que Escuchar la Doctrina de Cristo"

Ver "Mons. Aguer - 25 de Mayo de 1810: para Repensar la Patria"

Ver "EL LIBERALISMO NO NACIÓ EN SALAMANCA por Daniel Marín Arribas"

lundi 27 mai 2019

Présentation de la 4 ème édition de INTERROGER L'ISLAM de l'Abbé Guy Pagès

PETIZIONE on-line CONTRO i vertici della RAI - Per il silenzio sulla Marcia per la Vita

La Turchia in Europa | di Roberto de Mattei

Notre-Dame de Paris – Chute et résurrection


Notre-Dame de Paris - Chute et résurrection

Terres de Mission n°128

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Église universelle : Vincent Lambert vivra !

Contre toute attente la Cour d'appel de Paris a, dans un arrêt daté du 20 mai, demandé que l'hydratation et l'alimentation de Vincent Lambert, tétraplégique en situation pauci-relationnelle soient reprises, une journée tout juste après la cessation de ces traitements. Journaliste à l'Homme Nouveau, Odon de Cacqueray, fait le point sur la situation physique et juridique de Vincent Lambert. Il rappelle les déclarations de quelques évêques et celles des candidats aux élections européennes sur ce sujet douloureux.

Église en France : Notre-Dame de Paris - Chute et résurrection

Auteur d'un e-book disponible sur le site du Salon Beige : Notre-Dame - Chute et résurrection, Guillaume de Thieulloy met en garde contre une possible troisième spoliation de l'Église catholique à l'occasion de la restauration de la cathédrale. La charte de Venise demandant la restauration à l'identique, extérieurement, des monuments endommagés, dont la France est signataire. Sera-t-elle respectée ?

Église en Marche : De retour de Syrie

Sophie Magerand, responsable de l'agence Odeia, a organisé, en partenariat avec SOS Chrétiens d'Orient, un voyage en Syrie au mois de mars dernier. Elle a rencontré, de Damas à Palmyre ou Maloula, un pays en pleine reconstruction. Elle nous fait partager ses émerveillements et ses émotions, en particulier avec les chrétiens de Syrie, au fil de ses rencontres.


Révoltes, Révolutions, Contre-Révolutions
28e Université d'été de Renaissance Catholique

[...] La réforme d'une société se fait-elle, toujours dans la douleur et la violence, aucune classe dirigeante ne renonçant, de son plein gré, à son pouvoir ? La Contre-Révolution ne peut-elle être qu'une Révolution en sens contraire ?

Philosophes, historiens, journalistes, universitaires et témoins qualifiés vous attendent à la 28e Université d'été pour décrypter l'actualité et discerner les célèbres « signes des temps ». Du jeudi 11 au dimanche 14 juillet 2019, l'université d'été se tiendra au Château des Bordes, Urzy (58 - Nord de Nevers), dans une très belle propriété familiale à la campagne. 

Programme et inscription
Le professeur Lejeune bientôt canonisé ?
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Benoît XVI intervient sur les abus sexuels dans l'Église
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Le Mondialisme dans ses œuvres. Actes de la 18e Université d'été
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Renaissance Catholique
13 Avenue de la Paix
92130 Issy-les-Moulineaux
Tél : 01 47 36 17 36

vendredi 24 mai 2019

Le pape écrit aux évêques d’Italie : l’écho fidèle de la Tradition

https://fsspx.news/fr/le-pape-ecrit-aux-eveques-italie-echo-fidele-de-la-tradition-48026

Le pape écrit aux évêques d'Italie : l'écho fidèle de la Tradition
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Dans une lettre apostolique adressée aux cardinaux, archevêques et évêques d'Italie, le pape s'exprime dans le plus pur langage de la Tradition de l'Eglise en pointant deux erreurs répandues parmi le peuple chrétien. Il s'agit de deux maux à fermement réprouver.

Première erreur : l'oubli de l'unité catholique 

C'est « une très grave erreur » qu'il convient de mentionner et condamner, écrit le souverain pontife. Une erreur « qui égare certains catholiques qui croient qu'il est possible d'obtenir la vie éternelle en vivant dans l'erreur, dans l'éloignement de la vraie foi et de l'unité catholique. Cela est péremptoirement contraire à la doctrine catholique ». 

Il en va du salut de l'âme. Pédagogue, le vicaire du Christ explique d'abord le cas de l'ignorance invincible, souvent invoqué et parfois déformé, qui doit bien s'entendre : « Il existe, bien sûr, ceux qui se trouvent dans une situation d'ignorance invincible concernant notre très sainte religion. Observant avec sincérité la loi naturelle et ses préceptes que Dieu inscrit sur tous les cœurs, prêts à obéir à Dieu, ils mènent une vie honnête et droite, et peuvent, avec l'aide de la lumière et de la grâce divine, acquérir la vie éternelle. Car Dieu voit parfaitement, il scrute, il connaît les esprits, les âmes, les pensées, les habitudes de tous, et dans sa bonté suprême et sa clémence il ne permet point qu'on souffre les châtiments éternels sans être coupable de quelque faute volontaire ». 

Si Dieu seul sonde les reins et les cœurs, cela ne saurait mettre à mal la nécessité d'appartenir à l'unique Eglise fondée par le Christ pour être sauvé, ni la nécessité de la foi divine et catholique pour croire au vrai Dieu et à la religion divinement révélée.  

Hors de l'Eglise point de salut 

C'est pourquoi le pape continue ainsi : « Mais nous connaissons parfaitement aussi ce dogme catholique : qu'en dehors de l'Eglise on ne peut se sauver, qu'il est impossible d'obtenir le salut éternel en se montrant rebelle à l'autorité et aux décisions de cette Eglise, en demeurant opiniâtrement séparé de son unité et du successeur de Pierre, le Pontife romain, à qui la garde de la vigne a été confiée par le Sauveur. 

« Car les paroles du Christ Notre-Seigneur sont parfaitement claires : "S'il n'écoute pas l'Eglise, regarde-le comme un païen et comme un publicain" (Mt 18, 17) ; "Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise ; et qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé" (Lc 10, 16) ; "Celui qui ne croira pas sera condamné" (Mc 16, 16) ; "Celui qui ne croit pas est déjà condamné" (Jn 3, 18) ; "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi, disperse" (Lc 11, 23). Aussi l'apôtre Paul dit que ces hommes sont "corrompus et condamnés par leur propre jugement" (Tit. 3, 11) ; et le Prince des Apôtres assure qu'ils sont des "maîtres menteurs, qu'ils introduisent des sectes de perdition, qu'ils renient le Seigneur, et attirent sur eux une prompte ruine soudaine" (2 Pi. 2, 1) ». 

Cela n'a jamais voulu dire qu'il faille vivre en ennemi du genre humain ou adopter une conduite sectaire ou hostile à l'égard des autres hommes : « A Dieu ne plaise que les fils de l'Eglise catholique soient jamais les ennemis de ceux qui ne nous sont pas unis par les mêmes liens de la foi et de charité ; ils doivent au contraire s'empresser de leur rendre tous les services de la charité chrétienne, qu'ils soient pauvres, malades ou souffrant d'une quelconque affliction ; de les aider toujours, de travailler principalement à les tirer des ténèbres des erreurs où ils sont misérablement plongés ; à les ramener à la vérité catholique et à l'Eglise, cette mère pleine d'amour, qui ne cesse jamais de leur tendre affectueusement ses mains maternelles, de leur ouvrir les bras pour les établir et les affermir dans la foi, l'espérance et la charité, pour les faire fructifier en toutes sortes de bonnes œuvres et leur faire obtenir le salut éternel ». 

C'est donc à une attitude vraiment miséricordieuse et charitable que le pape convie tous les fils de l'Eglise pour être apôtres et missionnaires auprès des âmes infidèles, esclaves des sectes, des faux prophètes comme des schismes et des hérésies. 

Seconde erreur : l'accumulation des richesses 

La seconde erreur que le pape dénonce avec force dans sa lettre à l'épiscopat italien, c'est l'appât du lucre et des richesses d'ici-bas : « Nous ne pouvons rester silencieux devant une autre erreur pernicieuse, un mal qui, lamentablement, divise et trouble les esprits et les cœurs. Nous voulons parler de cet amour-propre, de cette ardeur effrénée et nuisible qui porte un trop grand nombre d'hommes à n'avoir en vue, à ne chercher que leurs intérêts et leurs avantages, sans avoir le moindre égard pour leur prochain. Nous voulons parler de ce désir insatiable de dominer et d'acquérir, qui les pousse à amasser des trésors avidement et par tous les moyens, au mépris même de toutes les règles de l'honnêteté et de la justice. Uniquement préoccupés des choses de la terre, oublieux de Dieu, de la religion et leur âme, ils mettent misérablement tout leur bonheur à acquérir de l'or et des richesses. Puissent-ils revenir à eux-mêmes et méditer sérieusement ces graves paroles du Christ : "Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il perd son âme ?" (Mt 16, 26). Qu'ils réfléchissent aussi à l'enseignement de Paul : "Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation et dans les filets du diable, dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la cupidité est la racine de tous les maux ; et quelques-uns, en y cédant, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments" (1 Tim. 6, 9-10) ». 

Non que la propriété ou la possession des biens ne soient légitimes. Le pape ne prêche pas le communisme, pas plus qu'il ne reprend l'idéologie de la lutte des classes ou de leur abolition. Il n'ignore pas la nature sociale et politique de l'homme. Mais l'oubli de Dieu engendre la loi de la jungle et du plus fort, sans parler de l'esclavage qu'engendrent fatalement les affections terrestres. Puissent ces sages paroles être entendues à l'heure de la société de consommation, du matérialisme effréné et de l'étalage de tous les vices. 

Justice et charité 

La solution préconisée par le pape n'est autre que la société honnête et vertueuse que viennent éclairer et tempérer la religion, la loi naturelle et les commandements de Dieu : « Les hommes doivent assurément, chacun selon sa condition propre et spéciale, travailler à se procurer les choses nécessaires à la vie, soit en cultivant les lettres et les sciences, soit en exerçant les arts libéraux ou professionnels, soit en remplissant des fonctions privées ou publiques, soit en se livrant au commerce ; mais il faut absolument qu'ils fassent tout avec honnêteté, avec justice, avec probité, avec charité ; qu'ils aient toujours Dieu devant les yeux, et qu'ils observent avec le plus grand soin ses commandements et ses préceptes ». 

Gardez l'espérance 

Face à ces maux, le pape se tourne vers les chefs du peuple chrétien, entendez les évêques députés à la garde du troupeau. Il affirme sa confiance en leur zèle épiscopal : « D'un seul cœur et d'un seul esprit, et avec un dévouement redoublé, puissiez-vous persister dans la défense de la Maison d'Israël, puissiez-vous combattre le bon combat pour la Foi et défendre les fidèles dont vous avez la garde contre les embûches de l'Ennemi. Exhortez-les à se tenir forts dans notre sainte Foi, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu. Pressez-les de se maintenir fermement établis dans notre divine religion, qui seule, est véridique et éternelle… et qui seule, conduit au Salut… et qui, dans une plus grande mesure, est seule en mesure de préserver et faire prospérer la société civile ». 

Admirable de force et d'esprit naturel, le successeur de Pierre est rempli d'espérance : « Au milieu de tant de calamités, au sein de la tempête violemment déchaînée contre l'Eglise, ne perdons jamais courage. Le Christ n'est-il pas notre conseil et notre force ? Sans Lui nous ne pouvons rien, mais par Lui nous pouvons tout. Car en affermissant les prédicateurs de l'Evangile et les ministres des sacrements, il dit : "Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 20). » 

Puissent les vérités contenues dans cette lettre du pape Pie IX, donnée à Rome le 10 août 1863 et adressée aux cardinaux et évêques d'Italie, faire écho dans le ciel de la Rome éternelle !

Le cardinal Sarah et l’herméneutique de la réforme dans la continuité

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Le cardinal Sarah et l'herméneutique de la réforme dans la continuité
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Le dernier ouvrage du cardinal Robert Sarah, Le soir approche et déjà le jour baisse (Fayard), est – comme les deux précédents – un livre-entretien écrit en collaboration avec Nicolas Diat. Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements y dresse un constat affligé de la crise qui secoue la société occidentale et l'Eglise de l'après-Concile. 

Les critiques du haut prélat, sans s'adresser au pape François – il s'en défend vigoureusement –, ne peuvent pas ne pas être rapportées à certains propos du souverain pontife actuel, qu'il s'agisse de l'immigration de masse, de l'écologie, de l'éventuelle ouverture de la prêtrise à des hommes mariés… 

Le souci du cardinal Sarah est, semble-t-il, de ne pas diviser l'Eglise encore plus, c'est pourquoi il « laisse de côté François », comme il le dit expressis verbis. Il dénonce la crise et pointe du doigt certaines causes : il fustige ainsi des évêques et des prêtres, car il reconnaît qu'il s'agit d'une crise qui « se situe au niveau de la tête », mais il refuse de nommer cette tête. 

Il déplore que des clercs cèdent « à la tentation morbide et scélérate d'aligner l'Eglise sur les valeurs des sociétés occidentales actuelles. Ils veulent avant tout que l'on dise que l'Eglise est ouverte, accueillante, attentive, moderne. » (Valeurs Actuelles, 28 mars 2019). Mais il récuse toute opposition entre le pape et lui. Il veut rappeler la vérité, mais ne veut pas compromettre l'unité. Or ce n'est pas le cardinal Sarah qui divise, mais bien ceux qui, en s'opposant à la vérité bimillénaire, brisent l'unité. 

Car l'unité de l'Eglise repose sur la vérité une, révélée par Dieu. Plus de vérité une, plus d'unité dans la vérité, mais « l'unité dans la diversité », le « polyèdre » ou la « mosaïque »…, comme l'on dit aujourd'hui. Rappeler l'unicité de la vérité, c'est défendre l'unité de l'Eglise et dénoncer les fauteurs de division qui s'emploient à « aligner l'Eglise sur les valeurs des sociétés occidentales actuelles ». Dans son livre, le cardinal Sarah fournit un diagnostic pertinent, mais prescrit des remèdes qui ne soignent que les symptômes, sans atteindre le foyer infectieux.

LA CRISE DE LA CONSCIENCE CHRETIENNE DE L'OCCIDENT

Sur le site Atlantico, le 8 avril 2019, le haut prélat répond aux questions de Jean-Sébastien Ferjou. Il dénonce les pseudo-valeurs de la laïcité : « La laïcité à la française est une parfaite contradiction : vous êtes essentiellement façonnés par l'Eglise. Vous ne pouvez pas dire je suis laïc dans la société et je suis chrétien à l'église, c'est ridicule. Un homme ne peut pas être divisé : il est un à tout point de vue, en toutes circonstances. Un Français à l'église est aussi un Français en politique. C'est une incohérence que d'imaginer l'inverse. La foi est une réalité intime mais elle doit aussi être vécue en famille et dans la société au sens large. »

Cette neutralité laïque, relayée par la liberté religieuse conciliaire – ce que le cardinal ne signale pas –, tue l'esprit missionnaire et transforme les prêtres en assistants sociaux : « Si je reçois quelqu'un, je lui donne le meilleur de moi-même, ce que j'ai de plus beau. Or, si je donne au migrant uniquement un toit, du travail, des médicaments... et que je lui cache ce qui fait vraiment un homme, son ouverture au transcendant, je le prive. Pourquoi ne pas proposer au migrant ma foi chrétienne ? Je ne la lui impose absolument pas, je lui dis seulement : "c'est une très bonne possibilité pour ton salut". [C'est même une nécessité !]
« Au-delà de ce que nous proposons aux migrants, je suis troublé par ce renoncement de l'Occident à sa propre identité. Non seulement, nous ne savons plus expliquer aux autres qui nous sommes, mais nous ne le savons souvent plus nous-mêmes. 

« Je crois que l'Occident pourra disparaître s'il oublie ses racines chrétiennes. Les barbares sont déjà là, en son sein. Et ils lui imposeront leur culture, ils lui imposeront leur religion, leur vision de l'homme, leur vision morale si l'Occident n'a plus qu'un ventre mou et fuyant à leur opposer. » 

Sur le site Boulevard Voltaire, dans un entretien accordé à Gabrielle Cluzel, le 8 avril, le prélat guinéen appuie ses propos sur son expérience personnelle : « J'ai tout reçu de l'Occident. J'ai reçu ma formation et ma foi. On a l'impression aujourd'hui que l'Occident renie ses origines, son histoire et ses racines. Il me semble que nous vivons comme si nous n'avions rien à voir avec le christianisme. Ce n'est pas vrai. Lorsqu'on ouvre les yeux, on voit bien l'architecture, la musique, la littérature… et que tout est chrétien. Je ne vois pas pourquoi on peut nier ce qui est. Nier ce qui est, c'est se mentir à soi-même.

« Je pense que l'Occident est en péril s'il renie ses racines chrétiennes. C'est comme un grand fleuve, il a beau être immense et majestueux, s'il perd sa source, il n'est plus alimenté et se dessèche au bout d'un certain temps. C'est comme un arbre qui n'a plus de racines, il meurt. Un Occident sans racines chrétiennes est un Occident menacé de mort et de disparition. Il s'est fait envahir par d'autres cultures qui, elles, ne renoncent pas à leur histoire et combattent pour montrer qu'elles ont une culture à proposer. D'autres cultures envahissent l'Europe, comme les cultures musulmane et bouddhiste. Il est important qu'il [l'Occident] reprenne conscience que ses valeurs, belles, majestueuses et nobles se perdent.

« Je ne prétends pas être le (seul) missionnaire. Nous sommes tous, par le baptême, envoyés pour faire connaître le Christ et l'Evangile, et la réalité nouvelle qu'il nous propose. Aujourd'hui, les Ecritures nous disent encore : "je fais un monde nouveau". Ce monde nouveau est créé par le Christ lui-même.

« Je souhaite que ce livre puisse réveiller la conscience occidentale. Je crois que l'Occident a une mission spéciale. Ce n'est pas pour rien que Dieu nous a communiqué la foi par l'Occident. Ce que Dieu donne est permanent, c'est pour toujours et non pour un instant. L'Occident a une mission universelle, à cause de sa culture, de sa foi, de ses racines et son lien personnel avec Dieu. Si l'Occident perdait ses racines, il y aurait un bouleversement énorme et terrible dans le monde. J'espère que la lecture du livre Le soir approche et déjà le jour baisse sera un moyen pour réveiller la conscience occidentale, mais aussi notre conscience de chrétien. »

Sur Atlantico, le cardinal Sarah insiste : « Je crois que si ceux qui dirigent l'Occident, ceux qui veulent le conduire, le font sans – voire contre – le christianisme, alors ils deviennent tièdes et conduisent l'Occident à sa perte. Sans cette radicalité évangélique qui change le cœur de l'homme et donc la politique, l'économie, l'anthropologie, ils œuvrent à sa disparition, même si ce n'est pas leur intention. » 

A propos de l'écologie, le haut prélat déclare : « Sauver la planète alors qu'on continue à tuer des enfants ou qu'on tue les vieillards quand leur faiblesse déplaît aux regards ? Mais que sauve-t-on alors ? Quand on perd Dieu, on perd l'homme. Dieu n'existant plus, on sauve la nature. Mais qu'est-ce que la nature sans homme ? » 

LA CRISE DE LA FOI DANS L'EGLISE

A Jean-Sébastien Ferjou d'Atlantico, le préfet de la Congrégation pour le culte divin montre que cette crise générale affecte également l'Eglise dans son enseignement doctrinal et moral : « (dans mon livre) je passe en revue les crises de l'Eglise : on a l'impression que celle-ci n'a plus de doctrine sûre, qu'elle n'a plus un enseignement moral sûr. L'enseignement de l'Eglise semble aujourd'hui se faner et devenir incertain et liquide. Croyons-nous encore que la Bible est révélée ? Notre attitude à l'égard de Dieu a profondément changé. Dans l'Eglise, Dieu est-il encore considéré comme une personne qui cherche à nouer une relation intime et personnelle avec chacun de nous ? Ou n'est-il plus qu'une idée, un être très lointain ? Le cœur de notre foi réside dans l'Incarnation de Dieu, qui est proche de nous. Nous pouvons le voir de nos yeux, le toucher de nos mains. Il y a Jésus-Christ, et le Père, qui dans la Très Sainte Trinité ne font qu'un avec le Saint-Esprit. Avons-nous encore vraiment cette foi pour laquelle tant de martyrs ont donné leur vie ? »

Selon le prélat africain, cette crise de la foi se manifeste aussi par une grave crise morale dans le clergé : « La crise est aussi présente au niveau du sacerdoce. Incontestablement, il y a eu des moments dans l'histoire où la vie des prêtres n'était pas exemplaire. Leur vie ne rayonnait pas l'Evangile, ni la sainteté de Dieu. Et l'Eglise tolérait un véritable laisser-aller sur le plan moral. Mais il s'est toujours dressé des figures comme saint François d'Assise pour la redresser en optant pour la radicalité de l'Evangile, c'est-à-dire l'Evangile dans sa nudité et sa totalité. Il y a eu aussi le Curé d'Ars : un homme de prière et de pénitence, car le démon s'acharne contre le sacerdoce et, souvent, on ne peut le chasser, loin de nous, que par la prière, le jeûne et un profond désir et volonté de conversion. Mais, ce qui se passe aujourd'hui est incroyable. On est obligé de reconnaître le péché grave et horrible des prêtres pédophiles. Un peu partout, des hommes qui devaient faire grandir les enfants dans la dignité et dans leur relation à Dieu, sont maintenant accusés d'avoir corrompu et détruit non seulement leur annonce, mais aussi le plus précieux de leur vie. D'autres prêtres déclarent avec fierté qu'ils sont homosexuels et qu'ils veulent contracter un "mariage" avec leur ami. Des évêques, des cardinaux sont mis en cause pour des abus sexuels sur des mineurs. Jamais, je pense, on n'a vu une telle horreur et une telle concentration du mal dans l'Eglise. L'Eglise est marquée par une grande crise morale, très douloureuse. » 

Et cette crise dans l'Eglise se traduit par une division et une confusion générale, plus particulièrement ces temps-ci sur la question du célibat sacerdotal : « L'Eglise est aussi marquée par une grande division au niveau de l'enseignement doctrinal et moral : un évêque dit une chose, un autre le contredit, une conférence épiscopale dit une chose, une autre dit le contraire... La confusion s'installe un peu partout, comme peut-être jamais auparavant. On entend désormais souvent dire que le célibat des prêtres est une réalité inhumaine, insupportable, qui ne peut être assumée et vécue sereinement. Et en même temps, le prêtre prétend être configuré au Christ ! Car le prêtre n'est pas seulement un alter Christus, un autre Christ, mais il est surtout ipse Christus, c'est-à-dire le Christ lui-même. Le prêtre prononce les mêmes paroles que Jésus lorsqu'il dit "ceci est mon Corps, ceci est mon Sang". Il est configuré et identifié au Christ. Il est la présence physique et le prolongement du Mystère du Christ sur la terre. Prolonger le Christ, cela n'est pas compatible avec la réalité d'une vie conjugale. On ne peut pas prétendre s'identifier au Christ et en même temps prétendre dissocier le célibat du sacerdoce. Pourtant, un mouvement dans cette direction travaille l'Eglise de l'intérieur. Le synode sur l'Amazonie d'octobre prochain prévoit, semble-t-il, d'aborder la question de l'ordination sacerdotale d'hommes mariés, les viri probati. J'espère vivement que cela ne se produira pas, et que l'autorité supérieure, le pape, n'autorisera jamais une telle rupture avec l'histoire récente de l'Eglise. »  

QUELLES SONT LES CAUSES DE CETTE CRISE UNIVERSELLE ? 

Comment expliquer cette situation tragique ? Dans cet entretien accordé à Atlantico, le cardinal Sarah envisage bien que l'adaptation de l'Eglise au monde moderne, lui fait perdre son identité : « On a cru qu'il fallait être dynamique, qu'il fallait à tout prix être actif, réaliser des projets plus ou moins sophistiqués, en bref d'être à l'image de notre société en perpétuel mouvement. En conséquence, on a abandonné Dieu, on a abandonné la prière, et certains prêtres sont devenus des "opérateurs sociaux". » 

Et un peu plus loin : « Oui, il y a des personnes intelligentes qui veulent moderniser ou perfectionner l'Eglise, perfectionner le christianisme, le rendre plus moderne. Mais, on ne peut pas moderniser ou perfectionner l'Eglise. Comme l'a écrit Charles Péguy : "C'est un peu comme si on voulait perfectionner le nord, la direction du nord. Le malin qui voudrait perfectionner le nord. Le gros malin (...). Le nord est naturellement fixe, le christianisme est naturellement fixe. Ainsi, les points fixes ont été donnés une fois pour toutes dans l'un et l'autre monde, dans le monde naturel et dans le monde surnaturel, dans le monde physique et dans le monde mystique. Et tout le travail, tout l'effort est ensuite au contraire de les garder, de les tenir, loin de les améliorer au contraire". Nous n'avons pas à moderniser l'Eglise. Elle est conduite par la puissance de l'Esprit-Saint et sous la vigilance de Pierre. Et ce que Dieu fait est saint, pur et parfaitement ordonné à réaliser son plan de Salut pour l'humanité. Je ne peux pas entreprendre une quelconque transformation de l'Eglise sans consulter Dieu, ce que je fais dans la prière. Dans la prière, je sais que ce n'est plus mon œuvre, que je dois suivre les inspirations venant de Dieu, et que celles-ci ne sont pas seulement celles d'aujourd'hui, mais de l'Eglise depuis son origine jusqu'à nos jours. L'Eglise n'a jamais été gouvernée par un peuple, mais par une hiérarchie. Au début, elle était constituée des douze apôtres dont l'un était Pierre. La seule et véritable transformation possible de l'Eglise, c'est qu'elle s'applique à mettre en pratique la Volonté de Dieu. Et la Volonté de Dieu, c'est que nous devenions des saints. »

Le 5 avril, à Arthur Herlin, de l'agence IMedia, reprise par le site Aleteia, le cardinal Sarah affirme sans ambages la lourde responsabilité de la hiérarchie ecclésiastique dans cette crise : « Il est vrai qu'actuellement la crise se situe au niveau de la tête. Si nous ne sommes plus capables d'enseigner la doctrine, la morale, ou de donner l'exemple et d'être des modèles, alors la crise s'avère gravissime. Qui défendra les brebis si, les laissant à leur sort, les pasteurs prennent peur et fuient face aux loups ? La peur est la grande faiblesse de l'Eglise d'aujourd'hui. Tout le monde est, certes, terrorisé parce que l'Eglise est accusée de tous les maux. Mais quand quelqu'un est pris par la peur, il n'est plus maître de lui-même. C'est la raison pour laquelle l'Eglise n'ose plus se démarquer et aller à contre-courant pour montrer au monde la direction. Certains évêques craignent les critiques parce qu'ils sont centrés sur eux-mêmes et en viennent à devenir trop prudents, à ne plus rien exprimer clairement pour ne pas rencontrer l'opposition ou le martyre. Or, il leur faut retrouver Dieu, se concentrer sur Lui et se confier en la puissance de sa grâce. En effet, quand on est vraiment avec Lui, on n'a peur de rien. »

« LAISSONS DE COTE FRANÇOIS »

Lorsque le journaliste d'Atlantico rappelle au cardinal Sarah la déclaration interreligieuse du pape François lors de son récent voyage au Maroc (30-31 mars 2019), la réponse est surprenante :

Jean-Sébastien Ferjou : « L'œcuménisme, le dialogue interreligieux sont des valeurs très occidentales. Vous dites qu'on les a beaucoup transformées en irénisme, en une sorte de niaiserie. Avez-vous été frappé par la déclaration du pape François qui a lancé un appel avec le roi du Maroc à la liberté de culte à Jérusalem, en oubliant peut-être de préciser qu'il faudrait aussi que la liberté de culte soit respectée dans les pays arabes – particulièrement dans le Golfe ? Le pape accepte que les chrétiens ne fassent pas de prosélytisme pour donner des gages de sa volonté pacifique mais ne réclame pas la pareille aux musulmans avec lesquels il s'entretient. »
Cardinal Sarah : « Laissons de côté François. » Plus loin dans l'entretien, il ajoute à propos d'une opposition entre le pape et lui : « Ce sont uniquement ceux qui me connaissent par ouï-dire qui s'expriment de la sorte et cherchent à me poignarder dans le dos. Face à ces accusations ou ces soupçons à la fois injustes et fallacieux, je demeure serein. Ma réponse à votre question est donc claire : "Le cardinal Sarah, un opposant au pape ? Non, absolument pas, et cela vaut pour le passé, le présent et l'avenir." Quand j'ouvre la bouche ou quand j'écris, c'est pour dire ma foi en Jésus, ma fidélité à l'Evangile qui ne change pas d'un iota quelles que soient les circonstances, les périodes et les cultures. »

Précédemment dans le même entretien, Jean-Sébastien Ferjou tentait de définir la position du cardinal Sarah : « Ce qui est frappant dans votre livre, c'est que vous vous astreignez à une ligne de crête, à un propos en tension mais pas en contradiction : vous dénoncez sans ambiguïtés les dérives de l'Eglise, mais vous dites aussi qu'il ne faut pas céder au démon de la division, que la division dans l'Eglise est l'œuvre du diable. Comment réussir à porter une parole forte, qui puisse réveiller les consciences, sans aller jusqu'à tomber dans les luttes politiques ? » 

Le cardinal Sarah lui répond : « Jésus a dit : "Ma doctrine n'est pas de moi, mais de Celui qui m'a envoyé. Si quelqu'un veut faire sa volonté, il reconnaîtra si ma doctrine est de Dieu ou si je parle de moi-même" (Jn 7, 16). Le Christ n'a pas enseigné sa propre doctrine, mais celle du Père. Il n'est pas venu pour contredire les pharisiens ou les grands prêtres. Son rôle était de proclamer la Parole de Dieu, d'enseigner la doctrine de son Père, et rien d'autre. Pour ma part, je n'ai pas fait le choix de combattre ou de contredire quelqu'un. Je désire et veux uniquement dire la parole que j'ai reçue des missionnaires, la Parole de Jésus, et transmettre l'enseignement de l'Eglise. Je ne désire nullement me battre ou m'opposer à quelqu'un. Toutefois, vous me dites qu'en parlant ainsi, je créerais des divisions... au contraire, je veux contribuer à unifier l'Eglise dans sa foi pour qu'elle vive dans l'amour et la communion. Enseigner la doctrine, être fidèle à l'enseignement intangible de l'Eglise, c'est contribuer à créer la communion et l'unité de l'Eglise. Il est triste de voir une famille divisée. »

– Sur l'enseignement de Jésus qui ne contredisait pas les pharisiens, on se reportera, entre autres, à l'évangile selon saint Matthieu : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui au-dehors paraissent beaux, mais au-dedans sont pleins d'ossements de morts et de toute sorte de pourriture. Ainsi vous, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au-dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité. » (Mt 23, 27-28) Ajoutons, suivant la prophétie du vieillard Siméon, que le Christ est venu « au monde pour la chute et la résurrection d'un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction » (Lc 2, 34).

L'HERMENEUTIQUE DU CARDINAL SARAH

Au fond, la question est de savoir si Vatican II qui est la « boussole » de tous les pontificats depuis 1965, permet d'être « fidèle à l'enseignement intangible de l'Eglise », comme souhaite le cardinal Sarah. A cela, le haut prélat répond sans détour dans son livre : « Le Concile n'a pas à être rétracté » (p. 118), et il s'appuie sur l'affirmation du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans son livre-entretien avec Vittorio Messori, Entretien sur la foi (Fayard, 1985) : « Défendre aujourd'hui la vraie tradition de l'Eglise signifie défendre le Concile. C'est aussi notre faute si nous avons parfois donné prétexte, tant à la "droite" qu'à la "gauche", à penser que Vatican II ait pu constituer une "rupture", un abandon de la tradition. Il y a au contraire une continuité qui ne permet ni retours en arrière, ni fuites en avant, ni nostalgies anachroniques, ni impatiences injustifiées. C'est à l'aujourd'hui de l'Eglise que nous devons rester fidèles, non à l'hier ni au demain : et cet aujourd'hui de l'Eglise ce sont les documents de Vatican II dans leur authenticité, sans réserve qui les amputent, ni abus qui les défigurent. » (p. 118) 
La ligne de crête que le cardinal Sarah revendique nettement dans son livre (p. 120), n'est autre que « l'herméneutique de la réforme dans la continuité de l'unique sujet Eglise », selon l'expression de Benoît XVI lors de son discours à la Curie, le 22 décembre 2005. 

Cette position est-elle une réponse suffisante à la crise présente qu'il dénonce non sans vigueur ? Est-elle un remède à la confusion doctrinale et à la division générale qu'il déplore sincèrement ? Dans son entretien à Valeurs Actuelles, le cardinal Sarah affirme à juste titre : « Certains ont adopté les idéologies du monde actuel sous le prétexte fallacieux de s'ouvrir au monde ; mais il faudrait plutôt porter le monde à s'ouvrir à Dieu qui est la source de notre existence. » C'est une affirmation prudente, diplomatique, au conditionnel (il faudrait plutôt), et elle s'appuie sur cette herméneutique de la réforme dans la continuité qui n'est qu'une interprétation. C'est dire la fragilité de cette position. Face à l'effondrement actuel causé par l'alignement de l'Eglise sur « les idéologies du monde actuel », il faut plus qu'une réponse conditionnelle et seulement interprétative. 

Les faits sont têtus et ils ont une cause obstinée. Le principe de causalité n'est pas une interprétation subjective, mais une loi du réel qui s'impose à tous : il n'y a pas d'effet sans cause, pas de fumée sans feu. Cette cause est désignée par le cardinal Ratzinger, cité par le cardinal Sarah, mais ni l'un ni l'autre ne la reconnaissent comme la cause des maux qu'ils dénoncent. Pour l'ancien préfet de la Congrégation de la foi : « Vatican II avait raison de souhaiter une révision des rapports entre l'Eglise et le monde. Car il y a des valeurs qui, même si elles sont nées hors de l'Eglise, peuvent, une fois examinées et amendées, trouver leur place dans sa vision [du monde] ». (op.cit. p. 38) Il précisait ailleurs : « Le problème des années soixante était d'acquérir les meilleures valeurs exprimées par deux siècles de culture libérale » (Entretien avec Vittorio Messori, dans le mensuel Jesus, novembre 1984, p. 72)

Mgr Lefebvre affirmait : « L'Eglise souffre partout et elle souffre d'abord – il faut le dire – par ceux qui, dans la Curie romaine, continuent à propager les idées modernistes en maintenant, envers et contre tous, ces réformes qui ont été instituées après le concile Vatican II et qui sont en train de détruire l'Eglise, d'autodétruire l'Eglise, comme le disait lui-même le pape Paul VI » (Homélie du 29 juin 1981).

Dans son Histoire des variations des Eglises protestantes, Bossuet déclarait : « Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? quand on l'approuve et qu'on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance. » Ce que le critique littéraire Jules Lemaître transformait, de façon concise, en conseil pratique : il faut renoncer à « respecter les causes dont on déplore les conséquences ».